"L’Étranger" d'Albert Camus, (Le meurtre de l’Arabe)


Introduction L'existentialisme est un courant philosophique et littéraire qui postule que les individus créent le sens et l'essence de leur vie par leur action et leur courage. L'existentialisme considère par conséquent chaque personne comme un être unique qui est maître non seulement de ses actes et de son destin, mais également des valeurs qu'il décide d’adopter. Albert Camus, figure emblématique de l’existentialisme, écrit en 1942, L’Étranger, roman faisant partie de ce que l’auteur appelle « le cycle de l’absurde. L’auteur transpose ainsi en roman sa philosophie selon l’existence n’a pas de sens. Dans cet extrait, Meursault, personnage principal du roman, abat un Arabe sur une plage d’un coup de pistolet puis tire à nouveaux autres coups sur son corps sans vie. Le lecteur, reste alors étranger à la psychologie de Meursault, qui perçoit toutefois ses actes et sa conscience d’avoir commis l’irréparable. Aussi peut-on se demander en quoi ce crime gratuit illustre l’absurdité de la condition humaine alors même qu’il s’agit d’un acte libre? 


Plan I - Un crime inexplicable 

1 - L’absence de motivations psychologiques 2 - La succession mécanique des faits et gestes de Meursault II - Dont la dimension tragique 

1 - Le cadre élémentaire et les forces agissantes 2 - De la lucidité à l’aveuglement III - Invite le lecteur à s’interroger sur l’absurdité de la condition humaine 

1 - Un acte libre 2 - Qui conduit au malheur 


I - 


1 - - omniprésence des perceptions sensorielles = « la brûlure » l.4 => sujet = sensation + « mes joues » => le corps » + « j’ai senti » => sensation au coeur de la phrase + « s’amasser » => forme pronominal avec pronom réfléchi = éléments corporels qui s’animent d’eux-mêmes - impression supplante les motivations = « peut-être » l.4 = modalisation => contribue au flou de la situation + « quelques pas » l.2 = pronom indéfini = renforce le caractère incertain de la scène + « c’était comme » l.11 = structure présentative + comparaison => difficulté à définir la scène sans la rapporter à autre chose 

2 - - inéluctabilité de la marche en avant = « j’ai fait un mouvement en avant » l.8 + « en me déplaçant d’un pas » l.9 + « et cette fois » l.10 => coïncidence entre la progression physique + la progression narrative du personnage - « Mais j’ai fait un pas, un seul pas en avant » l.10 = répétition + mise en exergue de la 2e occurrence du nom « pas » => passage à un autre degré qui va entraîner la réaction de l’opposan t qui devient dès lors menaçant - l.20 « ma gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse » = mécanisme du pistolet => asyndète + accumulation de verbe d’action produisent chez le lecteur un effet de ralenti 


II - 


1 - - le cadre élémentaire = 4 occurrences du mot soleil => le soleil renvoie au dieu Apollon + élément connoté en littérature qui renvoie aux oracles + importance des éléments naturels dans ce paysage méditerranéen n’est pas sans rappeler la géographie des tragédies antiques - les forces agissantes = l.11-12 « la lumière a giclé + l.14 « mes yeux était aveuglés » => lumière se retrouve sujet - signes annonciateurs = « c’était le même soleil » + « rideau de larmes » l.14 => théâtre = tragique/ fatalité 2 - - accablement de la lumière = l.15-16 « le glaive éclatant jailli du couteau » + « cette épée brûlante » = armes blanches => torturé par la lumière / elle est synonyme de blessure - désordre métaphysique individuel = « il m’a semblé que »« les cymbales du soleil » l.14 => métaphore = chaos synesthésique / désordre dans les perceptions => éblouissement devient retentissant devient retentissant par cette métaphore - correspond un désordre métaphysique = « le ciel s’ouvrait sut toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu » => vision apocalyptique 


III - 


1 - - acte conscient ou accident = « cette épée brûlante rongeait » => torture physique de ce qui semble pourtant insignifiant - rupture et commencement = « une plage où j’avais été heureux » + « c’est alors que tout a vacillé => plus-que-parfait + structure présentative 

2 - - un acte monstrueux = « j’ai tiré encore quatre fois » + « 4 coups brefs » = répétition du déterminant cardinal appliqués à deux substantifs => rien ne justifie cette répétition de l’acte ce qui lui donne une dimension absurde - qui condamne Meursault au malheur = « je frappais sur la porte du malheur » => imparfait = fin / début d’une nouvelle vie (prison) 



Conclusion:

Camus en ne livrant rien de la psychologie de Meursault au lecteur lui donne à voir un crime dont les motivations lui échappent. Meursault qui semblent mû par des forces supérieures qui l’aveuglent n’est pas sans rapport avec un héros tragique à ceci près qu’il n’a rien d’exceptionnel. Aussi son crime qui malgré les apparences tient plus de l’acte libre que de l’accident pose-t-il au lecteur la question de sa propre existence: agit-on librement? A quel prix sue libère-t-on? Toutes ce questions parcourent le cycle de l’absurde de Camus, dont Le mythe de Sysiphe constitue l’essai philosophique. L'existentialisme est un courant philosophique et littéraire qui postule que les individus créent le sens et l'essence de leur vie par leur action et leur courage. L'existentialisme considère par conséquent chaque personne comme un être unique qui est maître non seulement de ses actes et de son destin, mais également des valeurs qu'il décide d’adopter. Albert Camus, figure emblématique de l’existentialisme, écrit en 1942, L’Étranger, roman faisant partie de ce que l’auteur appelle « le cycle de l’absurde. L’auteur transpose ainsi en roman sa philosophie selon l’existence n’a pas de sens. 



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