« Chanson d'automne », Poèmes saturniens, Paul Verlaine


1- éléments d'introduction


Paul Verlaine :

• 1844-1896

• « Héritier » de Baudelaire et des Parnassiens

• 1er recueil : Poèmes saturniens (1866)

• 1873 : condamné et emprisonné pour avoir blessé Rimbaud par balle

• 1874 : « Art poétique » affirme ses conceptions  « De la musique avant toute chose »

• fait parti des « Poètes maudits » avec Corbière, Mallarmé, Rimbaud

« chanson d'automne » :

Poèmes Saturniens

• 1er recueil (publié en 1866)

• 37 poèmes

• musicalité, lyrisme

• Influence Parnassienne et Symboliste

• Section Paysages tristes (Mélancolie, Eau Forte, Paysages tristes, Caprices)

• Saturne  mauvaise réputation (humeur noire, mort, maladie, …)

• Verlaine : né sous Saturne

• Alcool, violence, folie

• Poèmes Saturniens : angoisse  Romantisme

2- éléments d'analyse

Problématique : En quoi Verlaine exprime-t-il ses sentiments et émotions à travers une esthétique innovante afin de revisiter les codes du romantisme ?

I- Sentiment et émotions de la malédiction Saturnienne

a) L’automne : l’évocation de la nature et de la mélancolie

· premier / dernier sizain  v3 : « De l’automne » ; v14 « Au vent mauvais »

· enjambement qui clôt le texte  v17/18 « Pareil à la Feuille morte »

Þ Référence explicite à la nature telle que la concevraient les romantiques : l’automne, une saison propice à l’état de mélancolie

· nom  titre, v3 « automne »

Þ Évocation de la nature (lyrisme)

· Verbes d’action  v1 « sanglots » ; v4 « blessent » ; v15 « emporte »

Þ Tristesse de la nature  permet d’établir une relation avec la nature

· Métaphore  v2 « violons »

Þ Souffrance de la nature

· Phénomène d’écho : syllabe en « on et « o »  v1-5 « sanglots ; longs ; violons ; mon ; monotone »

· Verbe  v12 « pleure »

Þ Plainte de la nature

Þ Au point de générer, d’entraîner la tristesse, la souffrance du poète

b) La marche progressive vers la mort

· Titre  « Chanson d’automne »

Þ 4 syllabes

Þ Connote la tristesse et la souffrance exprimées dans le poème dans un mouvement de dégradation, d’affaiblissement : impression que la plainte s’étiole peu à peu au fil des vers sans pour autant que la souffrance ne disparaisse

· Comparaison  v17-18 « Pareil à la Feuille morte »

Þ Envisage une issue fatale, un destin tragique  roche de la sensibilité romantique

· Hétérométrie : tétra / trisyllabes  dislocation du vers

Þ Mise en page singulière qui peut être reliée à la chute d’une feuille morte au gré du vent

Þ Idée de réduction

· Progression dans les strophes, chaque sizain a une identité propre :

o Strophe 1  Allitérations et assonances

Þ Son du violon, sombre et monotone

o Strophe 2 : sonorités plus dures allitérations en « k » et « t »  v7 « Tout suffocant »

Þ Douleur plus violente, plus soudaine qui semble se raviver

Þ Sonorités en « j » « ien » « ou » et « s »  ex : v10-11 « souviens ; anciens »

Þ Rappellent la répétition des « jours anciens » > effet d’insistance

o Strophe 3 : allitération en « v »  v13-14 « vais ; vent ; mauvais »

Þ Envisage un destin tragique, le poète se résigne, emporté par le vent à aller ainsi vers la fin

Þ Rythme et sonorités

Þ Surprend car suggère un balancement incertain, une absence de volonté du poète, une impuissance à agir ou réagir

c) Nostalgie du temps qui passe

· Echo : « onne »  v3 « automne » ; v6 « monotone » ; v9 « sonne »

Þ Temps qui passe (horloge qui marque les heures) invitation à se tourner vers le passé

· Adjectif  v11 « ancien »

Þ Évocation des jour heureux, précieux, qui marque ici le retour du poète sur cette époque révolue

Þ Le temps qui passe symbolise l’approche de la mort

II- un poème novateur

a) réification du poète

· Marque de 1ère personne  « je » = sujet => »me » = objet pour finir par se confondre avec une feuille morte

Þ Implication du poète > lyrisme ; effacement progressif du poète qui renonce à la place centrale que s’accordait le poète romantique

· Verbe  v13 « je m’en vais »

Þ Le poète se compare à une feuille morte qui s’en va au vent.

· Adverbe  v16 « deçà, delà, »

Þ Suggère une inconsistance acceptée par le poète qui se laisse aller au gré de l’existence > glissement vers le tragique

· Comparaison  v17-18 « Pareil à la feuille morte »

Þ S’oppose au paysage initial, et souligne que le poète est devenu une chose, un objet

Þ Comparaison à la fois douloureuse et tragique

b) « De la musique avant toute chose »

· De nombreux enjambements  ex : v10-12

Þ Fluidité du texte qui contribue à donner cette impression de langueur (absence de l’emphase propre au romantisme)

· Sonorités  Strophe 1 : Retour régulier de l’assonance en « o » + nasales en « on » et « an » + allitération en « s »

Þ Travail sur la musicalité pour signifier l’automne, sorte de monotonie pour signifier le bruit de l’archer qui glisse sur le violon (son monotone

Þ Peu à peu le tourment laisse place à la mélancolie liée à l’évocation du souvenir passé

c) effacement progressif du poète au sein de son œuvre

· poème progressif (comme au dessus)

· v.13 « je » « qui m’emporte » > poète subit l’action et impliqué

· fin annoncée > lexique souffrance + mise en page singulière (feuille qui tombe) + « pleure » (v.12)

3- ouverture pour conclusion

Serge Gainsbourg - « je suis venu te dire que je m’en vais » - octobre 1973

=> réécriture du poème + importance de la musique (+ pleurs dans fond musical)

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