fiches auteurs Queneau, Ronsard, La Fille de La Fontaine, Apollinaire

Contexte : Raymond Queneau (1903-1976) co-fonde en 1960 le mouvement de l’OuLiPo, ou Ouvroir deLittérature Potentielle, dont les membres se définissent comme « des rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont il se propose de sortir ». => tournant dans la littérature où les écrivains remettent en cause ce qui est classique et se détachent de la gravité de la 2GM par le rire et la légèreté, en se lançant des défis littéraires par exemple. La littérature est perçue comme un terrain de jeu absolument virtuose, mais qui reflète l’absurde de la condition humaine. /!\ du surréalisme auquel il a adhéré, Queneau garde la passion du langage mais rupture car caractère non-aléatoire de la littérature potentielle : distinction, théorisée par Queneau, entre le hasard né de la contrainte et le pur hasard. [« la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ! », Lautréamont] - il est lauteur de Zazie dans le métro (1959) qui se caractérise par une épopée parisienne jubilatoire et une désacralisation du langage. + le titre du recueil Instant fatal reflète un carpe diem et une potentialité ouverte dans l'exercice de la littérature et dans la vie . Contexte : Pierre de Ronsard est une figure majeure de la poésie française au XVIe siècle. - après des études humanistes, il fonde avec Joachim du Bellay le groupe des poètes de la Brigade, avant de se baptiser la Pléiade, qui a l'ambition de renouveler les formes traditionnelles tout en donnant à la langue et à la littérature françaises une envergure digne d'elles et des aspirations de la Renaissance : manifeste Défense et illustration de la langue français. Il multiplie les références érudites dans sa poésie : inspirations antiques (Pétrarque, Pindare, Catulle),allusions mythologiques, connaissances historiques... - poésie lyrique marquée par la simplicité de ses odes et de ses sonnets : Odes (1550-1552) / Amours de Cassandre (1552) / Amours de Marie (1555) / Sonnets pour Hélène (1578) dans lesquels il célèbre ses trois muses, Cassandre, Marie Dupin et Hélène. => ses thèmes de prédilections sont l’amour, les souffrances d’un sentiment non partagé, le temps qui passe, le carpe diem (adepte de l’épicurisme)... + immortalité du poète dont la poésie transcende le temps. ▪ « Mignonne, allons voir si la rose » est un poème lyrique galant à l’éloge de CassandreSalviati par la métaphore filée de la rose. /!\ la fleur et la femme sont vouées à disparaître et à perdre leur beauté car la mort est inévitable : lepoète enjoint alors la femme à profiter de l’instant présent (carpe diem). L'hypothèse qu'une femme puisse aimer librement est exigeante : injonction à se laisser prendre. => culture de la contrainte et chantage à la vieillesse qui justifie cette injonction à l'inclinaison de l'autre. L'amour est conditionné à une jeunesse : érosion du désir avec le temps / dégradation. vs « Comme on voit sur la branche » où la femme est sublimée par une cristallisation car la jeunesse sacrifiée / disparition garde le désir intact.

Contexte : En 1678, Jean de La Fontaine écrit « La Fille » extraite du second recueil de Fables, dans lequel figure également « Le Héron » en parallèle, et qui fait xécho aux précieuses : - idéal d’amour authentique, intellectuel, recherché...mais l’exigence associée au dédain : « le désir peut loger chez une précieuse » est empreint d’ironie renvoyant à une rigidité. /!\ refusant toute complaisance, il pose sur cette fille naïve un regard sans pitié : une femme mûre ouvieillissante n’est plus rien et perd tous ses attraits. Forme de féminité exempte du libre arbitre // non- choix. [La Fontaine est aussi un moraliste pragmatique : il veut enseigner à l’homme de saisir son bonheur dans un monde parsemé de d'obstacles.] vs Merteuil qui révèle un autre miroir d’émancipation féminine au XVIIIe siècle : pour vaincre le rapport de domination, elle se fait homme et piège ainsi les hommes à leur propre jeu. Contexte : Plongé dans les milieux artistiques de la littérature et de la peinture, Guillaume Apollinaire propose une poésie lyrique caractérisée par la modernité des thèmes de l'écriture : liberté de la versification ; suppression de la ponctuation ; disposition des poèmes tel des dessins avec les calligrammes. - il a hérité de la tradition romantique le goût de l'épanchement sentimental, de la poésie entière intime, de l'expression du tourment intérieur / œuvre protéiforme / poésie picturale et écriture novatrice. => le recueil Alcools (1913) marque le début de « l’esprit nouveau » et de la modernité : la figure du mal-aimé se dessine souvent en filigrane à travers les évocations des amours déçus et de la souffrance de l'artiste. « Le Pont Mirabeau » fait écho à la rupture du poète avec Marie Laurencin à travers les topoï de la poésie sentimentale : la souffrance, le temps qui passe, la métaphore fluviale et la solitude du poète. => le poète semble figé dans l'image, emprisonné, obsédé par la réciprocité / complémentarité parfaite de l'amour : « les mains dans les mains restons face à face ». + le polyptote de « passer » a pour effet de rallonger et ralentir et circoncire le poète à un état de cloisonnement interne.

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