Fiche: Le dénouement de la princesse de Clèves, 4eme partie ligne 1226 à 1262, édition Nathan.


OE : Le roman

Parcours : Individu, morale et société

Introduction :

La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette, publié anonymement en 1678, connaît immédiatement un vif succès : il étonne, surprend, provoque, dans les salons mondains et suscite des débats passionnés autour de la peinture des sentiments amoureux. Son auteur a, en effet, été influencée par deux courants d'idées. D'une part, on reconnaît, dans les réactions des personnages qui parcourent le roman, la Préciosité, mouvement initié par des femmes, qui prônent la recherche et l’affection particulière dans les gestes et les langages. D'autre part, amie de La Rochefoucauld, dont la participation à l'écriture du roman est probable, Mme de La Fayette est marquée, comme lui, par la pensée janséniste par ses fondements religieux : celle-ci préconise des valeurs morales strictes, allant jusqu'au sacrifice de soi. Tout au long du roman, la jeune femme va en effet s'illustrer par sa fermeté face aux tentations de sa passion réciproque pour M. de Nemours. Les dernières lignes du roman achèvent alors les épreuves : après la mort de son mari, la princesse de Clèves avoue son amour à Monsieur de Nemours, puis se retire du monde à tout jamais. Ce dénouement attendu revêt en tout point les caractéristiques d'un dénouement de tragédie : la princesse, telle une héroïne tragique, se trouve face à un dilemme dont elle ne trouvera l'issue qu'à travers la mort.

Il est donc pertinent de se demander en quoi ce dénouement nous permet il de comprendre le choix du renoncement ?

D’une part, nous nous intéresserons aux entreprises de Mr de Nemours pour retrouver la princesse, puis d’autre part, nous analyserons la réponse de cette dernière. L’insistance du Duc fera l’objet d’une troisième partie. Enfin, nous nous pencherons sur le départ et la mort de la princesse. `

Lecture du passage

1ere partie :

Mr de Nemours monopolise la parole dans ce premier passage, il est le sujet de ce passage aux nombreux verbes d’actions soulignant l’agitation du personnage.

Phrase 1 : Cette phrase rassemble les mots clés qui expliquent le départ de la P :

Celui-ci est évoqué par :

- Les noms « première nouvelle » = rapidité de compréhension du Duc

On voit d’abord sa douleur, la dérivation entre « esperer » et « esperer » traduit l’immensoté de sa douleur

Cela va entrainer son obstination

- Le pronom « en »

- Le GN « le poids de cette retraite »

- La perception de son « importance »

Verbes de perception « sentir », « voir » dénotent l’agitation du personnage. (éveil des sens du pers)

Phrase 2 : La disparition de la P dans une maison religieuse provoque « la perte des {ses} espérances » du prince bien qu’il veuille « tout mettre en usage pour faire revenir » la princesse. Cette action apparait comme la dernière carte d’un long jeu qui s’est joué sur l’ensemble du roman.

- Le complément du nom mis en incise et ainsi mis en relief et permet d’exprimer avec force l’effet produit par cette nouvelle.

- L’adverbe « rien » souligne la perte du protagoniste, et paradoxalement, renforce sa vovlonté a la retrouver.

- L’expression « plus rien à espérer » semble vouloir dire « plus rien à perdre » et donne sons sens a la litote du verbe « ne l’empêcha pas », a savoir le fait de « tout mettre en usage », en d’autre terme, tout mettre en œuvre.

- « tout résonne comme un antonyme de rien, cette échos contradictoire, montre la rapidité de réaction et la résilience du prince.

Phrase 3 : Cette phrase résume la première étape de l’entreprise du Duc sous la forme d’une énumération martelée.

- Cette énumération est ponctuée de l’anaphore graduée « il fit » qui constitue une allitération en {f}, qui fait résonner de façon très poétique les efforts du duc et les ordres qu’il donne a la reine et au vidame. C’est une musique feutré témoin de la préciosité.

- Cette allitération fait échos à la triple négation

- Les objets de ces actions sont « écrire » deux fois et « aller » une fois.

- Rythme ternaire qui soutient l’agitation et l’empressement du pers

- La dernière proposition de la phrase résume ses entreprises dans le pronom indéfini « tout », qui échoue de façon brutale dans le verbe «  fut inutile ». Le dernier mot de cette ultime proposition « inutile » sanctionne l’échec de la mission. Encore une fois, la lettre échoue et la reine et el vidame en sont les deux premières victimes (lettre du vidame et de la reine qui leur ont tous deux joué préjudice.)

- Enfin, la conjonction de coordination à valeur d’opposition « mais », marque la dichotomie entre l’espérance du Duc et la sentence.

Phrase 4 :Visite du vidame et réponse de la princesse, racontée sur le mode du sommaire.

- « le vidame la vit » douceur de la sonorité grâce à l’allitération en {v}

- La réponse de la P est encore un silence, elle répond par un rejet à double sens « elle ne lui dit point » Préciosité (dissimilation et secret)

- L’information de sa disparition se cache dans l’objet du discours indirect « qu’elle eut pris de résolution »

Phrase 5 : Le Duc de Nemours va voir Mme de Cl « lui-même »(pronom personnelle de renforcement) :

- Mesure de dernier recourt qui souligne l’importance de son entreprise.

- Le pronom p de renforcement est situé au cœur de la phrase et possède ainsi une dimension emphatique et met en relief sa présence jusque-là retardé par les usages, c’est-à-dire la bienséance imposé par la préciosité.

- Ultime secret « sous le prétexte d’aller aux bains. » présenté comme la cause d’un divertissement légitime.

Partie 2 :

Ce passage est un discours impersonnel et rapporté qui exprime les sentiments de la princesse de Clèves. Le narrateur nous expose la réponse de la P aux requêtes du Duc. Cette réponse vient trahir la violence et la puissance de ces sentiments.

- D’une part, la P est surprise et troublée de l’acharnement du duc. Elle subit l’action comme le souligne la vois passive employé sur le verbe « faire ». La dimension de ces sentiments est emplifié par l’hyperbole « extrêmement ».

Surprise : Fait échos a leurs premiers sentiments ( déjà utilisé plusieurs fois lors de leur premiere rencontre au bal)

Trouble : Qualifie la confusion que suscite la venue du Duc.

- Les 16 propositions qui poursuivent le récit caractérisent la géographie du cœur de la princesse, c’est une écriture labyrinthe qui témoigne du trouble et de la confusion que la princesse endure. C’est un discours autocentré, en effet, on remarque les 13 répétition du pronom personnelle elle, la P est le sujet récurrent de cette deuxième partie.

- Les informations données au duc sont relayes de la même façon que dans la première partie : Le duc « fit dire », la princesse « fit écrire » : parallélisme de construction évident et souligne la rigueur rhétorique de l’auteur.

- « Elle voulut bien qu’il sut » litote qui veut en fait dire qu’elle voulait absolument qu’il soit au courant. Elle est toujours muselé pour une question de bienséance et de préciosité, d’où l’emploi de tant de litote et d’euphémisme.

- Elle a renoncé aux « choses du mondes » qui lui semblent « Si indifférentes » (superlatif qui vient renforcer l’idée) et songe à ses fins dernières, c’est-à-dire « l’autre vie ».

- En d’autre termes, nous comprenons qu’elle renonce à l’aimer et le renvoie, en l’invitant a songer comme elle a sons salut.

- Le contenu de ce discours indirect foisonnant d’explication signe l’adieu de Mme de Cleves au duc de N.

Partie 3 :

Ce passage nous donne à voir la douleur du Duc :

- Hyperbole liminaire « expirer de douleur » qui renforce indéniablement l’intensité de la douleur qu’il endure.

- Scène ambiguë car on ne connait pas l’identité de la confidente de la princesse, chargée de la mission, désignée uniquement parle pronom démonstratif « celle » et « cette personne », qui en plus, établit une distance entre la P et ce pers.

- Répétition du nom « douleur » 2x

- Discours emphatique « un homme qui perdait toutes sortent d’espérance ».

Description de la passion du duc :

- Décrite par une énumération graduée avec parallélisme de construction sous la forme de superlatif. Surenchérissent la pureté et la violence de cette passion.

- « faire changer » mot clef, en effet, ils ne parviennent pas à se faire changer l’un l’autre, cette amour reste impossible, nous sommes donc face à un double échec.

4e partie : C’est un résumé de la situation finale des deux amants, « des années après » leur dernière « échange » bien que par le biais d’intermédiaire.

Mme de Cl a choisi la retraite pour survivre aux passions amoureuses qu’elle ne contrôlait plus et qui la rongeait.

- Adv « enfin », insiste sur la labeur de ces dernières années + « après toutes ces années »= élipse narrative permettant à l’auteur de conclure. Elle permet d’avoir une vue avec du recul et ainsi d’avoir un dénouement complet.

- Plusieurs années après, le duc souffre encore, malgré que ses sentiments s’amenuisent. Cette douleur fait échos aux parties précédentes et présente tous ses efforts comme vains.

- Le verbe « éteindre » apparait comme un métaphore du feu qui ne se rallumera jamais. Métaphore de leur amour qui ne grandira plus.

- L’échappatoire de « l’autre vie » semble être la seule solution aux yeux de la princesse pour répondre à ce dilemme sans issus entre amour et vertu. Par le renoncement et par sa mort, elle laisse derrière elle une morale, décrite en une phrase par Mme de La Fayette : « elle laissa des exemples de vertu inimitable. » L’auteur fait ici de son personnage une figure extraordinaire, digne d’une tragédie classique (cornélienne). Sa vie prend sens au moment du renoncement, elle a toujours placé la vertu devant tout autre plaisir et incarne ainsi un modèle de vie hors du commun.

- Dans ce dernier mouvement, l’auteur expose enfin, la vrai nature de ses personnages.

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