Terminale ES: Quels sont les fondements du commerce international

Mis à jour : juin 11

Chapitre 6 : définitions

Mondialisation : intégration économique qui va au-delà de l’internationalisation des échanges de marchandises, de services ou de capitaux et qui se caractérise par une mobilité parfaite des capitaux et par une concurrence accrue entre les firmes et les nations.

Internationalisation : processus caractérisant le développement des relations économiques entre les nations.

Altermondialisme : Mouvement qui s'oppose à la mondialisation libérale et promeut des échanges plus justes entre les peuples, les sociétés.

Compétitivité-prix : capacité d’une entreprise à rivaliser avec ses concurrents au moyen du prix le plus bas possible.

Compétitivité hors-prix : capacité d’une entreprise à rivaliser avec ses concurrents par la qualité, la nouveauté etc… indépendamment du prix proposé.

Dotation factorielle : ensemble des facteurs de production dont un pays dispose.

Protectionnisme : Politique douanière qui vise à protéger l'économie nationale contre la concurrence étrangère.

Libre-échange : échange libre des biens et services au niveau international, donc sans barrières.

Échanges intra firmes : échange international de biens ou de services entre entreprises d’un même groupe, d’une même firme multinationale.

Échanges inter firmes : échange de biens et de services entre entreprises de différents groupes.

Échanges intra branche : commerce de marchandises ou de services qui concerne les mêmes types de produits ou de services.

Échanges interbranches : commerce de marchandises ou de services qui concerne des produits ou services différents.

Spécialisation : pour un pays, fait de produire essentiellement un même bien (et de l’exporter).


Chapitre 6: Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation des échanges ?

Notions :

-gain à l’échange

- avantage-comparatif (Ricardo)

- libre-échange et protectionnisme

- compétitivité prix/hors-prix

- délocalisation

- externalisation

- firme multinationale

- spécialisation

L’économisteC.A Michalet, spécialiste des multinationales et de la promotion des investissements directs, distingue trois phases de la mondialisation moderne :

- De 1945 à 1960, une première mondialisation caractérisée par une augmentation d’échanges de biens et de services

- À partir des années 80, une augmentation importante des investissements directs à l’étranger (IDE) entraîne une deuxième phase de la mondialisation

- Une troisième mondialisation, à partir des années 90, caractérisée par la globalisation(mondialisation financière)

I. Évolution des échanges

A. Accroissement global des échanges

Pour observer si un pays est intégré ou non à la mondialisation, on observe son rapport entre sa production et ses exportations.

èTaux d’ouverture (exportations/PIB) : part d'échanges internationaux dans une économie

èTaux de couverture (exportations/importations) : indicateur mesurant l'indépendance économique d'un État.

Ce qui ressort depuis le début des années 50 est une augmentation globale des échanges. De plus près, ce sont notamment ceux entre pays en développement et pays développés qui ont considérablement augmenté, bien que la majorité des échanges reste entre pays du même niveau de développement. Les années 1980-1990 marquent une accélération du processus d’internationalisation des échanges qui vont s’étendre jusqu’aux NTIC et à la sphère financière.

B. Évolution structurelle

Plusieurs évolutions structurelles depuis les années 50 :

- La Division Internationale du Travail(DIT) traditionnelle (DIT de complémentarité) attribue aux pays développés la fabrication des biens manufacturés et des services et aux pays pauvres, souvent les pays du sud, la fourniture des produits primaires en général : elle se base sur les avantages comparatifs des pays

èThéorie HOS

- On parle parfois de "nouvelle division internationale du travail" (DIT de concurrence) pour désigner la spécialisation actuelle des pays : les nouveaux pays industrialisés, asiatiques surtout, produisent aujourd'hui des produits manufacturés (1ertemps),y compris des produits hauts de gamme (2etemps). Les pays développés ont dématérialisé leur production et fabriquent surtout les produits technologiques et les services dont la production nécessite de hautes qualifications (3etemps). Les pays les plus pauvres restent cantonnés dans les produits primaires à faible valeur ajoutée.

èIl est désormais difficile d’opposer Nord/Sud et il est aujourd’hui plus pertinent de reprendre l’expression de Kenichi Omae : la « Triade », regroupant les États-Unis, l’Asie du Sud-Est et l’Europe qui concentreraient à eux trois 70% du commerce mondial de biens et de services (la Chine et l’Inde représentant 40% des échanges internationaux).

II. L’organisation institutionnelle

Approche multidimensionnelle du libre-échange :

- Pratique : situation dans laquelle il n’y a pas d’obstacle à la libre circulation de capitaux, de biens et de services entre les pays

- Politique : décisions politiques visant à favoriser le libre-échange

- Théories de Smithet Ricardo

Les échanges internationaux ont été favorisés par un cadre institutionnel favorable, notamment avec la création du GATT en 1947 (OMC en 1995) qui a amené la baisse progressive des taxes douanières et a imposé des règles pour faire respecter le libre-échange :

- Le principe de non-discrimination, ou la clause de la nation la plus favorisée (NPF), interdit les pays membres d’appliquer des taxes douanières différentes en fonction du pays concerné par l’échange.

- Le principe du traitement national établit que les produits ou services importés sur le territoire d'un pays membre de l'OMC ne doivent pas subir un traitement moins favorable que celui réservé aux produits ou services nationaux.

- L’interdiction du dumping économique (vente de biens ou des services à un prix inférieur à leur coût de production)

III. Les théories

A. Théorie des avantages absolus (Smith), Recherches sur la nature et la cause de la richesse des nations

Smithpart du principe que « la maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de faire chez soi la chose qui lui coûtera moins à acheter qu'à faire ».En élargissant cette maxime à l’échelle d’un pays (« ce qui est prudence dans la conduite de chaque famille en particulier, ne peut guère être folie dans celle d'un grand empire»), il en déduit que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans une production dans laquelle il peut avoir un avantage absolu, c’est-à-dire une plus grande productivité dans un secteur que les autres pays qui lui permettrait d’augmenter ses échanges avec ces pays.

Il faut considérer deux pays produisant chacun deux biens. Chacun des pays est caractérisé par une productivité propre pour la production de chacun des biens. Un pays dispose d'un avantage absolu pour la production d'un bien s'il peut produire ce bien pour un coût inférieur que l’autre pays.

Ainsi, « Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à un meilleur marché que nous sommes en état de l'établir nous-même, il vaut mieux que nous lui achetions avec quelque partie de notre industrie, employée dans le genre dans lequel nous avons quelques avantages. »

Limite de cette thèse : les pays n’ayant pas d’avantage absolu n’ont pas intérêt à participer aux échanges et en sont exclus.

B. Théorie des avantages comparatifs (Ricardo), Principes de l’économie politique et de l’impôt

Selon Ricardo, un pays va produire là où il est le plus compétent non pas par rapport aux autres pays, mais par rapport à sa productivité et à sa compétitivité dans ses autres secteurs d’activité.

Hypothèses à cette théorie :

- Mobilité des facteurs de production entre secteurs d’activité

- Les rendements sont constants et donc les spécialisations internationales sont stables dans le temps

- Considération du facteur travail seulement

L’objet de la théorie de Ricardoest de répondre à cette question en affirmant que même la nation la plus désavantagée accroîtra sa richesse, si elle opte pour le libre-échange.

Pour faire comprendre ce principe, Ricardo imagine une économie mondiale composée de deux pays seulement, l’Angleterre et le Portugal, produisant deux types de biens, du drap et du vin, dont la qualité est supposée identique. Ricardo place l’Angleterre dans une situation a priori tout à fait désavantageuse : le Portugal produit plus vite qu’elle à la fois le drap et le vin. L’Angleterre doit-elle fermer ses frontières pour éviter que ne s’écroule son industrie ?

Pour répondre à cette question il faut analyser les effets de l’alternative envisageable entre l’autarcie et le libre-échange. En situation d’autarcie, pour produire l'unité de chaque bien dont chaque pays a besoin (1 unité de drap et 1 unité de vin chacun), il faudra compter 220 heures de travail en Angleterre (100 heures pour l'unité de drap, et 120 heures pour l'unité de vin), et 170 heures de travail au Portugal (90 heures pour l'unité de drap, et 80 heures pour l'unité de vin). La production mondiale d'autarcie avec ces 220 et 170 heures respectives s'élève à 2 unités de drap et 2 unités de vin.

En situation de libre-échange, que se passe-t-il si l’Angleterre se spécialise et ne produit que du drap et si le Portugal se spécialise et ne produit que du vin ? Chaque pays consacre alors les quantités de travail disponibles issues de la situation d'autarcie à la production d'un seul bien.

L'Angleterre alloue ses 220 heures à la production de drap et en produit 220 / 100 = 2,2 unités.

Le Portugal alloue ses 170 heures à la production de vin et en produit 170 / 80 = 2,125 unités.

Le libre-échange pourra donc permettre aux pays de bénéficier des biens aux prix les plus attractifs possibles, puisque la valeur d’un bien correspond à la quantité de travail nécessaire à sa production selon Ricardo : on parle de « valeur-travail ».

« C’est le coût de production qui détermine en définitive le prix des marchandises. »

« Je considère le travail comme la source de toute valeur et sa quantité relative comme la mesure qui règle presque exclusivement la valeur relative des marchandises »

« Si deux pays peuvent produire les mêmes marchandises, par exemple du blé et du tissu, mais pas avec la même aptitude comparative, ils trouveront avantage à se cantonner chacun à l'une des activités et à échanger l'autre. »

JS Mill

D’autre part, le commerce international est une solution pour résoudre le problème de la croissance stationnaire (cela empêche l’augmentation des prix et donc des salaires). "la meilleure politique pour l'État consisterait, pendant un nombre limité d'années, à lever un impôt - allégé au fil du temps - sur les importations de blé étranger, afin de permettre au cultivateur local de retirer progressivement son capital de la terre" : il est d’ailleurs contre les Corn Laws : les droits de douane à l’importation du blé.

Limites :

- Mobilité du travail difficile entre secteurs d’activité

- Dans cette théorie, travail et capital sont immobiles entre les pays 

- Dans cette théorie, toutes les spécialisations se valent

C. Théorie HOS (E. Heckscher, B. Ohlin, P. Samuelson)

Ce modèle est relativement proche de ce que proposait Ricardo : fondé sur l’avantage comparatif, il arrive à la même conclusion de supériorité du libre-échange. Il s’en différencie toutefois par le fait que deux facteurs de production sont considérés alors que Ricardo n’en voyait qu’un, ainsi que par son objectif d’expliquer l’origine de l’avantage comparatif (là où Ricardo ne faisait que le constater). La distinction du travail et du capital, faite en 1933 par Bertil Ohlindans Interregional and International Trade(le directeur de thèse étant Eli Heckscher) a permis aux économistes de cette théorie de comprendre que les pays devaient se spécialiser selon leurs dotations factorielles, c’est-à-dire leur abondance en travail et en capital. L’économiste français M. Rainellireprend l’exemple du vin et des draps au Portugal et en Angleterre et dit « Il existe toujours dans ce modèle des avantages comparatifs mais leur origine diffère de celle retenue chez Ricardo : les différences des productivités relatives du travail sont remplacées par les différences des dotations factorielles relatives. »

Un pays principalement doté de travail se spécialisera dans une production nécessitant beaucoup de travail, à l’inverse d’un pays doté principalement de capital. La combinaison productive d’une production dépend donc de la dotation factorielle du pays dans lequel elle s’effectue. Par exemple, l’Australie est un pays possédant des terres en abondance : elle doit donc se spécialiser dans les produits agricoles. Et en effet, l’Australie exporte plus des ¾ de sa production agricole.

Selon cette théorie, le commerce mondial est donc un échange de bien intenses en facteur abondant contre des biens intenses en facteur rare. Autrement dit un pays exporte les biens dont la production réclame une grande quantité du facteur qu'il possède en abondance et importe ceux réclamant une abondance du facteur qu'il ne possède pas.

Quelques années plus tard, S.Stolperet P.Samuelsonont démontré que la rémunération du facteur rare est plus faible en libre-échange qu'en autarcie. Sous les hypothèses du modèle Heckscher-Ohlin, l'ouverture aux échanges entre deux pays, entraîne un choc d’offre et une demande extérieure plus élevée pour le facteur abondant. Son prix va donc augmenter, alors que la demande relative en facteur rare va diminuer, comme son prix. En outre, dans chaque pays les revenus s'adaptent aux changements, le facteur rare en autarcie était cher, avec l'échange qui conduit à l'utiliser moins qu'avant il devient abondant donc son prix baisse et inversement...

La spécialisation devrait ainsi entraîner donc un alignement des prix internes sur les prix internationaux et une convergence des coûts.

Le libre-échange permet ainsi une plus grande production à moindre coût « Le message des théories traditionnelles en ce qui concerne la politique commerciale est donc que le protectionnisme doit être banni : l’ouverture aux échanges internationaux est à l’origine de gains pour toutes les nations échangistes »(M. Rainelli).

En dépit de la puissance de leur argument, ces modèles peinent à décrire la réalité de la mondialisation engagée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’économiste américano-soviétique W. Leontief contredit cette théorie grâce à l’exemple américain : le pays dispose de plus de capital que de travail mais exporte pourtant des biens qui demande plus de main d’œuvre que les biens qu’il importe. C’est le paradoxe de Leontief (1953). La raison de ce paradoxe réside dans la considération du facteur travail : la théorie HOS aborde le travail de façon quantitative seulement, sans prendre en compte sa nature, c’est-à-dire sa qualification.

Plus généralement, une très large fraction des flux de commerce international ne semble pas répondre à l’argument des avantages comparatifs : ces échanges prennent place entre des pays partageant des structures économiques très proches et concernent, à l’importation comme à l’exportation, des biens similaires. L’image d’un commerce mondial dominé par des échanges Nord-Sud où les pays les pays en développement exporteraient essentiellement des matières premières ou des biens intensifs en main d’œuvre non-qualifié, et les pays développés des produits manufacturés à plus fort contenu technologique, ne tient plus. Les pays exportant des produits intenses en capital ne font donc pas qu’importer des produits intensifs en travail, et inversement.

En 2007, plus de 58 % des exportations des pays de l’UE sont à destination des autres pays de l’Union. Ce chiffre n’était que de 42 % en 1967. Le poids des biens manufacturés dans les exportations totales des pays en développement représentait environs 20 % en 1967 ; il dépasse les 56 % dans la seconde moitié des années 2000. Plus généralement, le poids du commerce « intra-branche », n’a cessé de croître depuis les années 1960. En outre, il y a eu une « montée considérable des échanges croisés de biens similaires différenciés »(El Mouhoub Mouhoud) qui montre la limite de cette théorie.

D. La théorie du cycle de vie de Vernon

Dans les années 1960, l’économiste R. Vernona montré que les avantages comparatifs n’étaient pas figés et que l’innovation, dans un contexte de libre-échange, était bénéfique à beaucoup de pays. Pour le prouver, il fonda sa théorie du « cycle de vie du produit » en montrant les stratégies des firmes depuis l’innovation.

A partir de l’exemple américain, il distingue quatre phases dans le cycle de vie d’un produit :

- Naissance : le nouveau produit est vendu à un prix élevé aux États-Unis

- Croissance : le prix de vente du produit baisse avec le début de la standardisation, tandis que le produit est vendu à l’étranger à des clients aux revenus élevés (pays du nord).

- Maturité : avec l’apparition de concurrents étrangers, les firmes américaines sont obligées d’aller produire à l’étranger.

- Déclin : la production du bien est arrêtée sur le territoire américain, en raison du déclin de la demande, mais la demande résiduelle est finalement satisfaite par des importations en provenance des filiales à l’étranger.

Cette théorie montre bien comment la mondialisation et le libre-échange est favorable à tous les pays (pays innovateurs, les pays imitateurs et les pays en voie de développement) et que la dotation factorielle et les avantages comparatifs ne sont pas figés puisque, à l’inverse de ce que disait Ricardo, les facteurs de production peuvent être mobiles entre les différents pays).

E. La théorie de la demande représentative de Linder

B.Linderessaye également de contredire l’analyse HOS et d’expliquer le poids du commerce intra-branche. Sa théorie de la demande représentative consiste à dire que des producteurs nationaux produisent d’abord pour satisfaire la demande intérieure. Le commerce extérieur n’est, dès lors, qu’un surplus par rapport à la consommation intérieure. Cela explique le commerce international intra-branche. En effet, un produit créé pour une population relativement riche sera exporté vers un pays ayant le même niveau de revenus, c’est-à-dire le même niveau de développement, c’est-à-dire qui vend le même type de bien. « L’exportation est la fin et non le commencement d’un sentier d’expansion typique du marché. Le marché international n’est qu’une extension, au-delà des frontières nationales, de la propre activité du pays ».

F. L’analyse de P. Krugman

Paul Krugmanexplique les flux observés par la concurrence imparfaite. Il recourt à des modèles mathématiques pour montrer l’importance de deux facteurs, les économies d’échelle (qui font émerger des quasi-monopoles) et la demande de diversité de la part des consommateurs des pays du Nord.

Les entreprises ont intérêt à participer au commerce international à cause de ses deux facteurs : l’enjeu est de satisfaire une demande plus grande à moindre coût. Les avantages comparatifs ne se valent donc pas : celles à haute valeur ajoutée sont plus avantageuses (car plus demandées dans les pays développés) que les autres.

De plus, Krugman avance l’hypothèse que, les dotations factorielles n’étant pas figées (contrairement à ce que disait Ricardo), les pays peuvent construire des avantages comparatifs, notamment grâce à des mesures protectionnistes.

Par exemple, la Chine a dévalué sa monnaie pour faciliter une remontée de filièreet passant ainsi d’exportations de produits à faible valeur ajoutée à des exportations de produits à plus haute valeur ajoutée.

IV. Avantages et inconvénients du commerce international

A. Les bénéfices de l’échange

· Pour le consommateur :

- Diversité de l’offre de biens et de services

- Baisse du prix

- Nouveaux produits

· Pour le producteur 

- Nouveaux débouchés (nouveaux marchés) : hausse du profit (économies d’échelles)

- Baisse du prix des consommations intermédiaires

- Possibilité de transfert de technologies, qui favorise l’innovation

B. Les justifications du protectionnisme

Types de protectionnisme :

- Tarifaire : droits de douane sur des produits importés

- Non tarifaires (contingentement) : limiter l’abondance des importations

- Protectionnisme « gris » : recours à la législation (normes juridiques)

- Le protectionnismemonétaire et financier : sous-évaluation de la monnaie

- Subventions

- Dumping économique

Justifications :

- Protectionnisme éducateur (F. List) : Le principe et l’intérêt de ce protectionnisme est d’éduquer l’industrie d’une nation c’est à dire, protéger sur le moyen terme et sur des secteurs d’activités ciblés, le marché national. Pour cela, il préconise donc l’utilisation des droits de douane pour favoriser l’éclosion d’industries compétitives. Sur le long terme il vise une intégration dans le libre-échange. Ce type de protectionnisme concerne principalement les pays en voie de développement, même si les pays déjà développés peuvent l’utiliser quand des entreprises veulent se spécialiser dans des domaines où il y a une vive concurrence sur le marché national à travers les entreprises étrangères. R. Sandrettorelève cependant un risque : « la protection temporaire risque de se transformer en protection sans cesse renouvelée »

- Défendre une entreprise en déclin : par exemple, l’accord multifibres, érigé par les pays de l’OMC, a été conçu pour protéger les industries textiles du Nord (jusqu’en 2005). Ce type de protectionnisme concerne surtout les pays du Nord, installés depuis longtemps dans l’échange mondial de biens et de services. Depuis 1980, les emplois dans l’industrie française ne cessent de chuter : on assiste à une véritable hécatombe. Face à ce danger, les patrons essayent de relancer la compétitivité de leurs entreprises, ce qui serait favorable à la nation entière, notamment avec l’aide de l’Etat. Dans son ouvrage La Dynamique du capitalisme, F. Braudelmontre que, de tous temps, les entrepreneurs les plus puissants ont essayé de se protéger avec l’aide du pouvoir en place « Que ces capitalistes soient les amis du prince, des alliés ou des exportateurs de l’Etat, est-il besoin de le dire ? Ils saisissent toujours autour d’eux ce qui est bon à prendre ». D’où le fait que, pour P. Cahug et A. Zylberberg « Les capitalistes deviennent les meilleurs ennemis du capitalisme »

A long terme : le protectionnisme peut freiner la croissance :

- Il peut freiner le rythme de l’innovation

- Il peut entrainer un appauvrissement du pays à cause de la baisse des importations et des prix locaux plus élevés (ayant moins de compétitivité-prix)

V. Mondialisation et croissance des FTN

Une FTN (firme transnationale), ou FMN (firme multinationale), est une entreprise qui possède des unités de production à l’étranger. Pour devenir une FTN, une entreprise doit donc implanter une partie de son activité dans un autre pays, notamment par l’intermédiaire d’IDE. Ces IDE prennent plusieurs formes :

- Rachat d’une firme existante

- Association à une firme existante

- Creation d’une firme à l’étranger

A. Ampleur de la croissance des FTN

Les FTN sont majoritairement issues des pays développés. Leur essor est observable à partir des années 1980 où on observe une montée croissante des IDE vers les pays en développement : leur nombre a doublé depuis 1990, celui des filiales a pratiquement quintuplé, le chiffre d’affaire des filiales étrangères a été multiplié par 6,4 entre 1990 et 2010.

Elles occupent désormais une part importante du commerce international (fait notamment du commerce intra firme) : elles représentent 11% du PIB mondial en 2011, tout cela selon le CNUCED.

B. Deux types de stratégie

Les déterminants des IDE sont multiples : une fiscalité attrayante, une baisse des coûts de production, un cadre politique favorable, une stabilité monétaire…

On peut distinguer deux stratégies principales :

- Une stratégie de marché, de market seeking, visible notamment à la sortie de la guerre et récemment : il s’agit de délocaliser une partie de son activité pour avoir de nouveaux débouchés (de nouveaux marchés), grâce aux « filiales relais » (exemple de McDonald’s).

- Une stratégie de coût : le but est de créer des « filiales ateliers » pour permettre à une entreprise de réduire ses coûts de production et donc d’accroître sa compétitivité prix. Cette stratégie de coût est notamment illustrée par la DIPP, qui permet de comprendre la hausse importante du commerce intra branche dans le commerce international. Par exemple, Apple conçoit ses iPhones en Californie, fabriqués par des entreprises taïwanaises en Chine à partir de matières issues de Corée du Sud, du Japon et d’Allemagne.

On assiste depuis les années 2000 à une relocalisation de certaines entreprises, du fait de la volonté croissante du local (préoccupation de l’environnement) et de la meilleure qualité de la main d’œuvre dans les pays développés.

C. Conséquences sur les pays d’accueil

La présence des FMN impacterait positivement la croissance des pays d’accueil, notamment grâce à l’offre d’emploi qu’elle suppose et l’augmentation de l’offre. D’autre part, les IDE peuvent amener un effet d’encouragement (inciter les entreprises locales à être plus compétitives) ou d’imitation (les entreprises locales peuvent bénéficier d’un transfert de technologies.

Cet aspect est toutefois à nuancer :

- Les grandes firmes possèdent aujourd’hui un pouvoir de pression important sur les politiques des pays dans lesquelles elles sont implantées

- Leur impact écologique est catastrophique

- Elles créent, dans le cadre de la DIPP, une certaine dépendance des travailleurs d’un pays : elles peuvent donc être source d’instabilité politique

VI. Globalisation financière

Globalisation financière = processus d’intégration de différents marchés de capitaux.

On distingue deux marchés de capitaux :

· Le marché financier. L’augmentation des flux financiers a commencé dans les années 80 et s’est nettement accélérée dans les années 90, grâce aux innovations qui ont permis une destruction des frontières financières. Henri Bourguinata caractérisé cette période par « 3D » :

- Décloisonnement : suppression des barrières financières

- Déréglementation : moins de contraintes posées sur le marché financier

- Désintermédiation : possibilité d’intégrer le marché financier sans passer par un intermédiaire

· Marché des changes qui évolue également. La valeur de la monnaie joue un rôle essentiel dans la compréhension des IDE : dans un pays dans lequel la monnaie est faible, les coûts de production seront relativement plus bas et les firmes auront donc un avantage considérable dans le cadre de la compétitivité hors-prix. La courbe en J montre l’effet d’une dévaluation de la monnaie : dans un premier temps, une baisse de la valeur des exportations avant que ces derniers n’augmentent.

Depuis 1973, on dit que les taux de change sont flottants.




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