"Britannicus" de Jean Racine Acte II Scene II

  




Introduction : Britannicus est une tragédie écrite par Racine en 1669. C’est sa 4eme œuvre, et sa première historique, dont le sujet est tiré de l’antiquité romaine. L’acte II scène II de la pièce va permettre, grâce à la présence de Narcisse, conseiller de Néron, le récit de la rencontre entre l’empereur et Junie, le soir de son enlèvement. Le coup de foudre à sens unique de Néron ainsi que ses réactions inquiétantes révèlent la monstruosité de l’empereur. Nous nous demanderons comment ce coup de foudre non réciproque va permettre de révéler un personnage ambiguë, captif de sa captive. Ce commentaire s’attachera tout d’abord à analyser le coup de foudre de Néron, puis à expliquer la naissance d’un monstre.


I/ Le coup de foudre de Néron


a) une scène d’aveux

-le champs lexical de l’amour : v.1 amoureux ; v.6 excité d’un désir curieux ; v.16 ravi ; v.26 nouvel amour v.3 gradation

-amour passionnel : présent resultatif v.1 ; le champs lexical de la vue révèle le coup de foudre

-un coup de foudre inattendu et un aveu brutal : antithèse v.3 -> la personne amoureuse désire un amour durable ; apostrophe puis 2 propositions détachées v.1 ; étonnement de Narcisse v.2 et 5 -> réflexion sur cet amour 


b) une scène de ravissement: double étymologie de ravir 

-manifestations physiques = aphasie : état de Néron avec 4 participes passés passifs v.16, v.18, v.20 ; choque-> immobilité v.18 ; incapable de réagir, il laisse passer la jeune fille v.19 ; v.17 perte de la voix

-perte du contrôle : « j’ai voulu » x2 v.17 et v.21 ; « en vain » placé au centre du v.21 ;

personnification v.26 -> perte du contrôle, obsession de l’image

-hallucinations : « croyais » v.22  

-amour d’une image: gradation v.4 ; idolâtre v.4 -> il devrait adorer;  Junie devient un tableau, une image au fil du texte de Néron; Néron n’a pas compris l’amour; désir v.6; allégorie de la beauté v.10 qui la désincarne 


c) une fausse scène de rencontre et un amour impossible

-j eux de regard à sens unique : Néron voit, pas Junie v.7, aucun contact de regards v.8

-champs lexical de la vue omniprésent: v.7, v.8, v.15, v.16, v.21, euphémisme v.27 ; v

-tableau en clair/obscur qui donne a une faible lumière un éclat intense en contraste avec ce qui l’entoure : contraste singuliers/pluriels, sauvage/doux v.12-v.15 ; ses yeux brillent aux milieux des armes v.9


II/La naissance d’un monstre 


a) une scène de violence

-circonstance d’un enlèvement

-contexte de peur  

-Junie, seule et sans défense 


b) satisfaction perverse de Néron

-fragilité de Junie suscite la satisfaction de Néron

-Néron à l’origine du tableau 


c) Néron, victime et acteur de la situation 

-dédoublement de la personnalité

-posture de l’amant éconduit

-conscience d’être acteur 





Conclusion : Ainsi, Néron, en enlevant Junie, se dresse contre sa mère et fait acte d’autorité en bouleversant ses plans. Cependant, Néron tombe amoureux de sa captive, et en devient le captif. De plus, lorsqu’il oblige Junie à rompre avec Britannicus, il dévoile qu’il prend plaisir à la faire souffrir. Cette scène de coup de foudre non réciproque va donc aider le lecteur à comprendre un peu plus le personnage ambiguë et cruel qu’est Néron, qui tombe sous le charme de la vue de Junie, mais prend un plaisir pervers à la faire souffrir.



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