"Cyrano de Bergerac : l’autre monde ou les états et empires de la Lune." de Rostand



  1. Un récit de voyage


  1. La figure du narrateur

  • Son héroïsme :

il arrive dans l’inconnu (CCL défini par article indéfini + négation) « un pays que je ne connaissais point »

seul : adj renforcé par l'adv d'intensité (« tout seul ») +  solitude du héros renforcée par l'espace circulaire « au milieu de ».

s’en remet alors au Destin (comme Ulysse malmené par les dieux dans l’Odyssée, modèle premier) : « la Fortune ».

  • Phrase qui se termine par l'alternative de la mort : dramatisation du voyage

  • Désigne sa propre expérience par le mot « aventure » (renvoie au roman d'aventure).


  1. La découverte d’un monde nouveau

  • Monstres ; « bêtes-hommes » (trait d'union créant un nouveau nom, fusionnant deux entités distinctes).

  • Hyperboles : « fort grands », « plus de sept ou huit cent » ...

  • Mise en abîme du récit de voyage merveilleux : « Cette aventure me fit souvenir de ce que jadis j’avais ouï conter à ma nourrice, des sirènes, des faunes et des satyres ».

  • Lexique de l’étonnement : « je restai bien surpris », « je fus bien étonné », (sens plus fort au XVIIème) renforcé par la synonymie et l'adv intensif « bien ».


  1. Le travail d’enquête

  • Son apparente neutralité :

Juxtaposition des phrases aux trois premières lignes. (Regard distancié en terrain inconnu. Gage d'authenticité.)

  • Verbes du regard (« voir », « promener les yeux », « discerner »...).

  • Description qui va de l’aspect physique (dimension esthétique) au comportement (dimension éthique) : réalisme de la chronologie.

  • L’inconnu suscite l’interprétation :(modalisateurs exprimant le doute).

  • Connaissance subordonnée à la vue : « Quand je les pus discerner de près, je connus qu'ils... » (chronologie)


  1. Le renversement des perspectives


  1. Un jeu de symétrie

  • Symétrie des regards :  : « je le vis revenir », « je vis entrer « Quand je les pus discerner » / « ce peuple me vit passer, me voyant si petit » (passe de sujet à objet du regard + répétition du verbe « voir »).

  • Symétrie des sentiments : « Je fus bien étonné » / « élevaient des huées si furieuses, causées sans doute par l’admiration de me voir », « Les grands me reçurent avec des admirations plus modérées » (passe de sujet à objet d'étonnement).

  • Symétrie du jugement : le narrateur pense que les Sélénites sont des animaux, mais il est lui-même pris pour un animal.

  • Jeu de miroir : la différence perturbe les repères et balaie les certitudes.


  1. La polyphonie


  • Multiplicité des locuteurs :

  • Le peuple : « ils disaient donc » ;

  • Les grands (nobles proches du Roi) : « Les grands me reçurent [...]. Leur conclusion néanmoins fut semblable… » ;

L’Espagnol

Les « prêtres du pays qui s’y opposèrent, disant que c’était une impiété… ».

  • Multiplicité des types de discours (direct lors d’un dialogue entre l'espagnol et le narrateur / discours indirect / narrativisé)

  • Dramatisation du récit, mais aussi, confusion de la parole (Qui détient la vérité ?)

  • Idée propre au baroque : le monde est un théâtre – (Cyrano est aussi un dramaturge).


  1. Un débat sur la question de l’Homme

  • question fondamentale : celle de l’homme.

  • Sélénites d’abord défini comme « animaux », « de même espèce » (mais préjugés car s'attendait d'emblée à rencontrer « quelque bête »)

  • Décrits physiquement en comparaison avec l'homme (« comme nous ») mais aussi parallélisme avec les monstres (des sirènes, des faunes et des satyres »)

  • Indécision : « bêtes-hommes »

  • Puis reconnaissance : « je reconnus en effet que c'était des hommes »

  • Renversement de la perspective (« je croyais quasi-être devenu monstre » : mis à distance par l'adverbe et le verbe modalisateur) : flou, perte des repères.

  • Confusion des espèces : les singes sont habillés comme des hommes.

  • Les Sélénites pensent que les deux hommes sont des singes (« femelle du petit animal » répété deux fois) puis deux hommes sauvages, sous-développés.

  •  référence, notamment, à la Controverse de Valladolid (1527), organisée par l’Église pour décider si les Indiens étaient des hommes.




  1. Un texte satirique


  1. La lune : miroir inversé du monde


  • Relativisme : Chiasme : « La Lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune ». Il n’y a donc pas de vérité fondamentale.

  • Inversion des valeurs : singes habillés à l'espagnole + Décalage de l'Espagnol, entre son discours et sa situation : « l’Univers ne produit des hommes que pour nous donner des esclaves ».

  • Une logique autre (syllogisme : « non plus qu'un oiseau je n'avais que deux pieds. On me met donc en cage »


  1. L’exercice de la satire


  • Organisation de la société : le peuple, les grands, le roi, les prêtres.

Critique du peuple : a des représentations étroites (verbe de capacité + négation) : « ils ne purent croire que je fusse un homme » ; - - Critique des grands : plus réservés mais mêmes préjugés ; (le roi se trompe également et paraît indifférent)

Critique des prêtres : « ils bridèrent si bien la conscience des peuples » (subordonnée de conséquence). Satire particulièrement vive à l’égard de l’Église : auteur athée et libertin

  • Critique du préjugé des apparences.


  1. La connivence avec le lecteur

  • les allusions et références : Homère (l'Odyssée), Hérodote (la merveille), Marco Polo (le motif des singes) : public cultivé

                 phrase en espagnol

  • l’humour :

l’autodérision (narrateur est comparé à « un perroquet plumé » / « la femelle du petit animal », « mon mâle »).

      singe habillés à l'espagnole « par hasard » (« de plus ridicule »)




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