"Le Rouge et le Noir" de Stendhal



Chronique de 1830 

Julien Sorel, sensible et ambitieux

double itinéraire du héros. Le récit se termine à sa mort, condamné à mort  pour tentative d’assassinat et guillotiné. L’épilogue étudié rapporte la mise en scène funèbre conclue par Mathilde, qu’il devait épouser, en souvenir de son ancêtre Boniface de La Môle. Personnage principal de l’extrait, sa présence n’a de sens que par rapport à Julien. Dans une explication analytique, on montrera l’opposition entre l’organisation des funérailles et la mort de Mme de Rênal. 


LES PERSONNAGES :

Fouqué :

1er mot du passage, apparaît souvent. Ami de Julien . A plusieurs fonctions. Présent par amitié er par fidélité. Informateur pour le lecteur et pour Mathilde. Indications de perception et de réaction. Il est celui à travers qui le lecteur perçoit certains éléments. 


Mathilde : 

Omniprésente, occupe l’espace et la durée de la scène, sauf dans la dernière phrase. Présenté par pronoms personnels, par possessifs et par son nom. Personnage clé, essentiel du passage. En action, effectue un rite déterminé. Femme agissante, ≠ héroïne éplorée, désespérée. Verbes d’action dominent ≠ vocabulaire de l’affect. 


Julien : 

présenté comme le double centre d’intérêt des personnages présents, Fouqué et Mathilde. L’un faisant connaître sa présence ; et l’autre se l'approprient. Désigné par des périphrases : « grand manteau bleu » ; « ce qui restait » ; « la tête de l’homme ». Désigné par son nom, par les liens affectifs qui le rattachait à Mathilde, il n’est jamais associé au mot « mort », bien que celle-ci soit constamment présente à travers le caractère horrible des images évoquées. Objet de chagrin pour Fouqué, il est objet de dévotion et de superstition pour Mathilde. 


Mme de Rênal : 

citée à la fin du passage, elle ne fait pas partie de la scène. Narrateur y revient dans une perspective d’information : le destin des personnages. Et montrer comment se rejoignent dans la mort les deux protagonistes essentiels du roman. Mise en situation des personnages souligne le rôle de chacun par rapport à Julien. Mort du héros est alors l’occasion d’évoquer en un lieu non précisé à un moment clairement donné la mort de celle qu’il aimait. La présentation du personnage de Mathilde, vue directement du lecteur et perçue par Fouqué est indissociable de la cérémonie qu’elle orchestre. Dramatisation augmentée par le procession. 


L’étrange cérémonie :

les lieux 


Théâtraux, macabre. Chambre : pièce mortuaire, bougies : tête posée sur une table : horrible et fantastique. Dans la voiture : sur les genoux. Grotte : élevée, dans les montagnes. Julien qui demande à être enterré dans cette grotte bien connue. Mystère, insolite, côté surchargé, rococo. 


Le moment


cérémonie nocturne, au milieu de la nuit, obscurité de la lumière abondante, génératrice de mystère. 


≠ tonalités :


effet de mystère renforcé par hyperboles : 20 prêtres, les point le + élevé des montagnes les + hautes, le nombre infini de cierges, globalité de tous les habitants, milliers de pièces de 5 francs, tout cela apporte une tonalité à la fois épique et fantastique. Construit une légende, une mythologie. 


Comportement de Mathilde : 


réactions de Mathilde peuvent paraître incompréhensibles, depuis le chap 10 de la 2éme partie, Mathilde vénère le souvenir de Marguerite e Navarre,  qui a enterré son amant décapité de la même manière, en place de grève, Boniface de La Môle, le 30 avril 1574. le comportement de Mathilde s’inscrit donc dans une tradition romanesque et historique. Image d’un destin soudain associé à l’histoire d’une famille aristocratique. Histoire personnelle ⇒ grande histoire. Mise en scène à la fois fantastique et macabre, fait de Julien la représentation du héros et de Mathilde en tant qu’aïeule. ‘imagination de la jeune fille, romanesque, transforme une mort ignominieuse, celle d’un condamné de droit commun, en sacrifice héroïque. Transforme des funérailles discrètes en cérémonie d’un romantisme outré. La confusion Histoire-roman conduit le lecteur à quelques interrogations. 


Relation entre réalité historique et fiction romanesque. 


De faits, Julien est condamné à mort. Inspiré de faits criminels : affaire Lafargue et Berthet. Berthet : jeune séminariste qui a tenté d’assassiner son ancienne maîtresse et mère de ses élèves, femme d’un magistrat de Grenoble. Cherche à ne pas porter atteinte à la liberté/ vie privée. Place des faits inventés dans des lieux réels ou des faits réels dans des lieux inventés. Apparence de vérité à laquelle le lecteur peut croire. Chronique de 1830 : réalité historique en tournant le regard sur une réalité sociale.


Epilogue plausible compte tenu des références choisies par Stendhal et données tout au long de l’œuvre, l’invention assistant surtout à mettre ensemble des morceaux de réalité rendu possible grâce aux qualités d’observation et d’analyse du romancier. À la fin, porte parole et miroir. 


Fin proche de celle d’une tragédie. Chacun fidèle à ses attachements antérieurs. Mort liée à la passion. Ne révèle rien que le lecteur ne sache déjà.amitié indéfectible de Fouqué, sensibilité romanesque devenue romantique de Mathilde, fidélité de Mme de Rênal. Enfants : cause de la passion, de la rencontre et indirectement de la ruine des personnages.



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