HGSP 1ère: THEME 4: S’INFORMER: UN REGARD CRITIQUE SUR LES SOURCES ET MODES DE COMMUNICATION

Axe 1 – Les grandes révolutions techniques de l’information

Problématique : en quoi les révolutions techniques ont-elles permis de développer l’information de masse, celle-ci étant par ailleurs liée aux transformations politiques et économiques des sociétés ?

JALON 1 : L’information imprimée : de la diffusion de l’imprimerie à la presse à grand tirage


A. L’information imprimée et sa lente diffusion (XVIe-XIXe siècle) L’imprimerie est mise au point vers 1438 par Gutenberg (1400-1468) à Strasbourg ; il crée ensuite sa 1eimprimerie en 1455 à Mayence. Caractéristiques : caractères mobiles et presse à bras (ou à vis). Ces avancées techniques permettent la rapidité de l’impression et la reproduction de livres en plus grande quantité. Les conséquences sont immenses : diffusion du livre (12 millions de livres imprimés entre 1455 et 1500 contre quelques milliers entre le Ve et le XVe s), notamment de la Bible dont les traductions se multiplient. Les premiers organes d’information apparaissent: des «occasionnels», (placards ou desplaquettes), almanachs, canards, libelles. L’apparition de l’imprimerie entraîne une révolution culturelle, elle change notamment le rapport de l’individu à la culture écrite et à l’information : il est désormais possible aux individus non-clercs (il s’agit bien sûr d’une élite) de s’approprier directement le savoir et l’information. Ø Conséquences religieuses : le schisme entre catholiques et protestants (1520) porte notamment sur les traductions de la Bible en langue vernaculaire et pose la question du rapport au texte sacré (direct pour les protestants / par l’intermédiaire du clergé éclairé pour les catholiques) Ø Conséquences intellectuelles : l’essor de la culture, développement de l’humanisme (l’homme au centre – sans pour autant rejeter Dieu),

=> L’essor des imprimés est une immense révolution philosophique et sociétale caractérisée par l’ndividualisation de l’accès à l’information et l’essor de la notion de liberté individuelle : l’humanisme (XVIe s), qui se prolonge au XVIIIe s avec le mouvement des Lumières dans toute l’Europe occidentale. Les institutions mettent en place assez rapidement la censure sur les imprimés : • L’Eglise : - par la bulle papale « Inter multiplices » (1487), le pape Innocent VIII impose une autorisation préalable pontificale à toute impression dans toute l’Europe catholique. La préoccupation de l’Eglise était alors de lutter contre les hérésies. La bulle Inter sollicitudines (« Avec quel soin... ») promulguée par le pape Léon X en 1515 fonde l’imprimatur (= autorisation d’imprimer) - La mise à l’index papale date de 1563 (Concile de Trente ou Contre-Réforme) et est supprimée en 1917 : l’index est la liste de tous les ouvrages dont l’Eglise catholique interdit la lecture. • L’Etat : - Censure royale sur les imprimés (par le biais des inspecteurs de la direction de la Librairie qui contrôlent les publications de toutes les imprimeries parisiennes) - Contrôle royal sur le premier journal : La Gazette de France est créée par Théophraste Renaudot en France en 1631, avec l’accord et le contrôle de la monarchie (Louis XIII et Richelieu). Il s’agit du premier hebdomadaire français (tirage entre 300 et 800 exemplaires).

Voir la vidéo : https://www.retronews.fr/video/quest-ce-que-le-commencement-de-la-presse La liberté de la presse est adoptée en Angleterre dès 1695 (conséquence de la Glorieuse Révolution). Aux Etats-Unis, elle est affirmée en 1791 (1er amendement de la Constitution) En France : Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen 26 août 1789, article 11 ð La presse se multiplie sous la Révolution française. Diversité des imprimés : 500 « feuilles » sont publiées en 1792, contre 60 en 1788. C’est aussi la naissance de la presse d’opinion.B. Entre 1871 et 1914, l’âge d’or de la presse quotidienne

1. Le tournant : les libertés individuelles La liberté de la presse fait partie des grandes lois républicaines aux débuts de la IIIe Républiques. La loi du 29 juillet 1881 : loi sur la liberté de la presse. Liberté totale de publication (fin de l’autorisation préalable et du dépôt de cautionnement) assortie d’un délit de diffamation (cet article reprend le délit des fausses nouvelles voté en 1849 sous la IIe République). Sur la loi de 1881 : https://www.retronews.fr/video/quest-ce-que-la-liberte-de-la-presse La liberté de la presse est corrélée à la démocratisation politique des sociétés : elle fait partie des libertés fondamentales et participent à la construction de l’Etat de droit.

2. L’âge d’or de la presse : fin XIXe s Au cours du XIXe s, les tirages de la presse augmentent en France et dans tous les pays démocratiques qui connaissent un développement économique (Europe de l’ouest, Amérique du nord). Les causes : - Les progrès techniques : l’invention de la rotative (1845) : la machine rotative est une machine cylindrique qui permet d’imprimer en continu. Puis de la linotype (1885) : machine qui permet de préparer, à partir d’un clavier, une ligne composée de lettres et d’espaces (line type). Elle prélève et range elle-même les caractères mobiles – long travail effectué jsuque-là par l’ouvrier-typographe. Gain de temps, augmentation des tirages, accélération de l’information.

  • -  Le développement des moyens de communication qui permettent de transmettre l’information et de diffuser les journaux. Jusqu’au milieu du XIXe s, l’information circule lentement, par le biais des colporteurs et de la poste. Les journaux se diffusent davantage au XIXe s grâce au : chemin de fer (1ertiers du XIXe s), télégraphe électrique (1845), câbles sous-marins (1851 entre la France et l’Angleterre ; 1858 1er câble transatlantique), téléphone (par Bell en 1876).

  • -  La baisse du coût des journaux liée à ces progrès techniques et à l’introduction de la publicité :

  • -  Le développement de l’instruction : l’alphabétisation progresse en France tout au long du XIXe s (loi Guizot en 1833 qui instaure les écoles primaires dans les communes sans toutefois rendre l’instruction obligatoire ; puis lois Jules Ferry en 1881-82 qui rendent l’instruction laïque, gratuite et obligatoire).

  • -  La diversité des contenus : spécialisation de la presse et instauration des feuilletons littéraires qui tiennent le lecteur en haleine sur plusieurs semaines et permettent de le fidéliser L’apparition des illustrés puis de la photographie

  • -  Le contexte de l’économie libérale de marché : le développement de l’information accompagne le développement du capitalisme marchand (M-Age) fondé sur les échanges de marchandises et d’informations, puis industriel (fin XVIIIe s)

  • -  Les techniques de vente : la vente à la criée, les kiosques à journaux dans les gares (Hachette). La presse est un média de masse : il touche un très large public : 6 millions d’exemplaires en France, 5 millions en Angleterre) Les « affaires » (politiques surtout, comme l’affaire Boulanger, le scandale de Panama ou l’affaire Dreyfus) et les faits divers alimentent les grands tirages.

communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par « Article 11. - La libre la Loi ».

Jalon 2 – L’information par le son et l’image : radio et télévision au XXe siècle

La radio et la TV sont à la fois actrices et révélatrices des transformations de la société qui s’opère au cours du XXe s : une culture de masse, une information de masse. Internet amplifie ce phénomène tout en le transformant.

A. La radio, premier média de masse

La radio est une nouvelle révolution technique apparue au début du XIXe s : la télégraphie sans fil (TSF), mise au point entre 1895 (ingénieur Marconi) et 1906 (premières expériences de radiophonie). La radio est à l’origine un appareil massif, posé sur la commode du salon ou de la cuisine, relié au secteur par un fil électrique, qui s’impose peu à peu dans les foyers occidentaux dans l’entre-deux-guerres. Après la guerre, l’invention du transistor en 1947 bouleverse à nouveau l’information par le son : transportable partout, le transistor accentue l’immédiateté de l’information. ð Elle devient un média de masse qui concurrence la presse écrite. Le pouvoir politique prend conscience de son enjeu :

  • -  Dans les démocraties, la radio est l’instrument d’information par excellence ; les « causeries au coin du feu » de Roosevelt pendant le New Deal ou les grands discours du roi d’Angleterre ou du Churchill pendant la guerre.

  • -  Dans les régimes totalitaires : exemple de l’Allemagne nazie où Goebbels, ministre de la propagande, distribue des postes de radio pour son anniversaire en 1938

Exemple de la guerre des ondes en France (1940/44). On assiste à une véritable guerre des ondes en France sous l’Occupation de 1940 à 1944 = guerre psychologique menée par les radios des belligérants afin d’informer ou de galvaniser les auditeurs) : Ø C’est par le canal radiophonique que Pétain s’adresse aux Français le 17 juin 1940 mais aussi que passe l’Appel du 18 juin 1940, peu écouté. Pétain : http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/seconde-guerre-mondiale/video/I00007852/juin-juillet-1940- petain-demande-l-armistice-petain-chef-de-l-etat-francais.fr.html De Gaulle : https://www.youtube.com/watch?v=uRo-3Y1MdwQ Ø Après l’armistice signé le 22 juin 1940, le réseau d’émetteurs est divisé en deux : Radio Paris au Nord sous contrôle allemand, Radio Vichy au Sud qui s’aligne progressivement sur les thèmes de la Radio allemande. Pétain s’adresse régulièrement aux Français par la radio dans le but de légitimer le régime de Vichy. Ø En septembre 1940 débute sur les ondes de la BBC l’émission « Les Français parlent aux Français », dont le succès s’accentue à mesure qu’approche la Libération, malgré les attaques virulentes de la propagande allemande et vichyste contre le « général micro ». Ré-écouter le célèbre duel radiophonique entre Philippe Henriot le Vichyste et Pierre Dac le résistant : https://www.youtube.com/watch?v=TvsTWIOJf4o

La radio devient ainsi l’arme majeure de la propagande. En France après la Libération, le GPRF (Gouvernement provisoire de la République française) dirigé par De Gaulle décide de contrôler cet organe à l’enjeu si important : c’est le monopole d’Etat sur l’audiovisuel. Création de la RDF (radiodiffusion française) en 1945, suivie de la RTF (radiodiffusion-télévision) en 1949. Cependant, le monopole d’Etat est contourné en France par l’apparition des radios périphériques : radios émettant depuis une antenne située en dehors du territoire français pour échapper au contrôle de l’Etat(Europe 1 en 1955 émet de la Sarre ; RTL en 1966 émet du Luxembourg). Le monopole d’Etat sur les radios est supprimé en 1982. B. La télévision au XXe siècle : le pouvoir par l’image La télévision est apparue en 1929, elle prend son essor dans les pays développés au lendemain de la guerre : en France, le 1er journal télévisé (JT) est lancé en 1949. Juin 1953 : couronnement de la reine Elisabeth II entièrement télévisé et largement diffusé dans le monde 1962 : première mondovision, c’est-à-dire diffusion d’un programme à l’échelle mondiale, grâce au satellite Telstar lancé en 1962. Ø https://www.ina.fr/video/I00012346 : montre la diffusion mondiale d’un match de base ball à Chicago, où les spectateurs du stade saluent en direct les Européens qui les regardent en mondovision !) La TV est un vecteur du développement de la culture de masse (une culture commune qui traverse les classes sociales et les générations et touche un public très large, donc l’ensemble de la société) : par la diffusion du JT (surtout lorsqu’il n’y a qu’une seule chaîne de TV monopole d’Etat comme c’est le cas en Europe dans les années 1950/60), de pièces de théâtre, de films, d’émissions ou l’organisation de débats télévisés. On parle de « grand’messe » du soir à propos du JT. L’enjeu de l’image est tel que la TV reste un monopole d’Etat pendant longtemps en Europe, contrairement aux Etats-Unis ( nombreuses chaînes de TV concurrentielles, pas de financement par l’Etat). Ø France : création de l’ORTF (office de radiodiffusion télévision française regroupant radio et TV d’Etat) par De Gaulle en 1964. Les JT sont contrôlés par le ministère de l’information, ce qui fut particulièrement critiqué pendant la crise de mai 68. L’Etat garde le monopole sur la TV en France jusqu’en 1984. - Idem en Europe : Italie : la RAI (1954) ; Royaume-Uni : la BBC (1932) ; Allemagne (RFA) : ZDF (1963) Les hommes politiques utilisent la TV comme moyen de propagande et de communication directe avec les électeurs. En France, rdv réguliers de De Gaulle avec les Français (14 juillet / 1er janvier), ce qui contribue à renforcer la présidentialisation du régime de la Ve République. « Voici que la combinaison du micro et de l’écran s’offre à moi au moment même où l’innovation commence son foudroyant développement. Pour être présent partout, c’est là soudain un moyen sans égal. A condition toutefois que je réussisse dans mes apparitions. [...] Les téléspectateurs regardent de Gaulle sur l’écran en l’entendant sur les ondes. Pour être fidèle à mon personnage, il me faut m’adresser à eux comme si c’était les yeux dans les yeux, sans papier et sans lunettes. [...] Pour ce septuagénaire, assis seul derrière une table sous d’implacables lumières, il s’agit qu’il paraisse assez animé et spontané pour saisir et retenir l’attention, sans se commettre en gestes excessifs et en mimiques déplacées. Maintes fois en ces quatre ans [1958-1962], les Français, par millions et par millions, rencontrent ainsi le général de Gaulle. » Charles de Gaulle, Mémoires d’espoir. I. Le renouveau, 1958-1962, Plon, 1970. Les Etats-Unis sont les premiers à organiser un débat entre les candidats pour les élections présidentielles Au cours des années 1980, les usages de la TV et de l’information à la TV changent pour deux raisons :

  • -  La libéralisation de l’audiovisuel : en France, le monopole de l’Etat sur l’audiovisuel disparaît avec l’apparition de chaînes privées (création de Canal+ en 1984) et privatisation de TF1 en 1986). On assiste depuis à une multiplication de l’offre de chaînes TV, dont beaucoup de chaînes généralistes proposant de l’information (JT, reportages : ceux-ci sont parfois achetés à l’étranger)

  • -  L’apparition des chaînes d’information en continu, sur le modèle de CNN aux Etats-Unis en 1980. France : LCI (groupe TF1) en 1994 ; BFMTV en 2005. La combinaison de la concurrence et de l’information en continu changent le type d’information diffusée : course à l’image, informations en boucle sans réelle analyse, multiplication des émissions spéciales lors d’un événement sensationnel, recherche frénétique du direct avec risques de dérapages. ð La multiplication des chaînes de TV offre-t-elle une réelle diversité de l’information ?

JALON 3 : L’information mondialisée et individualisée : naissance et extension du réseau internet

Le numérique apporte une nouvelle révolution dans l’accès à l’information: la mondialisation et l’individualisation.

A. La naissance du réseau internet

• La révolution numérique : 1969 : première connexion Arpanet, ancêtre d’internet, aux Etats-Unis (système de communication secret de l’ARPA, agence de recherche chargée du programme spatial des Etats-Unis) 1972 : envoi du 1er courrier électronique 1990 : création du World Wide Web, qui ouvre au grand public la communication internet 1998 : création de Google (90% des recherches internet en 2018). 2004 : création de Facebook 2005 : création de Youtube (appartient à Google) 2007 : mise au point du 1er smartphone (Iphone d’Apple) 1997 : création du 1er réseau social aux Etats-Unis

B. Extension du réseau internet : l’information individualisée • Les conséquences : un nouveau bouleversement du rapport à l’information. Internet et ses différents supports (navigateurs, réseaux sociaux ...) deviennent un nouveau média d’information :

  • -  Le réseau social devient un moyen d’information, qui peut être repris par les médias traditionnels : l’information devient alors « virale ». Exemple : le 1er tweet-live à propos de l’amerrissage d’un avion sur l’Hudson à New York en 2009

  • -  Le réseau social peut créer l’événement : rôle de Facebook dans le déclenchement du printemps arabe en Tunisie (2010) et en Egypte (2011). A noter que le phénomène n’est pas totalement nouveau puisqu’en mai 68 c’est la radio périphérique qui jouait ce rôle auprès des étudiants.

  • -  Le réseau social peut lancer un mouvement : le hashtag « Je suis Charlie », devenu un emblème contre le terrorisme ou « Metoo » Internet contribue à la mondialisation de l’information. Mais cette idée doit cependant être nuancée.

L’essor du web est présenté avec insistance comme permettant d’échapper aux logiques dominantes qui organisaient, avant son développement, la production et la circulation de l’information internationale. [..] Le web constituerait à ce titre un nouvel espace « déterritorialisé » pour l’information, dans lequel des individus ou des collectifs, tirant parti des outils du réseau, pourraient contribuer activement, grâce à la possibilité qu’il donne de « s’émanciper de la géographie », à la diffusion à une échelle transnationale des nouvelles. [...] Il est nécessaire de relativiser ces arguments [...]. L’étude quantitative du contenu des pages internationales de pas moins de 223 sites web de journaux et télévisions publiques ou privées dans 73 pays conclut, pour les sites observés, à une « structure très hiérarchisée des flux d’information » : seule « une poignée de pays », principalement des pays du « centre » ou ceux de la « périphérie » en crise, sont couverts, les autres restent largement invisibles. Mieux, on retrouve ces déséquilibres dans l’image du monde qu’offrent les grands agrégateurs d’information, tels que Yahoo ! News ou Google News. Ceux-ci constituent, certes, de nouveaux « agents dominants de l’information » internationale états-uniens, mais qui reconduisent, à leur tour, de bien anciennes inégalités. [...] Chacun « surreprésente » l’actualité relative aux pays développés et se « montre moins à même de couvrir les pays en développement ». Tristan Mattelart, « L’information mondialisée n’existe pas », INAGlobal, site internet de l’INA, 24 octobre 2016. CSQ :

  • -  adaptation des médias traditionnels : recul de la presse, création de presse en ligne (Médiapart), sites internet des chaînes de radios et de TV.

  • -  Fragmentation de l’usage de l’information : communautarisation de l’information et ses dérives.

  • -  Question de la véracité de l’information : les fake news

« Les médias traditionnels fonctionnent avec des règles qui reflètent celles des sociétés démocratiques : ils font entendre différents points de vue, s’attachent à proposer un équilibre dans les sujets qu’ils abordent, à respecter le principe du contradictoire... [...] Autant de principes qui sont étrangers à Facebook. Ce dernier n’a pas été conçu comme un média. C’est « avant tout un service qui vous permet de vous connecter avec vos amis et votre famille », prêche son responsable produit, Chris Cox, proche de Mark Zuckerberg et apôtre de Facebook parcourant le monde entier. Conséquence formulée par sa responsable des relations avec les politiques, Katie Harbath : « Nous sommes agnostiques sur le contenu, nous n’avons pas d’avis éditorial. » [...] En revanche, [le réseau] exerce bien une forme de sélection des contenus, par le biais d’un algorithme. Elle est expliquée dans un document de référence publié en juin par Facebook pour expliciter les « valeurs » du fil d’actualité – ce flux de contenus choisis par un algorithme. [...] La campagne présidentielle américaine a [...] révélé la puissance de ces « filtres ». Aux Etats-Unis, Facebook range ses utilisateurs parmi 98 catégories politiques, afin de pouvoir vendre un ciblage très fin aux annonceurs. En mai, le Wall Street Journal a créé un outil permettant de comparer le fil d’un utilisateur classé comme « très libéral » à celui d’un autre, « très conservateur ». Résultat : deux visions du monde radicalement différentes. Par exemple, sur une question clivante comme celle de l’avortement, le fil « bleu » (libéral) remonte une vidéo des manifestations en Pologne contre son interdiction, tandis que le fil « rouge » (conservateur) renvoie vers une pétition contre le financement public du planning familial. »Par Alexandre Piquard et Alexis Delcambre Publié le 01 novembre 2016 à 15h05 - Mis à jour le 03 novembre 2016 à 07h46 Le Monde.fr

Conclusion : Les bouleversements techniques ont révolutionné au cours des siècles l’accès à l’information, qui s’est massifié et individualisé. Mais la technologie n’explique pas tout : la démocratisation et la société de consommation ont aussi bouleversé le rapport de l’individu à l’information. La révolution numérique, comme la radio et la TV, est à la fois un acteur de ce changement et un reflet du changement de la société dans laquelle elle apparaît.

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