"L’aveu de Camille et Perdican" Alfred de Musset


Fiche de Daniel, élève en Terminales S au lycée Sainte-Croix.


Séance 6 : L’aveu de Camille et Perdican


Objectif : Connaître un aveu complexe


I - Définition


Selon le Trésor de la Langue Française (TLF), un proverbe est « une sentence courte et imagée, d’usage commun, qui exprime une vérité d’expérience ou un conseil de sagesse et auquel se réfère le locuteur. »

Par extension, le proverbe peut être « une phrase qui contient une sentence et qui exprime une vérité générale. »

Proverbe : comédie qui a pour fonction d’instruire


III - Commentaire


Cet extrait est le dénouement de On ne badine pas avec l’amour, proverbe d’Alfred de

Musset publié en 1834. Camille et Perdican sont deux jeunes gens qui ne cessent de donner le change à leurs sentiments l’un pour l’autre. Ils jouent. Et dans leur jeu tragique, ils entrainent avec eux l’innocente Rosette. Les deux dernières scènes sont le dénouement du proverbe. Camille et

Perdican s’avouent leur amour, tandis que Rosette vit la scène derrière l’autel.

Problématiques possibles : En quoi cet extrait est-il le dénouement de la pièce ? En quoi cet aveu

marque-t-il l’aboutissement de la pièce ? En quoi ces scènes illustrent-t-elles le titre du proverbe ?

Pourquoi peut-on dire que ce dénouement est complexe ? En quoi cette scène donne-t-elle sens au

titre de la pièce « On ne badine pas avec l’amour » ?

Problématique choisie : Pourquoi peut-on dire que ce dénouement est complexe ?


I - Un aveu


A - Un dialogue complexe

Camille ne peut plus contenir ses sentiments : « Pourquoi suis-je si faible ? » (ligne 10).

Reprise de la tournure de Perdican pour l’aveu (ligne 30).

Scène confuse : un aveu, mais trois personnages, des entrées et des sorties constantes.

Dialogue adressée tant à l’autre, qu’à Dieu.

Faux dialogue, puisque Rosette est présente : mise en abîme du théâtre.


B - Un aveu ambigu

Dans l’oratoire : lieu de prières et de recueillement : « mariage ».

Propice à l’intimité et à la confrontation avec le secret de la conscience.

Mais ce lieu est témoin d’un double parjure : Camille s’était engagée à porter le voile, et Perdican a promis le mariage à Rosette.


II - Un jeu tragique


A - Des enfants pris dans un destin tragique

Non prise de conscience du jeu tragique qui se joue

Mention de la tragédie : Dieu et le destin

Ils s’aiment : rapprochement, mais la destinée en veut autrement : mort de Rosette, séparation

définitive : « on ne badine pas avec l’amour ».


B - L’Orgueil humain

L’orgueil est mentionné à plusieurs reprises.

Orgueil : responsable des malheurs des hommes.

Monologue destiné à être entendu par Camille (ligne 16).


III - Un proverbe


A - Une structure

Importance des didascalies.

Retour sur le passé : importance du passé composé. Ce présent s’oppose au présent.

Un dialogue nécessaire à l’aveu : passage du conditionnel passé (irréel du passé) à l’indicatif

présent : effectif : Roméo et Juliette : je et tu au nous.

Dialogue adressé à Dieu : deux adresse, qui convergent ensuite dans le baiser : lignes 27 et ligne 34.

Tragique de la scène finale : Attente de Perdican et annonce de Camille : Macbeth.


B - « On ne badine pas avec l’amour »

Par orgueil, responsabilité de la mort de Rosette : didascalie ligne 34.

Langage = mal

L’amour est divin, sublime, céleste et sacré, on ne joue pas avec : cf. la réplique de Perdican, Acte

II, scène 5. Et amour métaphore : caractère précieux des bijoux et nature. Métaphore filée de la mer

(méliorative).

Importance du registre lyrique pour exprimer une vision de la vie humaine : « vanité » et

« colère » (ligne 26), interjections (lignes 19, 20 et 21), la nature (liges 11 à 28).

Rosette est la victime de cet amour avec lequel on a badiné.

Champ lexical du crime et de la culpabilité.

Sens du proverbe : Rosette est victime d’un jeu amoureux et d’un badinage léger et cruel.


Conclusion : Un aveu qui est dénouement. Mort d’un des personnages concernés. Usage du

Proverbe.

Ouverture : L’aveu au théâtre peut parfois marquer l’adieu de deux personnages : dans Le mariage de Figaro, Chérubin part à l’armée et ne reverra pas la Comtesse avant une autre pièce, dans Phèdre, le personnage éponyme et Hippolyte meurent.

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