L'homme en société au XVII siècle, + "Les Maximes de La Rochefoucauld"

Séquence 1 : L’homme en société au XVII° siècle

Objet d’étude : La question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVIe siècle à nos jours.

Problématique : Quel regard portent les auteurs du XVII° siècle sur l’homme en société ?

Objectifs :

- Connaître l’homme du XVII° siècle en société

- Connaître le genre de l’argumentation (1)

- Connaître la méthode de la question de corpus

- S’initier à la méthode de la dissertation


Séance 1 : Introduction à l’argumentation


Objectif : Etudier le genre de l’argumentation (1)

(Que signifie le terme « argumentation » ?)


I - Définition

- Argumentation< argumenter < arguo, ui, atum, ere, tr. : montrer, prouver ; dévoiler,

mettre en avant (avec une idée de reproche, d’inculpation), dénoncer ; inculper avec preuve (faire la

démonstration d’une culpabilité) ; convaincre d’erreur (une personne) ; puis, argumente, i, n.,

argument, preuve ; enfin, argumenter, abus sum, ari, apporter des preuves, raisonner sur des

preuves, argumenter (int.), (tr.), produire comme preuve.

-> nécessité de montrer, de prouver, quelque chose à quelqu’un.

Le discours argumentatif permet à propos d’un thème (un sujet), de soutenir une thèse (un

point de vue, une opinion, une prise de position tranchée ou nuancée), qui réponde à une

problématique (c’est-à-dire, une question qui prête à discussion, un point, sur lequel on s’interroge).

L’objectif : que l’adversaire adopte la thèse soutenue, soit pour modifier son opinion ou son

jugement, soit pour l’inciter à agir.

NB : Différence entre interlocuteur et destinataire : interlocuteur (inter - loquor : interrompre ;

nécessité donc d’un dialogue) ; quand il n’y a pas de dialogue (dia - logos), attention à bien parler de destinataire. Possibilité également d’avoir non pas un interlocuteur, mais un émetteur ou un énonciateur (locuteurs qui parlent respectivement sans s’interrompre l’un l’autre ; chacun représenteune opinion ; les arguments incarnés en un personnage rapportent une vision très singulière et peuvent être illustrés de l’expérience du locuteur).

II - Trois verbes

- convaincre

- persuader

- délibérer

- Convaincre : étymologie, de cum et vincere en latin (cum, ici exprime l’idée

d’accompagnement, marqueur de la relation avec quelqu’un et vincere, vinco, vici, victum, ere, tr.,vaincre à la guerre). Forcer quelqu’un par des raisons à reconnaître une idée (raison ; idée depreuve est importante).

Les arguments donc sont à présenter de façon ordonnée, illustrés d’exemples. Sous forme

d’un plan ou d’une progression argumentaire (souvent de l’argument le moins important au plus important).

- Persuader : étymologie, de per et suadere (per exprime l’idée de passage et suadere,

suadeo, suasi, suasum, ere, int., conseiller, donner un conseil). Faire croire, discours qui fait appel aux sentiments, aux émotions (peur, colère, joie, tristesse), à l’affectivité.

Une argumentation doit donc se fonder sur des valeurs communément admises, des

références culturelles. Un discours se doit d’être à la fois expressif et impressif transmission

d’émotions et impression faite sur le destinataire).

-> Deviner d’ores et déjà l’aspect manipulateur possible.

- Délibérer : étymologie de de et librare (de, au sujet de et librare, libre, as, are, avi, arum,

peser avec une balance). Résoudre une question en pesant des arguments.

Une argumentation, donc, en ce sens, doit examiner les différents aspects.

III - Texte : « Le Loup et l’Agneau », Jean de La Fontaine, Fables, livre I, 10.

IV - Bilan

L’argumentation permet à l’émetteur d’une thèse de soutenir celle-ci et de faire en sorte que

le destinataire l’adopte. Pour cela, l’émetteur choisira une stratégie d’attaque. En effet, ce dernier ale choix de procéder par persuasion, conviction ou délibération, afin de parvenir à ses fins.


Séance 2 : Introduction à l’argumentation (2)


La Rhétorique

Objectif :

- Etudier le genre de l’argumentation (2) : la rhétorique

I - Petit historique de la rhétorique

1) Les origines

Dans la seconde moitié du V° siècle avant Jésus-Christ, la Grèce est le théâtre de la

rationalité. La cité athénienne est devenue par sa puissance et son hospitalité, le grand centre

intellectuel de tout le monde grec. Une nouvelle profession, riche de promesses, voit le jour :

professeur de sophistique (Protagoras, Gorgias). Les sophistes furent les premiers maîtres à former

les jeunes gens dans l’art de manier raisonnements et arguments et les qualifier ainsi pour leur vie de citoyen, vie nécessairement publique, d’où l’origine orale de l’argumentation.

2) Les premiers traités de rhétorique : Aristote, Cicéron et Quintilien

IV° siècle avant JC : Aristote et sa Rhétorique : analyse des effets psychologiques produits

par la parole, les discours, sur les destinataires, les attitudes à adopter vis-à-vis de son auditoire, leseffets de style, les structures de raisonnement. Insistance sur le caractère transdisciplinaire (tous les domaines sont concernés).

I° siècle avant JC : Cicéron : De Oratore et Orator : Réflexions sur sa pratique d’avocat. De

même, importance de la rhétorique dans la vie de citoyen romain.

I° siècle après JC : Quitilien : De Institutione Oratoria : somme de savoir rhétorique de

l’Antiquité classique ; sorte de traité d’éducation plaçant l’apprentissage de la technique rhétorique au centre de la formation de tout individu.

3) Controverse

Platon (Gorgias), définit la rhétorique comme un art élaboré du mensonge.

Pour Cicéron et Quintilien : le véritable orateur doit être un homme de bien et la véritable

éloquence doit aller de pair avec la conscience morale.

II - Les trois genres de rhétorique et sa fonction

NB : Le terme « genre » employé ici selon la conception aristotélicienne de la rhétorique, est à

entendre différemment de genre littéraire (roman, théâtre, poésie,…). Le terme « genre », ne fait pas

ici référence à une forme particulière de discours, mais à la fonction qu’exerce ce discours, le terme

« discours » étant lui-même à entendre non pas en tant que prestation orale, mais en tant qu’ « écrit

littéraire didactique (de διδάσκω, enseigner) qui traite d’un sujet en le développant méthodiquement

(=exposé, traité).

1) Le genre judiciaire

Un discours dont la fonction est d’accuser ou de défendre ; lieu : tribunal ; valeurs évoquées,

: celles du juste et de l’injuste ; notamment dans la tragédie : abondance de situations de conflits.

Les personnages tragiques sont en effet souvent amenés à se justifier, à accuser, ou à se disculper.

2) Le genre délibératif

Il s’agit d’un discours qui présente de manière logique et structurée, les différentes thèses et

les différents arguments qui s’opposent dans un débat. Présent dans divers genres littéraires.

3) Le genre démonstratif (épidictique (ἐπιδειξις, εως (ἡ) : exhibition, déclamation de

δείκνυμι, montrer)

Il s’agit d’un discours dont la fonction est de louer, blâmer ou plus généralement, d’instruire.

On le retrouve dans :

- la poésie lyrique (poète chante la beauté de la Dame)

- la poésie officielle (grandeur d’un monarque)

- la poésie religieuse (grandeur de Dieu : une hymne ou un panégyrique

NB : une hymne religieuse, un hymne national et panégyrique : discours à la louange dune personne

illustre, d’une nation, d’une cité

- l’apologie (défense d’une doctrine ou d’une personne)

- la caricature (portrait négatif, en grossissant les traits de l’individu dépeint)

- l’épigramme (poème bref qui se termine par une pointe satirique -genre poétique de l’antiquité peu

codifié où se mêle description railleurs et enseignement moral

- le pamphlet (ouvrage incisif, très virulent, qui réagit sur le vif à une polémique)

4) La fonction de la rhétorique

Instruire, plaire et émouvoir : Docere, placere, movere (Orator de Cicéron, II, XXVIII, 121)

III - La démarche de l’orateur

1) L’invention (inventio) : les arguments

Les arguments peuvent être affectifs, c’est-à-dire qu’ils agissent sur les émotions, ou

rationnels, c’est-à-dire qu’ils font appel à la raison.

- les arguments affectifs (ethos et pathos : ἔθος, ους (τὸ) : coutume, usage, habitude, moeurs ;

πάθος, ους (τὸ) : ce que l’on éprouve, état de l’âme agitée par des circonstances extérieures,

disposition morale ) :

- l’ethos, image que l’orateur ou l’auteur du discours donne de lui-même à travers son discours :

attitude de l’auteur pour s’attirer la bienveillance des destinataires (modestie, bon sens, attention

aux destinataires,…)

- le pathos, la charte émotionnelle du discours. Il rassemble les notations visant à éveiller les

passions de l’auditoire (colère, crainte, pitié,…)

- les arguments rationnels :

- l’argument logique (les rapports de cause à effet) : repose sur l’enchaînement logique des faits,

partant des causes et déduisant des conséquences.

- les avantages et les inconvénients

- l’utilisation de données scientifiques, historiques, numériques

- l’analyse et l’élimination des autres solutions

- la généralisation

- l’argument d’autorité : référence est faite à une autorité politique, morale, scientifique, reconnue

et experte

- l’analogie : comparaison de deux faits, deux situations, pour en déduire une valeur explicative et

donner un exemple

- l’appel aux valeurs supérieures : référence aux lois et aux principes de la morale et de la religion

communément admis

- l’argument ad hominem : vis un individu en particulier dans le but de le discréditer

- l’ironie : prise de distance avec une formulation brute et nécessité d’inverser les affirmations de

l’auteur

Ces arguments sont illustrés par des exemples, donnant une dimension concrète à l’exposé.

Ils peuvent être à la fois issus de situations concrètes ou expériences personnelles, culturels

(citations ou des allusions culturelles), données chiffrées

Ces arguments et ces exemples sont alors disposés selon un raisonnement qui peut être :

- le raisonnement par induction : du cas particulier au cas général

exemple : l’eau, l’huile et le lait sont des liquides qui se congèlent à une certaine température. Donc

tous les liquides se congèlent, pourvu que la température soit suffisamment basse.

- le raisonnement par déduction : des idées générales pour aboutir à une conclusion particulière.

La forme la plus usitée est le syllogisme

exemple : syllogisme : les hommes sont mortels (prémisse 1). Socrate est un homme (prémisse 2).

Donc Socrate est mortel (conclusion particulière).

NB : C’est par induction qu’on acquiert la connaissance, c’est par déduction que l’on enseigne et

que l’on transmet.

- la concession : acceptation d’une partie de la thèse pour donner davantage de force aux

réfutations. la concession est le fait de relier deux faits, qui, bien que contradictoires, n’ont pas

empêché l’action de se dérouler. Son expression se fait par le biais d’un complément

circonstanciel de concession.

exemple : Certes il faut se reposer, mais sans travail le repos n’a plus lieu d’être. Il ne faut d’excès

en rien, même dans le repos.

- la réfutation : argument contraire aux arguments adverses

exemple : Il ne faut pas travailler, car le travail fatigue (argument adverse) ; il faut travailler, car le

travail permet de vivre (argument).

- le raisonnement par l’absurde : fausseté d’une thèse en présentant les conséquences

dépourvues de sens auxquelles elle conduirait. La visée est alors polémique.

exemple : Il faut travailler pour vivre, mais non pas vivre pour travailler, au point, par exemple de

ne plus se nourrir, car mort s’en suivrait. et cf. article de Voltaire.

- le raisonnement par analogie : mise en relation avec une autre réalité pour illustrer, mieux faire

comprendre la thèse

exemple : Exemple avec la citation de Voltaire "L'Univers m'embarrasse, et je ne puis songer que

cette horloge existe et n'ait point d'horloger." L'Univers est complexe comme une horloge, l'horloge

a été créée par un horloger, donc l'univers doit avoir un créateur.

2) La disposition (dispositio) : le plan

Un plan bien ordonné :

- L’exorde : attirer l’attention et la bienveillance de l’auditoire, exposer le sujet du discours et

parfois, d’en indiquer les articulations essentielles.

- La narration : expose les faits en prenant la forme d’un récit.

- La confirmation : arguments que l’on peut tirer des faits exposés dans la narration et cherche

éventuellement à anticiper de possibles contre-arguments.

- La péroraison : conclusion du discours, synthétisant l’argumentation et faisant appel aux

sentiments de l’auditoire.

3) L’élocution (elocutio) : la mise en voix

Donner un style au discours. Le style doit dépendre du sujet traité et des effets voulus sur

l’auditoire.

D’où, trois niveaux :

- Le style élevé, pour les sujets graves (péroraison : nécessité d’une émotion forte, pathos) .

exemple : « Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées / La valeur n’attend pas le nombre

des années. » (Le Cid de Corneille, 1637, Acte II, scène II, vers 405-406) (argument affectif et

raisonnement par déduction -syllogisme-).

- Le style moyen, pour exposer, informer et expliquer (narration, pour rapporter les faits,

confirmation, pour présenter les arguments retenus ; il se définit surtout par sa neutralité).

exemple : cf. exemple La Peste de Camus

- Le style bas ou simple, vise à plaire au public et à le détendre, par le recours à l’humour et à

l’anecdote, on le trouve notamment dans l’exorde.

exemple : cf l’incipit de Candide

Tout l’intérêt étant de varier de style dans un même discours pour maintenir l’attention de

son auditoire.

4) La mémoire (memoria) : un apprentissage

La connaissance impeccable, sans notes, de son discours. Apprentissage par des moyens

mnémotechniques.

5) L’action (actio) : mise en oeuvre du discours

Performance physique (performance actuelle) ; mimiques, des gestes, prononciation

soigneusement étudiée. Tout le corps de l’orateur est mis à contribution pour rendre sensible le

message du discours. Proximité avec l’acteur. Il s’agit d’un véritable spectacle.

IV - Exercice

Exercice sur le texte de Racine.

Bilan : La rhétorique est d’abord théorisée dans l’Antiquité, au Vè siècle avant J.-C. Des traités

sont alors rédigés par Aristote, Cicéron et Quintilien. La rhétorique se divise en trois genres,

judiciaire, délibératif et démonstratif. Elle a pour but d’instruire, de plaire et d’émouvoir. Dans ce

but, plusieurs éléments sont mis en oeuvre pour faire réagir l’auditoire. La rhétorique ayant en effet

ce pouvoir, qui est celui d’agir directement sur notre pensée et sur nos sentiments et donc de

transformer notre rapport au monde.


Séance 3 : Introduction à l’argumentation (3)


Les procédés

Objectif :

Etudier le genre de l’argumentation (3) : les procédés

I - Les genres

NB : Les genres ici sont à entendre comme genres littéraires.

Les genres sont classés selon trois catégories :

La catégorie de l’argumentation directe

La catégorie de l’argumentation indirecte

Le dialogue

Le choix de l’énonciation permettra de distinguer les catégories.

1) L’argumentation directe (ou explicite)

Le discours est pris en charge par l’auteur. Le genre qui s’y rattache, celui de l’essai ou du

traité. De même en est-il du genre des maximes, des satires et des différents discours, (oraison

funèbre, sermon, plaidoiries,…)

Un essai est un ouvrage regroupant des réflexions diverses ou traitant un sujet qu’il ne

prétend pas épuiser ; c’est un ouvrage qui propose une réflexion, qui confronte des opinions, et

surtout qui expose un point de vue personnel sur un thème, dans quelque domaine que ce soit.

Ce discours est un discours didactique, puisqu’il propose un enseignement ou un partage de

connaissances en un discours structuré. C’est un genre multiple. En effet, il peux prendre la forme

d’un récit de voyage, d’une lettre ouverte, d’un récit autobiographique. Dans l’autobiographie,

l’auteur devient son propre objet d’étude et cherche à travers son évolution, ses contradictions, à

saisir son véritable « moi ».

exemples : il y a les Confessions de Jean-Jacques Rousseau ; Les Mots de Jean-Paul Sartre ;

Enfance de Nathalie Sarraute.

Historiquement, l’essai a d’abord consisté dans la compilation d’oeuvres philosophiques

antérieures pour évoluer vers une réflexion ou non une simple pensée arrêtée (l’auteur montre une

pensée en train de se construire) personnelle et libre qui sait son projet incomplet ou inachevé. C’est

en ce sens donc une réflexion fondée sur son point de vue particulier ; en cela, il se différencie de

l’auteur de traité savant ou du philosophe. exemple : les Essais (1580-1592) de Montaigne montrent

bien à travers les multiples évolutions de l’auteur, les annotations, les modifications et les éditions

successives, que l’essai est l’exercice de la pensée en action.

exemple : « Au lecteur » de Montaigne, page 155 (Calliopé), note 1 : recherche

La correspondance qui est à la fois fixe, diverse et souple. C’est un succédané du dialogue.

Une lettre peut ne pas être que privée. il peut s’agir d’une lettre ouverte, sur les moeurs ou la

politique par exemple.

exemples :

Cicéron et Sénèque

Epîtres de Saint Paul

Les Provinciales de Pascal

Lettres philosophiques de Voltaire

le « J’accuse » de Zola

2) L’argumentation indirecte (ou implicite) : les apologues

L’apologue ( πό-λογος, ου (ὁ), récit détaillé, narration) est un court récit en prose ou en

vers, dont on tire une instruction morale, visant à illustrer une leçon morale, politique ou religieuse.

Le discours est plutôt délégué à un narrateur et à des personnages. Ainsi en est-il de l’art du portrait

(Caractères de La Bruyère), de certains romans, des fables, des contes et des exempla : convaincre

ou persuader par un récit, une fiction, ordonné(e) et présentant des idées, des valeurs symboliques, à

travers des personnages, des situations, des dialogues. Attention, la morale peut être explicite

(exprimée clairement) ou implicite (non exprimée, le lecteur doit l’extraire du récit).

La fable est un court texte en vers ou en prose qui recourt à une allégorie, le plus souvent

animale, pour donner une leçon de morale.

exemple : les Fables de La Fontaine

Le conte philosophique doit sa notoriété à Voltaire. Un conte, un récit souvent proche dans

sa structure : un héros, une quête, des obstacles, des éléments merveilleux ou exotiques. Importance

du plaisir du récit pour captiver le destinataire.

exemples : Candide, Zadig

La parabole, dans les Evangiles, est employé par le Christ pour délivrer un enseignement

spirituel à travers donc des récits qui utilisent des scènes quotidiennes bien connues de l’auditoire.

Le mot utopie est constitué du nom grec ὁ τόπος, ου , lieu et de l’adverbe εὖ, qui signifie

bien ou de l’adverbe de négation οὐ : le lieu heureux ou le lieu qui n’existe pas. L’utopie représente

un monde idéal, dans un lieu clos sur lui-même et isolé du monde (île ou lieu inaccessible, cf.

Candide et son Eldorado). Monde autonome avec ses propres règles. Le rôle de cette utopie est

avant tout critique : montrer qu’une organisation sociale autre, plus humaniste, plus bénéfique est

non seulement souhaitable, mais possible. Le genre de l’utopie permet une réflexion philosophique

et politique.

exemples : Utopia de Thomas More en 1516 (satire de la société de son temps) ; L’abbaye de

thélème de Rabelais ; l’Eldorado de Voltaire

Si la fable et l’apologue délivrent, de manière le plus souvent explicite, une moralité ou une sagesse

; le conte philosophique, l’utopie, ne délivrent pas forcément de leçons, mais demandent une lecture

au second degré, une mise en perspective pour bien en comprendre le sens.

3) Le dialogue

Le dialogue (dialogue d’idées) appartient aux deux catégories d’argumentation, puisqu’il

est une argumentation directe, un débat entre plusieurs thèses ; mais il relève aussi de

l’argumentation indirecte, de la fiction sous sa forme théâtrale ou romanesque. Il s’agit en fait, d’un

discours délibératif. C’est un moyen essentiel pour confronter des idées et des valeurs (morales,

esthétiques, intellectuelles, pratiques). On le retrouve surtout au théâtre et cette confrontation

permet de faire avancer l’action, puisqu’il ouvre sur les différentes possibilités dramatiques. On le

retrouve donc dans différents genres littéraires : le théâtre, le roman, la nouvelle, la fable, le conte

philosophique, le dialogue philosophique,…

II - Les registres

Les registres sont la manifestation par le langage des émotions et des mouvements de l’âme,

de la sensibilité. Le ton du discours varie selon l’objectif de l’argumentation. Il peut être polémique,

pathétique, ou ironique (registres principaux).

le registre polémique : il attaque, en se montrant agressif à l’égard des positions adverses

le registre pathétique : il recherche l’adhésion en faisant appel à l’émotion du destinataire. Par

exemple, pour démontrer la barbarie de la guerre, on insiste sur les victimes qu’elle fait, sur le

malheur qu’elle engendre.

le registre ironique : il convainc de l’absurdité d’une idée en faisant rire. Les procédés comiques

sont souvent utilisés pour gagner le lecteur ou l’auditeur à sa cause.

Le registre dramatique : l’adjectif « dramatique » se rapporte à l’action d’une pièce de théâtre; Au

théâtre, comme dans le récit, on parle de registre dramatique pour un texte où se succèdent les

péripéties. Ce registre maintient le spectateur ou le lecteur dans un état d’attente (-> suspense), avec

une narration rapide, des événements inattendus (rebondissements, coups de théâtre), verbes

d’action, phrases exclamatives et interrogatives.

III - La forme

1) La modalisation et les connecteurs logiques

Cf. page 528 du manuel

2) Les figures de style

Cf. page 534 du manuel

IV - Exercice : texte de Cicéron

Bilan : La structure logique et les registres sont révélateurs de la stratégie argumentative.

Bilan sur l’introduction à l’argumentation (séances 1, 2 et 3) : L’argumentation est donc

protéiforme. Soit il s’agit de conforter notre opinion, contre celle d’autrui, soit de propager nos

propres convictions. Pour ce faire, deux stratégies : la logique de la raison ou la rhétorique des

sentiments. Généralement, ces deux stratégies sont utilisées de concert, puisque, selon le mot de

Pascal, « le coeur a ses raisons que la raison ignore ». Or le destinataire doit être saisi dans l’unité et

la totalité de son être.

Citations : cf. feuille « Argumentation »

NB : se référer au manuel de la page 566 à 570, ainsi que de la page 579 à 582


Séance 4 : Histoire littéraire de l’argumentation


Objectif : Connaître l’histoire littéraire de l’argumentation

Les formes de l’argumentation sont nombreuses. Dans tous les cas, il s’agit de présenter une

réflexion, une opinion, en cherchant à obtenir l’adhésion du destinataire. Au fil des siècles, les

différents genres littéraires ont accueilli les questionnements des auteurs sur la place de l’homme

dans le monde, sa condition. Les valeurs de la société, les mutations politiques et technologiques,

les découvertes en tout genre déterminent non seulement la nature, mais aussi la forme que prennent

ce questionnement.

I - Les origines de la rhétorique

Naissance et définition : Du V° siècle à nos jours, la rhétorique est une technique du

discours, d’abord oral, qui se doit d’être efficace sur le destinataire. C’est une discipline à part

entière, qui sera enseignée jusqu’au XIX° siècle. La rhétorique est à l’oeuvre dans les dialogues

philosophiques de Platon (IV° siècle avant J.-C.) aussi bien que dans les discours politiques de

Cicéron (I° siècle avant J.-C.), ou les traités du stoïcien Sénèque (I° siècle après J.-C.). Cet art

constamment renouvelé va donc être mis au service de toutes sortes de débats, ce qui assure sa

postérité.

II - Le XVI° siècle : les doutes

C’est après le Moyen-Age que se dévoile un nouveau rapport au monde. Les découvertes et

affirmations scientifiques, notamment, remettent en cause un certain nombre de repères : l’homme

n’est pas le centre de l’univers. C’est en revanche le centre des questionnements du mouvement qui

prend son nom : l’Humanisme.

Un nom à retenir pour l’histoire des idées : Michel de Montaigne et son oeuvre, Les Essais,

véritable articulation entre expériences personnelles et réflexions philosophiques.

III - Le XVII° siècle : les moralistes

Au XVII° siècle, de nombreux auteurs analysent les moeurs de leurs contemporains et

réfléchissent plus largement à la condition humaine. Des formes diverses sont alors élaborées, selon

le regard porté par l’auteur.

Les Maximes de La Rochefoucauld : La maxime est une formule à valeur générale

affirmant un précepte, une règle de vie. Elle peut être intégrée à un discours ou former un

« message » autonome à elle seule. La Rochefoucauld compose un recueil de maximes qui sont

autant de « réflexions morales » sur l’homme en général et la société du XVII° siècle en particulier.

Fables et portraits : Jean de La Fontaine emprunte au fabuliste grec Esope, la forme de la

fable. Les différents masques empruntés lui permettent de proposer une satire souvent féroce de la

société de son temps, et plus particulièrement de l’aristocratie et de la vie de cour.

Les Caractères de La Bruyère : L’auteur privilégie aussi le registre satirique, dans le cadre

de portraits qui sont autant de types de la société du XVII° siècle. C’est bien souvent les vanités du

pouvoir et de la vie mondaine qui sont dénoncées.

Les Pensées de Pascal : Dans ses Pensées, Blaise Pascal met en évidence la fragilité de la

condition humaine. Ses interrogations sont de nature philosophique et religieuse, s’inscrivant dans

les débats complexes sur la grâce qui opposèrent le courant janséniste aux jésuites. Son oeuvre

propose des constats et une pensée en mouvement perpétuel.

Cf. Pages 180-181 du manuel Calliopée : importance des Salons et siècle de « l’honnête

homme » (honestus, a, um : honorable, digne de considération, d’estime, conforme à la morale,

beau, noble. Il s’agit du καλὸς κ γαθός grec.

IV - Le XVIII° siècle : le siècle des Lumières

Le XVIII° est un siècle de vie intellectuelle intense. L’esprit du siècle est philosophique : les

de nombreuses réflexions et débats sur la société, multiplication des formes d’argumentation. La

curiosité pour toutes les formes de savoirs et d’art domine. L’échange d’idées, qu’il soit oral, dans

les cafés ou les Salons, ou écrit, dans les nombreuses correspondances, est permanent. La fin du

règne de Louis XIV (1715), la remise en cause progressive des privilèges de la noblesse, conduisent

à chercher une nouvelle organisation de la société et à repenser les rapports de forces qui la fondent.

Quelques noms : Montesquieu, Lettres persanes, 1721, ou les contes philosophiques de

Voltaire, aussi bien que dans des essais, des articles de l’Encyclopédie (1751) au Discours sur

l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755) de Jean-Jacques Rousseau.

Cette effervescence est à l’image des mutations du siècle qui aboutissent à la Révolution de 1789.

V - Le XIX° siècle : les engagements

Au cours du XIX° siècle, les auteurs vont bien souvent mettre les grands genres littéraires au

service de leurs engagements. Ces derniers traduisent les exigences d’égalité, de justice sociale

héritées des idéaux du siècle précédent. L’oeuvre de Victor Hugo rend compte de sa vigilance et de

ses valeurs, que ce soit dans Les Châtiments (1853), recueil de poèmes dénonçant le régime de

Napoléon III, dans Les Misérables (1862), roman embrassant tous les maux de son temps, ou dans

les discours qu’il rédige dans le cadre de ses fonctions politiques. Le développement de la presse

offre aux auteurs la possibilité de proposer leurs réflexions à un large public. Le « J’accuse »

d’Emile Zola (13 janvier 1898), rédigé pour la défense du capitaine Dreyfus, en est un des

exemples les plus célèbres.

VI - Le XX° siècle : les remises en cause

Les bouleversements et les violences qui marquent l’histoire du XX° siècle d’une part, le

développement des sciences humaines, comme l’anthropologie et la sociologie d’autre part, ont

nourri et renouvelé les interrogations sur l’homme et le monde. Après le temps des engagements,

qui caractérise encore une grande première moitié du siècle, aucune certitude ne semble plus jamais

acquise, qu’il s’agisse de l’individu ou de la société. Ces réflexions s’expriment dans des genres et

des formes multiples, abordés parfois par un même auteur. Ainsi Jean-Paul Sartre et Albert

Camus ont-ils laissé une oeuvre à la fois philosophique, romanesque et théâtrale. Cela rend compte

des échanges fructueux entre les différents modes de pensé, les différentes approches de la question

de l’homme, qui perdurent encore aujourd’hui.

VII - Le XXI° siècle : de nouvelles formes d’argumentation

Au XXI° siècle, les nouvelles technologies, en abolissant les frontières et en offrant de

nouveaux espaces de dialogue, modifient à leur tour l’approche de la question de l’homme et

proposent de nouvelles formes d’argumentation.


Séance 5 : Les Maximes de La Rochefoucauld


Objectif : Aborder les Maximes de La Rochefoucauld à travers la lecture analytique du II. De la

société

I - Présentation

François, prince de Marsillac, puis, duc de La Rochefoucauld est né à Paris en 1613 et y est

mort en 1680. C’est un écrivain et moraliste français. Il appartenait à l’une des plus nobles familles

de France. Son rang le destinait à une brillante carrière militaire et politique, mais c’est la carrière

des lettres où il s’illustra. Après quelques intrigues politiques et un séjour à la Bastille, il fut exilé

dans ses terres du Poitou. Les intrigues reprirent, pour finalement cesser au profit d’une carrière

littéraire et de mondain, à la cour, comme dans les salons de Madame de Sablé et de Madame de La

Fayette. Il eut une triste vieillesse (mort de son fils en 1672). Son expérience lui valut un clair

regard sur l’homme et notamment sur l’homme en société. Commencées vraisemblablement en

1658, ses Réflexions ou Sentences et Maximes morales (1665), firent scandales du fait de leur

cruelle vérité. La première édition (hollandaise), date de 1664 a pour titre Réflexions ou Sentences

et Maximes morales avec Discours sur les Réflexions (de La Chapelle Bessé) et un Avis au lecteur.

Cette édition comportait trois cent vingt quatre maximes et une réflexion sur la mort. Les maximes

étaient numérotées. Elles furent souvent réimprimées. Elles dénoncent en effet les motivations

égoïstes des passions, des sentiments et des relations sociales (intérêt, orgueil, vanité et passions).

La vision de La Rochefoucauld sur l’homme est lucide, certes, mais pessimiste. Dans les quatre

éditions qui se succèdent de son vivant (jusqu’à celle de 1678 qui comportait cinq cent quatre

maximes), apparaissent l’évolution de son analyse et, surtout, le travail du style, visant à mettre en

relief une pensée austère où prime avant tout le devoir de lucidité, à la fois qualité intellectuelle et

vertu morale (style dense, tour frappant, importance de la formule). Une sixième édition apparue en

1693, avec cinquante pensées nouvelles.

Cf. la suite du texte.

II - Questions de la page 165

III - Lecture analytique

1) Introduction

Mise en contexte : C’est en 1665, à l’époque du classicisme (le règne de la raison : clarté,

vraisemblance, bienséance), que le Duc de La Rochefoucauld publie un premier ensemble de

maximes qu’il remanie, corrige, modifie et augmente en permanence jusqu’à l’édition de 1678. Il ne

développe pas dans cette oeuvre une pensée tout à fait originale mais s’inspire de l’augustinisme,

courant religieux inspiré de Saint Augustin (354-430) : il s’agissait de montrer que l’humanisme,

confiant dans la raison naturelle de l’homme, prône en fait de fausses vertus. Selon Saint Augustin

et donc La Rochefoucauld, l’amour de soi (l’amour-propre) fait oublier Dieu à l’homme et celui-ci

s’idolâtre lui-même en des comportements et sentiments (amitié, amour, sociabilité, honneur,

clémence, mérite…) qu’il faut démasquer comme des vices. La Rochefoucauld s’empare d’un genre

mondain, la maxime, pour mettre à la portée du public la difficile pensée augustiniste et pour lui

faire prendre conscience qu’il s’adonne à une sociabilité marquée par l’hypocrisie. La maxime est

une formule courte, lapidaire qui exprime une pensée morale ou une réflexion à portée générale.

Situation dans l’oeuvre : L’extrait qui nous est proposé est « II. De la société » des Maximes,

première édition française (1665). Le genre est celui de la littérature des idées. Le texte est un

discours argumentatif en prose. Il s’agit d’une argumentation directe. Le I. Est intitulé « Du vrai ».

Il y est question de la vérité. Toutes les vérités ne peuvent être comparées, du fait qu’elles sont

absolues. On ne peut exprimer sur elles un jugement de valeur, sauf pour ce qui concerne la beauté

des femmes. Viennent ensuite l’air et les manières (III) et les conversations (IV), ainsi que d‘autres

sujets comme l’amour, le faux et la vieillesse. Le texte n’est qu’un extrait du II (la première partie).

Sujet du texte : Il est question dans ce texte des rapports entre les hommes en société

Lecture : elle doit être compréhensible et expressive

Problématiques possibles : Comment l’argumentation de la maxime permet à La

Rochefoucauld de faire valoir ses idées sur la société ? Comment La Rochefoucauld utilise-t-il

le genre de la maxime pour enseigner sa conception de la société ? Quelle conception de la

société La Rochefoucauld développe-t-il grâce à l’argumentation de cette maxime ? Quelle

conception de la société La Rochefoucauld développe-t-il dans cette maxime ? Quelle thèse

expose La Rochefoucauld dans cette maxime ? Quels sont les effets recherchés sur le lecteur ?

Comment l’idéal classique apparaît-il dans ces maximes ? Comment l’idéal classique

apparaît-il dans ces maximes ? En quoi les Maximes de La Rochefoucauld représentent-elles

les visions moralistes de la société de l’époque ? Comment La Rochefoucauld analyse-t-il les

relations amicales ? Comment La Rochefoucauld peint-il un portrait de la société dans un but

moraliste ? Comment La Rochefoucauld propose-t-il des réponses à la société ?

Problématique choisie : Comment La Rochefoucauld utilise-t-il le genre de la maxime pour

enseigner sa conception de la société ?

Annonce des axes : Quoi ? Comment ? Pourquoi ?

I- Une observation de la société

II - L’expression du devoir et de la politesse

III - Une leçon de morale

2) Explication :

I - Une observation de la société (la nécessité des relations de politesse, sens de la délicatesse,

bon goût, bon sens)

a) Une nécessité

- Un constat : une nécessité de la société : ligne 5 : affirmation et présent de vérité générale.

- champ sémantiques de la société

- Nécessité donc de moyens pour la faire durer et la rendre agréable : ligne 6

b) Les moyens de la faire durer

- La politesse : importance ensuite du bon sens, du tempérament (humeur) et par des égards qui

doivent être entre les personnes qui veulent vivre ensemble » (ligne 15) et antithèse dans la

phrase suivante « gens opposés (…) paraissent unis », et oxymore : « liaisons étrangères » -

>aucune durée possible (lignes 15-16-17).

- L’esprit : lignes 12-13 : § 3 : Importance du bon sens, de l’humeur et des égards, car la volonté de

vouloir vivre ensemble. Importance d’accorder humeur et esprit. Ne pas faire sentir quelque

supériorité que ce soit. Mais si tel est le cas, l’utiliser à bon escient. S’accommoder en sentiments

et en intérêt (lignes 19-20-21-22) : il faut les convaincre en les persuadant (lignes 21-22). En

outre, présence du champ sémantique des bienfaits. Enfin, un discours qui enseigne l’importance

de l’esprit pour faire face à cette nécessité (lignes 12-13), esprit qui peut seul « conduire dans les

divers chemins qu’il faut tenir ».

- La liberté : « Pour rendre la société commode, il faut que chacun conserve sa liberté. » (ligne

23) ; « sans sujétion » (ligne 24).

- Savoir rester à sa place (lignes 24 à 29).

II - L’expression du devoir de la politesse

a) Mise en valeur du devoir de politesse par un discours argumentatif

- Importance de la forme verbale « falloir »

- Anaphores de « il faut »

- Importance de la forme verbale « devoir »

- Anaphores de « doivent »

- Exorde : ligne 1 à la ligne 4 : élévation et dignité de l’amitié. La société lui est inférieure, mais

elle lui ressemble.

- Une narration sur les honnêtes gens et leur commerce particulier.

b) Discours argumentatif qui se veut persuasif et convainquant :

- Registre didactique et implication de l’auteur : « mon dessein » (ligne 1) : implication de

l’émetteur du discours, « je » (ligne 3), puis troisième personne du singulier : impersonnel : que

des phrases affirmatives.

- Discours employant certains principes de rhétorique :

- Répétition du verbe « voir » coordonné par la conjonction exprimant l’alternative : du positif au

négatif.Une gradation : énumération ordonnée : gradation ascendante : du plus faible au plus

fort : se voir, se divertir, s’ennuyer ensemble, dérivé du bas latin inodiāre, formé sur l’expression

in odio esse « être un objet de haine » du latin classique. Ennui a signifié au XIIe siècle

« tourment », puis « tristesse profonde, chagrin, dégoût » pour prendre progressivement, par

affaiblissement, celui de « lassitude d’esprit, manque de goût, de plaisir » : la société : tous les

passages de la vie.

- Parallélisme dans le lexique : séparer/séparation (ligne 25)

- Registre didactique : cf. fiche 17 : elle vise à délivrer un enseignement, imposer un avis ou une

opinion. Il peut s’appuyer sur un raisonnement logique ou sur une voix d’autorité qui impose une

opinion : présentation du commerce particulier que les honnêtes gens doivent avoir ensemble.

- Principaux procédés : des phrases, en général brèves, parfois sentencieuses, ponctuées

régulièrement et utilisant le présent de vérité générale.

- Accumulation ternaire : lignes 14-15

- Discours qui enseigne l’importance de l’esprit pour faire face à cette nécessité (lignes 12-13),

esprit qui seul, peut « conduire dans les divers chemins qu’il faut tenir ».

III - Une leçon de morale

a) Une accusation

- « Chacun veut trouver son plaisir et son avantage aux dépens des autres » : ligne 7

- « On se préfère toujours à ceux avec qui on se propose de vivre » : lignes 7-8, « cela trouble et

détruit la société » (ligne 8-9)

b) Une morale de l’accommodement

- Ce désir doit nécessairement être caché, atténué donc, puisqu’on ne peut s’en défaire : « il

faudrait faire son plaisir et celui des autres, ménager leur amour-propre, et ne le blesser jamais

(lignes 10-11)

- « La complaisance est nécessaire (…) c’est le notre aussi que nous suivons » (lignes 29 à 32).

- complaisance : disposition à s’accommoder, à acquiescer aux goûts, aux sentiments d’autrui pour

lui plaire. Amitié/Bienveillance.

3) Conclusion

- Synthèse : Le « De la société » de La Rochefoucauld propose donc un discours moral sur les

comportements à tenir en société. Celle-ci est nécessaire, il faut donc la faire durer et la rendre

agréable. Ainsi, que chacun reste à sa place en gardant à distance son intérêt propre. Pour ce

faire, La Rochefoucauld emploi une rhétorique propre à mettre en valeur son opinion.

- Ouverture : Cette pensée moraliste, pensée du XVIIe, tend à penser l’homme face à lui-même.

Nombreux sont les auteurs qui le firent : Jean de La Fontaine et La Bruyère, en employant

différents procédés pour convaincre ou persuader son destinataire.

Autre plan possible :

I - La vie en société selon La Rochefoucauld

II - Les procédés utilisés par l’auteur pour dénoncer l’amour-propre des hommes

III - La visée moraliste du texte

©2020 par ElèvesSolidaires. Créé avec Wix.com