"Le Chêne et le Roseau" de Jean de La Fontaine Livre I, fable 23



Introduction : Le chêne et le roseau est la 23ème fable du premier livre du recueil de fables écrit par Jean de La Fontaine entre 1668 et 1694. Par ces courts récits, il veut plaire, mais aussi instruire : en effet, pour lui, « une morale nue apporte de l’ennui, le conte fait passer le précepte avec lui, conter pour conter me semble peu d'affaire, en ces sortes de feintes il faut instruire et plaire ». Il met ainsi en scène un roseau et un chêne, qui, par leur dialogue, vont amener une réflexion sur la connaissance de soi.



I/ Les acteurs du drame


a) deux natures différentes

1. Le chêne : 

-nature roseau connue et évaluée par le chêne, mise en avant de la faiblesse du roseau

-chêne met en avant sa supériorité physique en la comparant à la nature qu’il considère comme faible du roseau 🡪 v.10

-grandeur, hauteur, orgueil démesuré, haute estime de lui-même🡪 hyperbole, voc de la résistance, de la bravoure, parle plus que le roseau 16 vers 

-connaît l’étendue de son pouvoir 🡪v.12

-se part d’un éclat exotique🡪 Caucase

-ton condescendant🡪 expression liminaire du dialogue et v.15-16

-portraits des deux protagonistes de cette fable dressés grâce à la parole

2. Le roseau :

-parle moins, 7 vers🡪 plus discret, plus posé  

-aimable🡪 v.18-19

-beaucoup de compliments presque déplacés 🡪 ironie 

-roseau ne lui rend aucune allégeance, il est incrédule 🡪 au lieu de parler, il préfère que le temps montre au chêne qu’il a tort


b) deux regards différents

1. Le chêne :

-pense qu’il est invincible🡪 v. 9

-situation du roseau est pour lui une fatalité 🡪v.15-16

2. Le roseau

-est considéré comme plus faible par le chêne, mais ne le pense pas🡪 v.21

-à l’air sûr de lui et de sa résistance 

-préfère laisser agir les éléments plutôt que de parler 


c) deux destins différents 

1. Le chêne 

-se dresse contre la tempête 

-l'affronter de face 🡪 v.7

-finalement est déraciné🡪 ce qui paraissait une force (grandeur, hauteur), apparaît comme une faiblesse 

2. Le roseau 

-se courbe, veut laisser le moins d’emprise a la tempête sur son corps 

-le roseau est toujours debout🡪 ce qui paraissait une faiblesse (petit, sans protection, l’air fragile), apparaît comme une force 

-Inversement du rapport de force en faveur du roseau  



II/La morale 



a) Ce que La Fontaine nous invite à comprendre et comment 

-il faut toujours se tourner vers la fin 

-pas d’intervention directe, la morale vient par l’observation de la situation finale🡪 chêne déraciné 

-pas d’injonctions, d’ordres, juste une constatation

-un jeu sur le style🡪 grandiloquent, puis simple, puis solennel 

-presque impression de tragédie à la fin 

-richesse des images qui puisent dans un imaginaire universel

-rétablissement symbolique de l’ordre du monde : vaniteux tombe, petits et faibles ont raison 


b) le chêne, qui croit se connaître : première vérité de la morale  

-celui qui veut trop se grandir tombe🡪 Icare 

-trop sûr de lui, ne connaissait pas sa vraie nature, sa faiblesse  

-se croyait fort, mais grandeur est dangereuse 

-arbre grand symbole de l’humanité 


c) le roseau, qui connaît ses forces : deuxième vérité de la morale   

-force réelle et lucidité 

-force vient de son discernement face à l’avenir

-ne se met pas en avant, laisse parler l’avenir 

-plier est habile, éloge de la ruse 

-il faut connaître ses forces pour s’adapter, pour plier  

-La Fontaine se cache derrière le roseau ? 🡪 Souplesse du roseau, souplesse de la fable, invite à constater sans donner d’ordres 



Conclu : le corbeau voulant imiter l’aigle II, 16 ; la besace I, 7 ; le paon se plaignant à Junon  II, 17



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