« Clown » de Henry Michaux, du recueil Peinture

Fiche de Charlotte, en terminale S à Francklin


Henry Michaux, « Clown » du recueil Peinture


«Je ne sais pas faire de poème, ne me considère pas comme un poète, ne trouve pas particulièrement de la poésie dans les poèmes, ne suis pas le premier le dire».

Serait-ce une clownerie que cette affirmation dans la bouche d’un homme qui après avoir voulu entrer dans les ordres, après avoir « » sa famille qui s’y opposais et bourlingué par l’univers confirme à son retour une vocation de peintre et de poète ?

Il découvre dans cette vocation un « soudain élargissement du monde» et surtout de la poésie

Il le déclare dans ce passage «une clownerie ».

Michaud a toujours été attiré par les clowns. Une de ses premières œuvres est sur Charlot. Ce clown génial,« grand poète », « Créateur de mythes et de symboles et d’idées», « l’accoucheur d’un monde inconnu».

L’entre-deux-guerres fut riche de clowns véritables artistes comme Fratelli, Le Suisse Groc et le duo Laurel et Hardy. Est-ce pour cette raison que Monsieur plume publié dès 1930 prend un petit air clownesque ? On est frappé par la vision tragique de l’existence qui se découvre sous l’humour et les pitreries du clown, au combien le sourire de Groc ou la dérisoire silhouette de Charlot s’éloignant de l’écran tout plein de toute la tristesse du monde. De la même façon sous l’humour au goût de fantastique de Michaux se révèle une métaphysique du désespoir. Il cherche à l’exorciser afin de pouvoir passer dans le monde du rêve, hors du réel. Tenter de «n’être rien, rien que rien » d’après les normes sociales. Ce poème clown paru dans le recueil peinture contient un aspect fantomatique de lui-même : « Je peins le double». La force de cette arrachement, voilà un premier exorcisme soutenu par la magie, le pouvoir. Le choc des mots voilà le second exorcisme.

Dans une explication analytique je montrerai quel sens à donner à la métaphore filée surtout le long du poème

  1. La nature du projet

  2. Insistance sur le futur

  3. La nature des actions

  4. Le refus

  5. La double image de la condition humaine

  6. Attachements et enchaînements

  7. Lucidité et courage

  8. Sens de la figure du clown

  9. La mise en relief

  10. L’être humain : un clown

  11. Le clown purificateur et libérateur

  1. La nature du projet

Nombreux verbe au futur« ai » prononcé «É»

  1. Insistance sur le futur

Un jour repris en anaphore de fois.

Permet d’envisager un avenir plus proche. Éventualité « peut-être».

Pas d’autres données temporelles mais idée de futur -> verbes conjugués au futur

  1. La nature des actions

L’observation des verbes montre que ceux-ci font généralement référence à des actions violentes entraînant une rupture, une séparation, une destruction« arracherai,…»

Action violente je conduis à libération. Certaines actions métaphoriques (metaphore->ancre)

Presque toutes associées à l’idée d’un départ, de dépouillement comme le souligne le mot« dégorgeant ».

Opération présente à la fois comme matérielle, physique, morale et intellectuelle. Dans une démarche de libération, concerne ce qui est possédée et ce qui relève de l’illusion d’après le poète.

  1. Le refus

Projet de libération permet d’exprimer ce qui est refusé.

Première métaphore renvoie au refus des ports (attaches à la terre)

De la terre « Au profit de la mer» -> grands espaces.

L’adjectif « proche » fait référence à la possession affective de matériel d’éléments personnels, attachement «indissolublement proche » -> quelque chose qu’on ne peut peut pas couper

Cette adaptation du mot proche peut-être mis en rapport avec pudeur et d’innombrables arrangements d’une vie. Derrière les différentes démarches et leurs objets ce dessine la mise en application du précepte biblique« dépouillons le vrai homme».

Sans connotation religieuse. Ne veut plus être quelqu’un.

«abcès », boursouflure gonfle mais lui ne veux rien être.

Se séparer de sa forme (12) un peu comme d’une chrysalide. La ligne 20 -> résultat final

Destruction, purgation.

Perdu en en endroit lointain semble, sans personnalité. Des actions, perte de le signe De reconnaissance.

L’accumulation des verbes d’action au futur (particulièrement au vers) six définit une des marches. Elle met en relief tout ce qui peut définir une condition humaine pitoyable est dérisoire en même temps qu’elle souligne la lucidité et le courage de la décision.

  1. La double image du poète

Sous la forme de l’homme attaché capable de se délivrer le poète dessine deux images :

  1. Attachements et enchaînements

Attachement et enchaînement sont riches de sens par leur connotation shell stand affectif. Ils sont d’ailleurs à l’origine dans le texte d’un champs lexical : combinaison, de fil en aiguille, assorti, attaché, composé, coordonnées. La suis la suite de ses participes c’est apparaître un jeu sur les préfixes :

  • Cum -> composée coordonnée

  • Ad -> attaché

Cela dit le rassemblement

C’est attachement et enchaînements que l’on peut comprendre comme les compromissions de la condition humaine son associé à l’idée d’être quelqu’un mais surtout d’être comme les autres. Ferme « entourage »« semblable » fois de, l’adjectif « digne » entend si fier, répéter. Le mot« ambition » insiste sur ce que le poète semble considérer comme des prétentions hors de propos.

En insistant sur les formes nettement péjorative. Le véritable rang auquel il si tu l’es être humain« auront un film» celui de l’infime. On remarque en effet l’utilisation de nombreux termes dépréciatifs « misérables », emploi du nom « humilité »,« nivellement»« infime» qui renvoient au niveau très peu élevé d’une image rabaissée. Mais parallèlement au portrait négatif de la condition humaine, dérisoire, ramenée au niveau du sol. Le poème montre que la capacité à faire des projets, des efforts. La condition humaine c’est aussi la persévérance le courage.

  1. Lucidité et courage

L’emploi restaurant du futur du verbe d’action souligne l’existence d’une détermination très forte dans la perspective des action envisagées, dans les répétitions qui semble marteler les prises de position. La détermination et la lucidité est aussi visible à travers la violence des termes et du ton. Le courage dont parle Michaux (4) à travers les images négatives de l’être humain, le portrait qui est raconté […] qu’il serait facile de sombrer dans le désespoir or il semble bien que poète trouve dans cette image une véritable force de lutter premier au construire.

Poème double image de l’être humain

  • Un être de compromissions, d’attachements, et de faiblesses « Nul, risible »

  • Cependant capable par la conscience qu’il a de ses propres prétentions, par sa volonté de prendre des décisions essentielles et parmi elles celle de se débarrasser de son habit de clown pour être enfin lui-même.

  1. Sens de figure du clown

Le poème pour titre « Clown » qui inspirera Michaux plusieurs oeuvres picturales, or le terme n’apparaît qu’au vers 21 après un blanc qui suggère une séparation, s’interroger sur cette disposition et sur cette place permet de mieux comprendre les références au monde des saltimbanques.

  1. La mise en relief

Mise en relief du terme majuscule, après un blanc, début de ligne, sans déterminant, avant une virgule. Après « sans nom, sans identité ». Ce mot attire le regard du lecteur et la relecture du texte en fonction de ce mot mène l’action sur deux rôles.

  1. L’être humain : un clown

L’association se fait de manière explicite au 21 22 et 23. Le mot rejeté en tête de phrase en apposition du pronom personnel de la première personne« je».

Plusieurs fois référence à l’univers comique et grotesque des clown («ridicule» «déchéance») ces termes sont repris par risée, grotesque, esclaffement, risible, tandis que le mot lumière renvoie à l’univers faussement lumineux de la représentation. Être quelqu’un d’important. Mais il semble bien que la fonction du clown permette à l’homme une catharsis.

  1. Le clown purificateur et libérateur

Il est l’incarnation de la condition humaine bisous a aussi l’image grâce à laquelle le poète espère réaliser sa métamorphose « à coups de », mettant en relief la présence d’instruments qui sont les capacités des caractéristiques du clown «ridicule

Grâce à la purgation il pense pouvoir se libérer des attaches représentatives de ses prétentions. Le clown est donc un bouc émissaire chargé de tous les vices humains. S’assimiler au clown est la démarche qui permet d’après Michaux de se dépouiller de la forme d’être quelqu’un (de son abcès) de sa pseudo importance pour accéder à une forme de renaissance. Ali sud du« plongeon » qui renvoie à l’image de l’acrobate, le poète laisse penser que le statut de clown est celui qui permet à la fois de définir la condition humaine et de trouver, le dérisoire et le grotesque le moyen de s’en libérer, le moyen de renaître purifié comme après un choc important et, de manière générale, à une intense trouille.

Conclusion

Ainsi la tradition qui donne au saltimbanque comme image de l’homme, à la fois être de pensée et le baladin réduit à une constante allusion comique et dérisoire. Le connais ici médiateur, un être chargé du risible des hommes et les libère de leur souffrance et angoisse. Il est celui qui sauve, en qui s’incarne la démesure et les prétentions humaines. Je « Dégonflement » procédé qui permet de démystifier celui qui à force d’être« nul… » permet aux poètes de retrouver sa grandeur, sa lucidité, son courage. L’incroyable rosée finale « sans bourse » -> rejoindre les étoiles d’un homme purifié ayant dépassé les paradoxes de la nature.

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