Dissertation "Peut-on faire l’expérience du réel sans présupposer une vérité ?"



Peut-on faire l’expérience du réel sans présupposer une vérité ?

L’Humanité avait communément admise au Moyen-Age que la Terre était plate grâce à des études scientifiques. Or il fut démontré peu de temps après que celle-ci était en fait ronde. Il a donc fallu discuter et faire évoluer la théorie précédente qui avait été admise comme vraie aux yeux du monde. Ceux-ci sont donc partis d’une vérité présupposée pour expérimenter le réel.

La vérité se dit de tout ce qui est en conformité avec la réalité, elle est considérée comme une connaissance absolue. C’est une adéquation entre le jugement (=l’idée) et la chose telle qu’elle est (=réalité). La vérité est donc liée au réel étant donné que c’est une élaboration de celui-ci et une construction de sens. Effectivement, le réel est l’ensemble des faits, des êtres et des phénomènes qui existent indépendamment de moi.

Ainsi on peut se demander si cette parole qu’est la vérité est nécessaire et indispensable à la compréhension du réel. Peut-on en fait avoir une connaissance véridique du réel sans partir d’aucune vérité ? Cependant le fait de présupposer une vérité est-elle une chose indispensable ? Pouvons nous vivre le réel tel qu’il est sans forcément vouloir établir un discours ? Y a t-il une voie d’accès à l’expérimentation du réel dans la vérité divine et/ou la vérité sensitive ?

Afin de saisir la portée du problème exposée ci-dessus, nous verrons dans un premier temps que l’expérience du réel peut se passer de toute vérité présupposée. Néanmoins la vérité et le discours semblent indispensables si l’on veut organiser et dégager une connaissance de la réalité qui est en constant changement. Enfin nous analyserons le fait qu’il y a d’autres moyens d’expérimenter le réel sans passer par l’intermédiaire de vérités discursives.

Il est possible d’expérimenter le réel sans pour autant partir d’une vérité souvent considérée comme un discours subjectif voire une opinion que l’on admet sans véritable examen. Certaines vérités sont admises par habitude depuis notre naissance, or toutes ne sont pas bonnes à prendre et sont d’ailleurs parfois trompeuses comme avec l’exemple de l’héliocentrisme.

La thèse empiriste, qui fait dériver les idées de l’expérience, évite cette difficulté. En effet aux yeux de Hume, les idées ne sont rien d’autres que des impressions. Les empiristes estiment, eux, au contraire que les idées dérivent de l’expérience. Elles ne sont rien d’autre pour Hume que des sensations affaiblies.

Toutefois l’expérience du réel a ses limites. Si l’on suit l’exemple de Descartes, celui-ci doute de toute chose et en particulier de ses sens qui le trompent. Aussi, en remettant en cause tout ce qu’il connaît et qui est considéré comme une vérité certaine, Descartes aboutit à une vérité : « cogito ergo sum ». Celui-ci accorde aussi une place importante aux mathématiques dans la recherche de la vérité, considérant que la vérité mathématique est un outil puissant ; le seul valable à ses yeux. Comme il le précise dans ses Règles pour la direction de l’esprit.

Il est donc possible d’expérimenter le réel sans pour autant partir d’une vérité, tout comme son contraire.

En effet car il semble indispensable de partir d’une vérité si l’on veut dégager une connaissance de la réalité.

Dans un premier temps cette vérité se doit d’être rationnelle si l’on veut la présupposer pour faire l’expérience du réel, cette proposition nous invite donc à nous interroger sur la rationalité de la vérité.

Pour être rationnelle celle-ci doit être en accord avec elle-même, en accord avec la pensée et son objet réel et enfin en accord avec les esprits entre eux (universalité).

Ces critères sont donc les seuls qui peuvent nous permettre de distinguer la vérité de l’erreur et la vérité de l’illusion subjective afin de fonder un accord solide entre les hommes.

Ainsi Nietzsche sur ce sujet, nous dit que les réels ne sont jamais identiques et nous confie aussi que l’Homme ne peut pas connaître le réel. Il nous confirme donc que présupposer la vérité est une solution pour comprendre le réel. Il rejoint donc Héraclite qui soutient aussi que tout est en perpétuel changement en nous disant qu’ « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».

Il semble donc indispensable après ces propos, de partir d’une vérité si l’on veut dégager une connaissance de la réalité et donc la comprendre par le biais de celle-ci. Cependant des intermédiaires sont possibles afin de mener à bien l’expérimentation du réel.

Enfin il existe d’autres moyens d’expérimenter le réel sans passer par l’intermédiaire de vérités discursives. Il n’y a donc ici ni vérité, ni compréhension.

La religion est uns de ces moyens, car ici l’Homme se persuade de dogmes afin de se rassurer. Karl Marx dit sur cette croyance « la religion est l’opium du peuple », il considère que la religion est une idée bourgeoise, une forme d’aliénation et un paravent pour les Hommes qui se cachent par son biais derrière une illusion. Sur cette même idée Freud, lui, nous dit que « la religion permet de réconforter l’homme dans sa souffrance », expliquant qu’elle apaise les craint es et nourrit les espoirs d’un être confronté à l’angoisse de sa finitude et de sa misère existentielle. Ces philosophes considèrent donc que la croyance est située au-dessus du savoir chez les Hommes, cependant elle, ne se base sur aucune preuve.

L’art suit cette philosophie car il permet à l’Homme de contempler le réel sans le remettre en question et donc de rester dans son ignorance. Selon Platon, l’artiste, le peintre en particulier, représente ce qu’il voit, les apparences des choses. Il condamne donc le spectateur à réduire la réalité des choses à leur apparence, à leurs qualités sensibles, à ce que nos sens en perçoivent au détriment de ses propriétés intelligibles. Pour celui-ci la réalité d’une chose n’est pas ce que l’on perçoit de cette chose mais ce que l’on en comprend par la pensée.

Ainsi l’expérimentation du réel peut se faire sans passer par l’intermédiaire de vérités discursives cependant cette théorie reste critiquée par les philosophes.

En conclusion, l’expérience du réel peut se faire en présupposant ou non une vérité, mais elle peut aussi se faire par l’intermédiaire de croyances ou de faits accomplis permettant à l’Homme de se cacher derrière une illusion sans remettre en question l’apparence du réel. Cependant si le réel existe et/ou n’existe pas, la vérité, elle, est vraie ou fausse. A partir de la, présupposer une vérité fausse imposée par quelqu’un permet-elle d’expérimenter le réel ?

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