"Britannicus" de Jean Racine (explication de texte)

 


Introduction En 1669, paraît Britannicus de Jean Racine. Dans la deuxième scène du deuxième acte de cette pièce, Néron avoue à Narcisse son amour pour Junie. Il est alors intéressant de voir de quelle façon Néron raconte l'arrivée de la jeune fille, pour essayer de mieux cerner la nature de ses sentiments. Nous allons d'abord étudier comment est décrite l'apparition de Junie, puis en quoi l'amour de Néron pour elle est excessif et irréfléchi.  Dans sa tirade, Néron raconte à Narcisse l'arrivée de Junie, la nuit lors de laquelle elle a été enlevée. Le récit de son apparition commence avec le verbe « arriver » et se termine avec le verbe « passer ».  I- Apparition de Junie L'arrivée de Junie se déroule lors d'une scène de terreur : Junie est enlevée en pleine nuit par des gardes sans connaître la raison de son enlèvement. La violence de cette situation se traduit par le fait que Junie ait été « arrachée » à son sommeil. Néron nous dresse le portrait d'une jeune fille triste et terrifiée, en utilisant les champs lexicaux de la tristesse et de la souffrance : « larmes », « triste », « pleurs ». Le portrait de Junie est introduit par l'expression « je l'ai vue ». La douceur et la beauté de la jeune fille, mis en valeur par les champs lexicaux correspondants : « belle », « beauté », « douceurs », contrastent avec la violence de la situation : « farouches », « ravisseurs », « cris ». De plus, l'auteur joue sur l'opposition avec les rimes : « larmes »/ «armes », « ravisseurs »/« douceurs ». On a pu voir que l'arrivée de Junie se fait dans un climat de terreur, la jeune fille ne semblant pas avoir sa place dans ce lieu comme le montre le contraste entre les termes se rapportant à elle, et ceux se rapportant à la violence de la scène.  II - Amour excessif de Neron De quelle façon Néron réagit-il à cette arrivée et comment est-il séduit pas Junie ? L'arrivée de Junie n'est pas sans effet sur Néron, comme le prouve son ébahissement face à la beauté de Junie. Néron se dit « amoureux », mais on peut néanmoins remarquer que ses sentiments à l'égard de Junie ne sont pas le fruit d'un échange : en effet, ils sont subis par la jeune fille, ce qui montre la démesure du personnage de Néron. Ce dernier est comme tétanisé, hypnotisé par Junie, comme le soulignent les termes « immobile » et « étonnement ». Il y a un décalage entre ce que veut faire Néron : « j'ai voulu lui parler » et ce que son corps fait : « ma voix s'est perdue » : Néron est troublé. Il reste obsédé par le souvenir de Junie : « occupé », et ne peut se défaire de son image « trop présente ». On trouve le champ lexical de l'amour, mais c'est un amour excessif et démesuré que Néron éprouve pour Junie, comme le prouve l'hyperbole « je l'idolâtre ». De plus, les sentiments de Néron ne peuvent être louables, car il n'aime que l'image de Junie. La rencontre entre les deux personnages n'a pas lieu et Néron s'adonne à une forme de voyeurisme.  Junie subit son amour : pas une seule fois, elle n'est le sujet d'une phrase prononcée par Néron ; ce dernier n'utilisant que des phrases à la première personne du singulier, il n'y a pas d'échange. 


Autre: structure de la scène:

  1. aveu de l‘amour pour junie par néron.

  2. Naissance de cet amour

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