"Candide" Voltaire

Fiche de Charlotte, en Terminale S à Franklin


Candide, texte 2, "la guerre"


I] mise en scène de l’autodafé – mots clés : univers de fantaisie, spectacle, procès, griefs. Caractériser la scène.

1) rythme, rapidité de l’action

- 4 actes : décision, réunion des autodafés, déroulement de la cérémonie, exécution de la sentence.

- ne sont retenus que les éléments essentiels, souvent juxtaposés simplement.

- on passe directement de la prison à la procession, économie de mots logiques avec les « : »

Elle donne au récit légèreté et efficacité et tient le lecteur en haleine.

2) pittoresque et étrangeté

- Il s’attache à détailler la coiffure que porte les condamnés, le « san benito »

- détail de la disposition des flammes et des diables qui annonce la peine du condamné

- Dans son reportage le conteur feint même de s’étonner qu’on ne brûle pas Pangloss au même titre que les autres condamnés.

3) les points de vue

La mise en scène semble d’abord prendre le point de vue de l’Inquisiteur, puis celui naïf de Candide

- la prison se transforme en un « appartement d’une extrême fraîcheur », ce qui fait de la prison un endroit plaisant

 l’inquisition apparaît à première vue comme bienfaitrice et soucieuse de ses prisonniers.

- « le même jour la terre trembla de nouveau » : incohérence interrompt cette mise en scène qui n’est que spectacle : point de vue du conteur

Par cette variation d’éclairage, le conteur cherche à placer le lecteur en position de spectateur d’abord puis de juge. Il le prépare à saisir le contenu polémique de son texte. Pour cela, il exploite toutes les possibilités de la mise en scène.

II] les objectifs du conteur – mots-clés : dénoncer/ détourne, absurdité, fausse logique, arbitraire, raison dérisoire, usage pernicieux de la causalité, spectacle, parade, mascarade.

= évolution

1) L’absurdité de cette cérémonie religieuse

Il s’agit d’un acte de superstition qui s’appuie sur une raison aberrante : « secret infaillible ». Ici, le complément de manière à petit feu semble incohérent avec l’objectif présenté.

- arrestation d’un Biscayen (nord de l’Espagne) : « par conséquent » = faux rapport-logique

 critique du mal archaïque : cherche la raison suffisante, ici des raisons faussées.

2) l’arbitraire des inquisiteurs

Ils disposent de la vie des gens pour des raisons dérisoires.

- « convaincu d’avoir épousé sa commère », soit la substitution de sa mère

- « qui en avait arraché le lard » : supplice lié à leurs religions

- Cette critique de l’arbitraire culmine avec le 3e exemple : « l’un pour avoir parlé, l’autre pour avoir écouté » : effets de décalage avec l’emploi de ces verbes

Le conteur démonte ainsi l’arbitraire de juges de l’Inquisition : pour conforter leur autorité, ils façonnent des raisonnements illogiques.

3) le non-sens

C’est le reproche que fait principalement le conteur à l’Inquisition

- organisme totalement différent de la foi : l’auteur détourne habilement cette cérémonie religieuse en scène de carnaval (costumes, bcp de visuel)

- l’expression « donner au peuple un bel autodafé » (vieille formule des empereurs romains) le confirme.

La procession n’a rien de solennel et se déroule comme une parade grotesque

+ « sermon très pathétique », « belle musique en faux-bourdon » : moqueries du conteur

III] les armes du conteur – mots clés : humour, cruauté et atrocité, burlesque, trivial/risible, ironie, décalage et apparence, sens caché. = Le conteur tourne en dérision cette mascarade, il met au service de son combat l’humour et l’ironie

1) l’humour

Pour stigmatiser la cruauté des inquisiteurs il utilise l’humour noir = qui fait sourire par des détails macabres.

- L’atrocité du crime dans la phrase « le spectacle de quelques personnes(…) est soulignée par le contraste comique entre la familiarité de l’expression « brulées à petit feu » et le ton solennel de « en grande cérémonie ».

Ici pourtant, le lecteur est indigné et crispé. L’humour permet ainsi au conteur de rallier habilement le lecteur à sa cause, tout en animant le passage.

2) Le burlesque

= un ton littéraire qui emploie des termes bas pour traiter de sujets sérieux

- « fut fessé en cadence » = atmosphère du cirque, détail trivial et risible

3) l’ironie

Le conteur est en apparat d’accord avec les sages du pays.

- Cependant, son ironie est perceptible à travers les antiphrases : « sage », « efficace », « bel »

Il implique alors la complicité du lecteur.

- idem dans le dernier paragraphe avec le motif des peines, signification des costumes et prévision du vocabulaire qui créent l’ironie.

- « appartement d’une extrême fraîcheur : le conteur s’amuse à désigner la prison par une périphrase dont le lecteur tente de deviner le sens caché.

- ironie voltairienne : la première phrase fait écho à la première.

 non sen et absurde.

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