"Andromaque" de Jean Racine



Première représentation : 1667 dans l’appartement de la reine, « où était quantité de seigneurs et de dames de la cour. ». 

Racine avait réussit à persuader sa maîtresse, Mlle Du Parc, meilleure actrice tragique de la troupe de Molière, célébrée par Corneille dans ses stances à Marquise, de jouer le rôle d’Andromaque sur la scène de Bourgogne. Racine a 28 ans, il commence à être connu et s’inspire beaucoup de l’Antiquité grecque, comme ici pour Andromaque dont le succès immédiat consacre la jeune gloire grandissante de Racine, succès que la postérité ne démentira pas. 

Euripide, Virgile, voilà les deux auteurs dont il s’inspire. Retour aux sources avec l’Iliade : Racine invente la chaîne amoureuse tragique : aimer sans être aimé : voilà où plonge Andromaque. Captive de Pyrrhus, elle doit répondre à ce dernier, prêt à l’épouser et à renvoyer Hermione, elle-même aimée d’Oreste. 

Le présent extrait nous met face à face Andromaque et se confidente Céphise, Andromaque en proie à un dilemme ravageur dans le récit du sac de Troie éminemment dramatique.

Cette pièce a été écrite en 1667, à l'époque classique, par Racine, poète dramatique rival de Corneille. Andromaque, tragédie racinienne, se déroule à la fin de la guerre de Troie. Pyrrhus, roi grec, est amoureux de sa prisonnière troyenne, Andromaque, et il a décidé de rompre ses fiançailles avec Hermione, princesse grecque. Dans cette tirade, Hermione lui en fait le reproche de façon violente.

Reconstitution par un témoin d’un crime atroce, toute sa famille massacrée sous ses yeux.  Vision qui ne cesse de se rappeler à sa conscience. Nuit tragique : rappel de toutes les circonstances avec une énergie éloquente. 

1er souvenir : Hector son défunt mari

2ème souvenir : Père

3ème souvenir : peuple.

Le fils (Pyrrhus) porte la responsabilité de son père (Achille) qui a tué Hector. 

De même les grecs tiennent Astyanax pour responsable des crimes de son père. Cependant, Pyrrhus est un criminel, à l’inverse du fils d’Hector.

Simple rappel de l’histoire, anecdote abrégée, le public du XVII est averti. La femme, l’épouse , la mère est aussi une patriote. Troie lui est chère, elle aime ce peuple sur lequel elle devait régner. Tristesse infinie → rappel des souvenirs à Céphise qui semble avoir tout oublié : reproche sous-jacent → « songe, songe ». 

deux épithètes cruelle et éternelle : ce sont les deux phases de cette nuit.

4 vers consacrés à Pyrrhus : paraît en tête des assaillants. Elle le situe au centre de son récit → vision tenace.

Lueurs des yeux de Pyrrhus convoquées en mm temps que les lueurs de l’incendie. 

Comme profanation du palais, lieu de bonheur (mariage, enfants…). Ressentiment accumulé. 

l’horreur monte : marche sur des corps, brutalité immense… → brute sanguinaire qui échauffe le carnage. 

Élargissement du tableau : sensations auditives et visuelles. Antithèse des cris des mourants/vainqueurs. Malheureux périssent dans la flamme. 

Exploits → ironie. 

Andromaque se pose au milieu des horreurs et se met en scène (parle d’elle à la 3eme personne). « Éperdue » au milieu des « horreurs » : vigueur singulière. 

Pyrrhus arrive dans le carnage éclairé par l’incendie et fort vigoureux, Andromaque, elle apeurée et perdue. 

« figure-toi » « peins-toi » → passé reconstitué. 

« voilà » → retour au présent. Nous met en présence du vainqueur détesté. Nous rend à l’évidence : elle ne peut l’épouser

Esthétisation du massacre : on est fasciné par le mal

ornement qui fait avancer l’action en sobriété et condensation. 

Peu de détails, ceux choisis concentrent l’attention ≠ la dispersent. Boileau : « art judicieux » 

Tableau efficace. 

Le recours constant au pluriel, nos palais, mes frères morts, des vainqueurs, des mourants, agrandit l’action. Le champ lexical du feu du sang, des cris condense toute la violence de la scène. C’est une véritable reconstitution de la ville en feu où se déroule le plus atroce des carnages que brosse Andromaque. A l’intérieur de cette incantation mélodieuse, les substantifs abstraits élargissent le spectacle : nuit cruelle, rime avec nuit éternelle, qui prolonge le deuil dans la mémoire. Le thème de la nuit possède lui aussi une valeur. Dans le souvenir d’Andromaque il s’identifie à la nuit cruelle, à la nuit éternelle, c’est-à-dire la chute de Troie. En se remémorant la défaite de Troie et l’image de son mari qu’elle aime, elle peint un tableau tragique de la situation et de Pyrrhus ; elle voit en lui un roi destructeur de sa ville et de sa vie., « tueur ».


La catharsis dans le théâtre classique.

La catharsis est la " purgation des passions " par le spectacle de celles-ci et celui des conséquences que cette passion peut entraîner. La tragédie doit inspirer la terreur et la pitié du spectateur .Ce principe d'Aristote mène toutes la tragédie racinienne En voyant sur scène ces personnages livrés aux tourments de leur amour impossible ou fou, le spectateur sera purifié de ses propres passions, comme un sacrifice animal prendrait sur lui les péchés humains. Ici, le spectacle d'Hermione qui se rabaisse par amour toute princesse qu'elle est, et qui perd toute dignité face à celui qui la méprise, celui de Pyrrhus prêt à oublier son devoir et à risquer la mort ou la destitution par amour pour une esclave, la jalousie exacerbée d'Hermione, qui lui fera commanditer un crime, sont bien des exemples que l'on n'a guère envie d'imiter. Tout ici manque de grandeur d'âme, de noblesse. 















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