L'argumentation.


Séquence I – La question de l’Homme – Groupement de textes


La condition féminine aux XVIIème e XVIIIème siècles


Lecture analytique : Texte 1


MOLIERE, Les femmes savantes, Acte I scène 1, 1672


1. Contexte

· Pièce répondant à un phénomène de mode : le phénomène des salons, qui étaient tenus par des précieuses.

· La préciosité vient du mouvement baroque (fin XVIèmeau milieu du XVIIème).

· Le mouvement baroque veut susciter l’admiration : il n’y a pas de règles et les phrases sont généralement atrocement enrichies de procédés stylistiques (on évite ce qui est droit) ; c’est l’ornementation à l’extrême.

· Comme tous les mouvements, le baroque a connu ses excès : la préciosité est l’un d’eux (raffinement à l’excès de la manière de vivre et de parler). Quelques us des précieux sont encore d’actualité aujourd’hui (disposition de la table, notamment).

· En parallèle au mouvement précieux, lessalons de curiosités se développent. Ceux-ci sont tenus par des femmes ayant à cœur de se cultiver et devenir savantes.

· L’expression « femme savante » est déjà méprisante (chien savant, singe savant).

2. Repérage

· « union » (v. 4), « douceurs » (v. 5), « tendresse » (v. 6) : champ lexical du mariage

· Questions négatives

· « Mon Dieu » : apostrophe à Dieu qui marque un étonnement profond

· « un étage bas » : insulte qui signifie qu’elle considère sa sœur comme une sotte, son esprit ne vaut pas grand-chose.

· « que vous jouez au monde un petit personnage » : pour les baroques, nous sommes en perpétuelle représentation et le rôle d’Henriette est insignifiant.

· « petits », « bas » : adjectifs abaissants.

· « claquemurer » : mot familier et agressif (signifie s’enfermer)

· « le ménage » : la vie familiale, domestique

· « touchants » : exaltants

· « idole d’époux » : réduction du mariage au fait d’idolâtrer un époux

· « marmots d’enfants » : comprendre incapable de s’exprimer (infans, infantis : qui ne parle pas). Pour Armande, c’est impensable de passer sa journée avec des êtres non doués de parole.

· « Laissez aux gens grossiers » : impératif

· « bas amusements » : deuxième utilisation du terme « bas ».

· « ces sortes » : l’adjectif et le pronom démonstratif sont souvent à connotation péjorative.

· Henriette s’oppose à Armande en ce qu’elle s’exprime calmement et poliment.

· « élevez vos désirs » : impératif très appuyé…

· « Songez » : même chose

· « des plus nobles plaisirs » : opposition entre les plaisirs bas du ménage et ceux du savoir, qui sont élevés.

· « les sens et la matière » : s’opposent à l’âme et l’esprit, Armande conseille à sa sœur de délaisser la part charnelle d’elle-même pour se concentrer sur les choses spirituelles.

· « comme nous » : 1èrepersonne du pluriel qui se réfère également à sa mère et sa tante.

· « tâchez » : impératif ; « aspirez » aussi.

· « aspirez aux clartés » : métaphore de la connaissance et de la lumière (lumière = connaissance et obscurité = ignorance).

· L’obscurantisme : maintenir volontairement certaines personnes dans l’ignorance ; l’Eglise l’a fait à la perfection, les femmes ont également subi l’obscurantisme. Il peut passer par l’accréditation de certaines légendes.

· « clartés qui sont dans la famille » : sous-entendu, prenez modèle sur moi (elles ne sont que trois dans la famille !).

· « l’amour de l’étude » : opposé à l’amour du mariage.

· « aux lois d’un homme » : une femme passe de l’autorité d’un père à celle d’un mari, sans transition. Le seul moyen d’acquérir de la liberté est de devenir veuve ! Les filles sont choisies pour leur allure par le mari. Une femme mariée ne sort jamais seule.

· « mariez-vous, ma sœur, à la philosophie » : première allusion d’Armande au mariage. La philosophie est à prendre au sens étymologique : l’amour de la sagesse et de la connaissance.

· « Qui nous monte au-dessus de tout le genre humain et donne à la raison l’empire souverain » : la 2Ëphilosophie est au-dessus des Hommes et dirige absolument tout (l’Empire souverain : le commandement absolu).

· « Soumettant à ses lois la partie animale dont l’appétit grossier aux bêtes nous ravale » : Armande réfute le fait qu’elle soit un mammifère.

· « beaux feux » : amours (feu = amour).

· « doux attachements qui doivent de la vie occuper les moments » : il faut se tourner uniquement vers le savoir et la connaissance.

· « Et les soins où je vois tant de femmes sensibles me paraissent aux yeux des pauvretés horribles »

· « Le Ciel » : métonymie mise pour Dieu ; il s’agit d’une figure de remplacement (quelque chose ou quelqu’un par le lieu où le trouver, l’objet par la matière, l’objet par sa marque, le contenu par le contenant, etc… Attention : lorsque le tout est remplacé par la partie, c’est une synecdoque). L’intérêt est d’éviter un mot (pas de répétition, éviter la censure en étant implicite à coups de sous-entendu ou être délicat, effet poétique, focaliser sur un aspect de l’objet).

· « que l’ordre est tout-puissant » : dont les décisions sont toutes puissantes.

· Henriette dégaine un argument d’autorité pour expliquer que Dieu a créé la femme non pas pour être savante mais pour procréer.

· « étoffe », « taillée » : métaphore filée expliquant que Dieu ne ‘coud’ pas tous les esprits de la même manière.

· « spéculations » : hypothèses sans certitude, en opposition aux « élévations » d’Armande.

· « pour aller terre à terre » : Henriette revendique sa préférence pour les relations humaines.

· « Ne troublons point » : impératif adouci par la 1èrepersonne du pluriel, Henriette s’inclut systématiquement.

· « de nos deux instincts suivons les mouvements » : H. demande à sa sœur de la laisser tranquille, mais elle le dit calmement.

· « grand et beau génie, les hautes régions de la philosophie » : trop d’adjectifs mélioratifs àironie.

· « les terrestres appas » : H. préfère les plaisirs du mariage plutôt que ceux du savoir.

· « l’une à l’autre contraire » : relever les antithèses précédentes.

· « grossiers plaisirs » : Henriette se moque de sa sœur en exagérant ses propos.

· La démarche d’Henriette semble concessive mais elle ne l’est pas.

Molière milite pour Henriette mais n’est pas un grand féministe : il veut bien qu’elles soient un peu instruites mais pas trop quand même…

3. Axes d’interprétation

Ø L’argumentation des deux personnages (attention : risque de plan très desséché)

Ø La scène d’exposition

Ø Deux visions de la condition féminine

Ø Comment Molière [critique-t-il/donne-t-il un avis sur] [les femmes savantes/instruites/l’éducation des femmes] ?

Ø Deux sœurs qui s’affrontent (opinions, langage)

Problématique : Comment Molière [critique-t-il / donne-t-il un avis sur] [les femmes savantes / instruites / l’éducation des femmes] ?


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Plan détaillé :

I- Une critique des femmes savantes qui passe par celle d’Armande

1. Une femme hautaine

Armande se place au-dessus de sa sœur : impératifs, qualificatifs « bas », « vulgaire », petit », « claquemurer »

2. L’étroitesse d’esprit

Compare tout avec la science et se soucie peu du point de vue de sa sœur

3. Un déni des choses du corps

Champs lexicaux du dégoût pour le mariage et de la grâce pour la science

II- Henriette, la douceur du rationalisme

1. Un langage doux

Questions rhétoriques, impératifs de la 1èrepersonne du pluriel

2. Des procédés qui indiquent l’intelligence

Reprend les formules de sa sœur pour se justifier

3. Une volonté de se marier

Champ lexical du mariage et des termes mélioratifs

III- La vision de Molière

1. Molière engagé auprès d’Henriette

CORRECTION DU PREMIER AXE : L’argumentation des deux personnages

Clémentine etStanislas

I. L’argumentation d’Armande

1. Armande impose son point de vue

1. Une femme autoritaire (impératifs d’ordre et ponctuation expressive)

2. Une femme agressive (attaques personnelles : pronom « vous » pour désigner sa sœur)

2. Armande méprise la thèse opposée

1. Utilisation d’un vocabulaire péjoratif, insultant, humiliant (champ lexical de l’enfermement et insultes)

2. Sentiment de supériorité (antithèse haut/bas)

II. Henriette, une femme plus savante qu’elle n’y paraît

1. Une argumentation construite subtilement

a. Avec finesse (figures de style, métonymies, usage de l’implicite)

b. Avec ironie (utilisation de l’exagération)

2. Une argumentation intelligente

a. Réutilisation des propos d’Armande (reprise des métaphores, exemple de Philaminte)

b. Arguments d’autorité (référence à Dieu, concession)

c. Syllogisme

CORRECTION DU DEUXIEME AXE : En quoi est-ce une scène d’exposition

Céleste

I. Présentation des personnages centraux

1. Armande, une femme savante

a. Champ lexical de la hauteur

b. Métaphore filée de la lumière

2. Henriette, une future épouse

a. Références du quotidien (métaphores)

b. Champ lexical du mariage, de la sensualité

3. Evocation de Philaminte la mère

II. Présentation de l’intrigue et des thèmes évoqués

1. Le mariage

2. La connaissance et le savoir des femmes

III. Annonce de la tonalité comique

1. L’ironie

2. Le comique de caractère et de situation

a. Duel de femmes (controverse des femmes) qui suscite l’intérêt

b. Intérêt provoqué par le mariage à venir

c. Philaminte est présentée comme un personnage merveilleux.

En conclusion, préciser que cette scène d’exposition est incomplète.

CORRECTION DU TROISIEME AXE : Deux visions de la condition féminine

Eléonore

I. Une femme instruite et indépendante

1. L’égale de l’homme du point de vue intellectuel

a. Un vocabulaire riche (construction des femmes)

b. Une assurance intellectuelle (ton hautain, impératifs, modalisation forte [manière de tourner ses phrases avec des adverbes et des nuances dans les temps])

2. Une vision d’une femme rebelle qui n’accepte pas sa condition

a. Ponctuation des phrases marquant l’emportement

b. Impératifs

c. Violence verbale (antithèses, métaphores, phrases péjoratives)

II. La femme traditionnelle qui accepte sa condition

1. Vision positive du mariage

a. Champ lexical du mariage, termes mélioratifs

b. Référence à la sensualité et aux plaisirs terrestres

2. Volonté divine

a. Argument d’autorité

CORRECTION DU QUATRIEME AXE : Comment Molière [critique-t-il/donne-t-il un avis sur] [les femmes savantes/instruites/l’éducation des femmes] ?

Constance

I. La femme savante incarnée par Armande

II. Le propos subversif d’Armande, qui pourrait bouleverser

1. Rejette le modèle familial traditionnel

a. Vocabulaire péjoratif

2. Mariage = esclavage

3. L’esprit au-dessus de tout

Contraste entre les discours d’Armande et Henriette.

C’est sur Armande que repose le critique de caractère : on rit avecHenriette et on rit d’Armande.

CORRECTION DU CINQUIEME AXE : Deux sœurs qui s’affrontent

Mathildeet Natacha

I. Deux sœurs qui s’opposent par leur langage

1. Opposition par le vocabulaire

a. Vocabulaire dévalorisant mais riche d’Armande

b. Vocabulaire fin et imagé, du plaisir d’Henriette

2. Opposition par leurs syntaxes

a. Armande accuse sa sœur (« vous » ad hominem)

b. Henriette emploie le « nous » à valeur universelle

3. Par la syntaxe

a. Par les types de phrases (Armande àphrases exclamatives, Henriette àphrases affirmatives)

b. Valeurs des temps (impératifs de A)

II. Leurs concepts de la condition féministe

1. Le mariage

2. L’instruction

a. Seule échappatoire des femmes et condition de la liberté (A)

b. Se contente des bases (H) : l’érudition n’est pas un but

c. Biologie féminine refusée par A.


Lecture analytique : Texte 2


VOLTAIRE, « Femmes, soyez soumises à vos maris », Mélanges, pamphlets et œuvres polémiques, 1759-1768.

1. Contexte

· Voltaire : philosophe des Lumières.

· Il utilise divers moyens, parmi lesquels des apologues, des contes philosophiques.

· Il se sert ici du personnage de Madame du Châtelet (à voir au texte 4) dont il était l’ami et l’amant. C’est une femme savante qui a choisi de cultiver son esprit.

· Voltaire est allé en prison plusieurs fois. Il s’est installé à Ferney (seul village de France portant le nom d’un homme) afin de pouvoir publier ses œuvres les plus controversées en Suisse.

2. Analyse du texte

· « Fort impérieuse » : très autoritaire, directive.

· « elle avait d’ailleurs de très grandes qualités » : en opposition à impérieuse, cela souligne ses défauts plus que ses qualités.

· Femme aux grandes qualités morales.

· « son mari la respectait » : c’est le mieux que puisse espérer une femme dans cette époque très licencieuse (l’adultère masculin était totalement autorisé : le roi en avait ; la femme n’en avait pas le droit). Voltaire dit tout haut que c’était une femme formidable du fait de la pluralité de ses amants.

· « ses amants […] respectait » : rythme ternaire qui met chacun en valeur

· « amusements qui occupent sérieusement » : antithèse. Voltaire alterne les compliments et les méchancetés à l’égard de cette femme.

· lignes 10 à 13 : cela signifie que personne ne lui a donné d’éducation adéquate : retour au problème de l’éducation.

· « les intérêts de son cœur » : ses amours.

· « l’âge on l’on dit que les belles femmes passent d’un trône à l’autre » : elle devient vieille mais reste une belle femme. Elle passe du trône de reine de beauté à celui de reine de l’esprit. Il s’agit environ de 30 ans. La figure employée est une périphrase (fait le tour de).

· « le bon goût » : il s’agit ici de Racine. Une longue énumération d’éloges à son égard s’ensuit.

· lignes 21-22 : sorte de naïveté propre à celui qui n’a pas reçu d’éducation.

· lignes 25 à 30 : Inculture religieuse terrible de Madame la maréchale, ou alors elle n’a pas fait le lien… prise de liberté.

· « fait voir du pays » : franc-parler, langage parfois familier, phrases interrogatives ou exclamatives : cela renvoie à un fort caractère.

· « soumission » : mot fort

· « maladie de neuf mois parfois mortelle » : grossesse. C’est une métaphore choquante mais pas forcément erronée. La mortalité en couche est extrêmement élevée.

· « pour me plaider quand il sera majeur » : le fils a davantage de pouvoir juridique que sa mère ; il peut lui intenter un procès s’il le souhaite.

· « incommodités très désagréables pour une femme de qualité » : il s’agit ici des mensurations. Les femmes de qualité ne pouvaient pas, à l’inverse des femmes non nobles, mettre de pantalons pour avoir une démarche plus aisée.

· « l’union » : l’esclavage.

· « Quoi ! » : marque de la vigueur de son discours.

· lignes 48 à 50 : raisonnement par l’absurde : toute la puissance ne réside pas dans un poil ! (il s’agit au passage d’une métonymie. Le fait qu’elle rebondisse dessus souligne son intelligence.

· « un coup de poing mieux appliqué » : la supériorité de l’homme pourrait ne tenir qu’à sa violence.

· La loi salique : une femme de peut pas régner. Cette loi ne s’applique qu’à la France. Aussi, en Russie (Catherine II) ou en Angleterre (Elisabeth I) des femmes qui ont régné. C’est un argument par l’exemple et d’autorité.

· « Autant de bienfaits qu’elle a de Lumières » : clin d’œil au mouvement éponyme venu d’Allemagne.

· « des imbéciles » : le clergé.

· « oser suivre ce modèle » : elle demande l’égalité des sexes.

· « l’abbé […] maréchale » : sous la plume de Voltaire, cela signifie qu’il avait peur d’elle et bien trop bête pour lui répondre.

· « je me doutais bien que c’était un hérétique, dit la maréchale » ; et elle se remit à sa toilette » : on brûlait des gens pour hérésie à tout va : il suffisait d’une simple dénonciation. Le fait qu’elle retourne à sa toilette témoigne de sa naïveté…

3.Axes d’analyse :

A. Une critique des mœurs

B. Le portrait d’une femme extraordinaire

C. Une argumentation directe par l’apologue

D. La transmission des idées des Lumières (sur l’éducation, la religion…)

Axe : La transmission des idées des Lumières (sur l’éducation, la religion…)

I. Les idées des Lumières

1) A propos de l’éducation

Les sources citées par la maréchale tout comme sa naïveté témoignent de son éducation imparfaite

2) Sur la religion

Le personnage de l’abbé

La critique de Saint-Paul

II. La place de la femme dans la société

1) La domination des hommes

2) La grossesse

3) Une femme relativement privilégiée et au caractère fort

CORRECTION DU PREMIER AXE : Un texte typique des Lumières

Raphaël V.

A. Le fond

I. Ce que les Lumières veulent promouvoir

1) L’honnêteté et la vérité : des vertus primordiales

àmessage de Voltaire

2) L’égalité entre les hommes et les femmes

3) La nécessité de l’éducation

4) Le despotisme éclairé

II. Ce que les critiques veulent dénoncer

1) La religion et le clergé

2) La soumission des femmes aux hommes

3) L’obscurantisme

B. La forme

I. Un apologue

1) Une histoire plaisante

2) Un personnage attachant

3) La transmission des idées

II. L’ironie et le second degré voltairiens

III. Toutes les ressources de l’argumentation (convaincre et persuader)

CORRECTION DU SECOND AXE :le personnage de la maréchale

Rosalie

I. Une femme d’esprit

1) Nombreuses qualités intellectuelles

àCulture des grands auteurs

àDes capacités d’argumentation

àArt oratoire

2) Des qualités morales

àFranchise

àAudace

II. Qui s’impose comme une femme rebelle

1) Rappels des difficultés inhérentes à la condition féminine

2) Rébellion contre la domination masculine

3) Critique de l’Eglise

La maréchale de Grancey défend la condition féminine autant qu’elle lui nuit.


Lecture analytique : Texte 5


Albert CAMUS, Noces à Tipasa inNoces, 1938


1. Contexte

· Albert Camus est un écrivain français né en Algérie d’une famille pieds-noirs, revenu en France durant la 2GM.

· Homme passionné de théâtre (il avait une troupe de théâtre) et de journalisme (créateur de la revue Combat !).

· Fondateur du mouvement de l’absurde. Est absurde ce qui n’a aucun sens et Camus pense que notre vie n’a aucun sens et qu’il faut l’intégrer pour être heureux et admet que la vie est injuste.

· La génération de Camus est arrivée à l’âge adulte durant la seconde guerre mondiale. Son père était mort en 1914 et son grand-père en 1870.

· Camus dit qu’« il faut penser Sisyphe heureux ». Il a écrit des textes en prose poétique (texte dont le style est poétique sans pour autant être écrit en vers ; à noter que la poésie est caractérisée par des harmonies sonores, des rythmes et des images frappantes ou originales)

· Tout doit-il être expliqué en poésie ?

2. Lecture analytique

· Accents lyriques

· Les soupirs tumultueux font référence au vent.

· Ecraser les absinthes dégage un odeur très puissante : odorat stimulé.

· « Concerts d’insectes somnolents » : ouïe stimulée

· « J’ouvre les yeux » : la vue arrive.

· « Caresser les ruines » : et maintenant le toucher

· « Ciel gorgé de chaleur » : Camus décrit beaucoup le ciel et l’atmosphère d’Afrique du Nord. La vibration de l’air est due à la chaleur.

· « Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est » : on est trois personnes : celle qu’on pense être, celle que les autres voient et celle qu’on voudrait être. C’est difficile de faire en sorte que les trois soient identiques. Devenir ce qu’on est, c’est cesser d’adopter des comportements qui ne nous correspondent pas. Camus indique par-là que sa sensibilité ne correspond pas à la pression sociale.

· « sa mesure profonde » : ce qu’on est véritablement par rapport à la société, au monde, à l’univers. Camus entend par là qu’il se sent une part de l’univers (environné par tous les éléments naturels).

· « échine solide » : montagne personnifiée.

· Le paysage apaise Camus, qui a l’impression d’être ce qu’il est. Sentiment d’être apaisé en regardant la nature et en pensant à sa nature profonde.

· « les colonnes mesurent la course du soleil » : personnification des colonnes qui sont ici figurées comme des cadrans solaires.

· Les villages d’Afrique du Nord sont blancs pour de nombreuses raisons : éloignement des insectes et repoussement de la chaleur.

· « blanc », « rose », « vertes » : nombreuses couleurs et retour du sens visuel.

· « basilique » : elle est chrétienne et n’est plus en fonction.

· « sarcophages exhumés » : soit des recherches archéologiques, soit lieu profané.

· « participent encore » : se désagrègent lentement. Ils ont la couleur du paysage et y participent.

· « sauges et ravenelles » : la nature a repris ses droits sur la mort.

· « ont contenu » : passé // « poussent » : présent

· « mélodies du monde » : étant désaffectée, elle n’est plus un symbole chrétien et, à travers ses ouvertures, elle laisse voir le monde.

· « coteaux plantés de pins et de cyprès » : végétation typique de la Méditerranée (pins). Le cyprès est l’arbre emblématique d’Hadès.

· « ses chiens blancs » : les vagues. Cela renvoie aux vagues évidemment mais pas de grosses vagues. D’un point de vue mythologique, on peut affilier cette métaphore à Poséidon.

· « un grand bonheur se balance dans l’espace » : notion de l’air. Le bonheur est ambiant, il est dans l’air qu’on respire. [Le bonheur peut également se trouver dans la simplicité (carpe diem)].

· « échine du Chenoua » : allitération.

C’est toujours difficile d’analyser les assonances et les allitérations. Pour les comprendre, il y a deux moyens : les imitatives et les évocatrices. Les jeux sonores imitatifs cherchent à reproduire ce dont on parle et les jeux sonores évocateurs nous évoquent, personnellement, un sentiment (comme le prénom Simon).

Ce texte est une invitation à s’écouter et à se laisser aller à ses sensations.

3. Axes de lecture

Ø Un texte poétique, lyrique

Ø Un texte évocateur

Ø Une définition du bonheur (simple, nature)

AXE : L’expression du bonheur

I. Le bonheur simple et naturel

1. La notion du « carpe diem »

a. Présence et personnification des éléments (« échine du Chenoua », « soupirs tumultueux »)

b. Paysage coloré (« murs blancs et roses », « vérandas vertes »)

c. Chaleur ambiante (champ lexical de la chaleur)

2. Le bonheur dans les sens

a. Bonheur visuel

b. Bonheur olfactif (et gustatif)

c. Bonheur du toucher

II. Un texte poétique et lyrique

1. Texte en prose poétique

a. Harmonie sonore (allitérations)

b. Rythme (rythmes ternaires)

c. Images (comparaisons, métaphores)

2. Texte lyrique

a. Emploi de la première personne

b. Emploi de superlatifs

AXE : Le bonheur simple

I. La communion entre l’homme et l’environnement

1. Présence de la nature

a. Les quatre éléments sont représentés (eau, feu, air, terre)

b. Les végétaux

c. Les minéraux

2. Présence de bâtiments multiculturels (communion avec la terre et son passé) / Poids du passé

a. Village, basilique, sarcophages, ruines romaines

3. Communion entre l’homme et la nature

a. Métaphore de la respiration (pers. du vent), présence de l’air

b. Champ lexical de l’accueil et de l’ouverture, apaisement du personnage (s’ouvrir à)

c. Le calme du personnage gagne le promeneur (s’intégrer, s’accomplir)

Transition : le renvoi aux nocesqui sont évoqués dans le titre du texte : elles évoquent les cinq sens et la communion.

II. Un bonheur lié aux sens

1. Présence des cinq sens

a. Le bonheur tactile

b. Le bonheur visuel (surligné en jaune dans le texte)

c. Le bonheur auditif

d. Le bonheur olfactif

2. Des sensations positives

a. Que des phrases affirmatives (pas de négations)

b. Vocabulaire mélioratif

Présent de vérité générale (ou d’éternité) et d’imparfait : temps qui ont une valeur durative, l’action est considérée dans son déroulement (il pleuvait). En opposition à l’imparfait, le passé simple (qui équivaut au parfait) évoque une action terminée. L’utilisation de l’imparfait évoque l’arrêt du temps.

III. Un texte poétique (tous les critères)

1. Les harmonies sonores

a. Allitérations évocatrices et imitatives (l’échine du Chenoua)

b. Assonances

2. Les rythmes

a. Rythmes ternaires (syntaxe)

b. Ponctuation expressive qui oblige à accélérer le rythme

3. Les images

a. Personnification des colonnes (elles mesurent la course du Soleil)

b. Personnification de la mer et de la montagne (renvoi au I.2)

c. Métaphore de la « mélodie du monde »

4. Une tonalité lyrique

a. Expression du moi

b. Expression/Description des sens associés à des connotations positives

c. Expression de sentiments forts (expressions emphatiques « que d’heures ! », champ-lexical du bien-être)


Transcendance (« il n’est pas facile de devenir ce qu’on est »). Cela peut faire office de transition ou de conclusion.

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