Fiche texte - La nouvelle histoire de Mouchette, Georges Bernanos.


OE : Le roman

Parcours : Individu, morale et société

Intro :

Ce roman de Bernanos prend place juste après le célèbre Journal d’un curé de campagne (1936), et avant Monsieur Ouine (1946) qui a occupé dès lors les dernières années de l’imagination du romancier. Le prénom du personnage éponyme rattache ce récit au Soleil de Satan dont le prologue relate la triste destinée de la première Mouchette. « La Mouchette de la Nouvelle Histoire n’a de commun avec celle du Soleil de Satan que la même tragique solitude où je les ai vues toutes deux vivre et mourir », écrit son créateur. L’auteur a voulu écrire une pure tragédie : le destin inéluctable d’une enfant misérable, vouée à la mort par le Mal qui a submergé le monde. Ce roman est né d’un projet littéraire formulé par Bernanos lui-même : « j’ai commencé à écrire la nvelle histoire de Mouchette en voyant passer dans des camions la bas, entre des hommes armés, de pauvre êtres, les mains sur les genoux, le visage couvert de poussière, mais droits, bien droits, la tête levée avec cette dignité qu’ont les espagnols dans la misère la plus atroce ». Le contexte historique explique donc le pathétique du roman.

Le texte proposé à notre étude correspond à l’incipit du roman, dans les lignes qui précèdent, Mouchette achève sa course vers son école ». Elle assiste, « derrière les vitres », à un cours de chant donné par son institutrice.

Plan du texte :

1. L 1 à 5 : Mouchette regarde derrière les vitres de la classe, « madame » diriger la leçon de chant.

2. L 6 à 13 : Le 2emouvement offre une pause dans le récit, c’est un commentaire du narrateur sur Mouchette et la musique.

3. L 14 à 24 : La lutte entre mouchette et son institutrice qui révèle la fragilité du pers.

1er mouvement :

Le regard de Mou. à travers les vitres est le regard d’une enfant sur une scène cruelle ou un cauchemar.

- Les enfants sont qualifiés par la métonymie des «têtes groupés », c’est une partie que Mou aperçoit a peine tandis que la silhouette de Mme est qualifié de haute, sa position est précisée.

1erphrase :

- L’adj. « trouble » suggère une vision déformée. Il est associé à la vitre qui sépare deux mondes, le monde de Mou et celui de la société. Et cette vitre est trouble ce qui traduit la solitude et l’écartement du pers.

- L’adj. « dominateur » caractérise la posture de l’instit qui est associé à son bras, caractérisé lui-même par 3 épithètes « maigre » « menaçant » et « dominateur », ils dessinent sa posture, symbole de son autorité.

- La pauvreté des lieux est souligné par l’adj. « ripolinés » cela nous donne l’image d’une salle de classe misérable.

Ainsi, ici, la vision de Mou sert la présentation de la société du roman.

2ephrase :

Le regarde de Mou suit les mouvements dominateurs de la maitresse. Cette seconde phrase esquisse le portrait de l’instit qui est réduit au mouvement de son bras. Le rythme de son geste est dvlp dans cette phrase par 4 propositions qui miment l’adv. « lentement ».

- Le déploiement du geste et la longueur du mouvement est suggéré par la longueur de la phrase.

Ce portrait est nourrit par la peur qui remplit l’âme de Mou. C’est une caricature psychologique et affective.

2emouvement :

Le second paragraphe est un commentaire sur les talents de Mou. Le cmtaire est relayé par la maitresse ce qui constitue une pause dans le récit.

Le ccm ouvre le passage et indique que la maitresse connait les défauts de mou. Mais le témoignage est double :

- Le 1er, celui de sa maitresse qui est le témoignage apparent « Mou n’a aucune disposition pour le chant ».

- Il devient plus intime, c’est celui du narrateur omniscient :  « les vérité est qu’elle le hait ». Le narrateur connait donc mieux son pers que l’instit.

- Les dispositions de Mou pour le chant sont l’occasion d’une confidence faite par le narrateur « Elle hait… farouche ».

- Le sentiment de haine qu’elle éprouve pour le chant s’exprimer tout simplement à travers le vb « haïr ».

- La déclinaison du verbe « haïr » constitue une anaphore qui a pour fonction de traduire la force du sentiment qui anime le cœur de Mou : le trait dominant du portrait est que mou incarne une forte sensibilité. Sa perception des sons en général est très sensible.

- On a donc vu que le narrateur joue le rôle de confident ce qui affirme sa proximité et sa familiarité avec Mou.

- La musique et le sons sont pour Mou des instruments de tortures. Les effets de la haine sont « les larmes » et « la honte ».

- La personnification « le geignant harmonium » incarne l’effet de ces instruments de tortures sur le personnage éponyme.

- Le portrait de Mou est aussi esquisser par le présent d’habitude, qui permet de généralisé les propos dvlp.

Ce passage dresse donc le portrait de Mou par la voix du narrateur qui nous dévoile ses faiblesses. Par ailleurs, on fait aussi face au dvlpmt du thème de la musique, il est d’abord le chant, il devient ensuite toute musique il s’accorde au «  geignant harmonium » et provoque les larmes. Le récit devient universel.

3emouvement :

Ce passage retrace la lutte entre Mou et son instit à propos de la musique.

- L’amorce traditionnel qui ouvre le passage « un jour » annonce le récit d’un anecdote. C’est l’amorce de l’élément perturbateurs dans les contes traditionnels.

- Adj. « blême de rage », sa colère est mis en relief, car antéposé au sujet, elle donne son humeur à l’anecdote.

- L’angoisse ronge le personnage qui devient incapable de s’exprimer.

- La déclinaison du mot barbare associé a l’anaphore qu’il en est faite met en relief cette adjectif et lui donne de l’importance. A l’origine, barbare, caractérise celui qui ne parle pas la langue. La musique est donc non seulement élevé au rang de langage mais aussi fait de Mou une étrangère, qui ne parle pas la même langue que le reste de la société et explique son exclusion.

- La litote « n’en a pas moins » qui s’appuie sur le verbe « renoncer » suggère les efforts de son institutrice.

- La phrase suivante (l20) est d’une richesse telle qu’elle désempare le lecteur. C’est une phrase longue qui accumule les propositions mis en incise. Elle amorce une explication sans cesse retardé par l’accumulation d’incises. C’est une description de la voix de Mouchette.

Conclusion : Ce portrait dessine celui d’une victime de la société. Il révèle la cruauté d’un monde qui ne permet pas aux plus faibles d’atteindre le bonheur. Comme toutes les victimes, elle est fragile et isolée,les malheurs de Mouchette ne sont pas le fruit du hasard, mais bien d’un déterminisme social ce qui peut qualifier le roman de roman de la damnation.Le narrateur se comporte ici comme un ami qui essaie de la consoler et de la comprendre. C’est un roman a la fois de la compassion et de la colère

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