Le théâtre

Séquence II – Le théâtre, texte et représentation – Œuvre intégrale


Lecture analytique : Texte 6


Jean GIRAUDOUX, la Guerre de Troie n’aura pas lieu, 1935


Acte I, scène 1

Contexte

· Date importante car 1935 pas encore Seconde guerre mondiale mais déjà lois de Nuremberg.

· Le titre interpelle puisque la vraie guerre de Troie a eu lieu. On pense donc à une seconde guerre mondiale. Ce titre donne donc « la seconde guerre mondiale n’aura pas lieu ». Le but est de donner un titre prémonitoire.

· On a les personnages de la guerre de Troie mais ils ne s’expriment pas comme le font les Antiques.

Scénographie

· Travail sur la hauteur, rare au théâtre : « terrasse d’un rempart dominé par une terrasse et dominant d’autres remparts ». On remarque le flou laissé par Giraudoux car il n’y a pas d’articles définis.

· Flou surprenant au vu des didascalies énormes de l’époque.

Texte

· C’est Andromaque qui fait une prophétie en premier, et qui la fait à Cassandre, laquelle est… prophétesse.

· On ne tient pas un pari dans l’Antiquité (« je te tiens un pari », v.2)

· Familiarité et désinvolture d’Andromaque « bien lui emballer sa petite Hélène »

· Antithèses entre Andromaque et Cassandre. Cassandre ne prévoit que des mauvaises choses et qui arrivent. La double énonciation fonctionne parfaitement. Il pourrait même s’agir un spoiler. Pourtant, le spectateur veut y croire quand même. C’est le principe même de la tragédie. Anouilh appelle ça le « sale espoir ». Il en parle dans le prologue d’Antigone.

· Présent de futur proche : « on va le recevoir ».

· Andromaque : femme amoureuse. Hector : espoir. Andromaque veut se convaincre elle-même (« il arrive, il arrive »).

· « Il m’a juré que cette guerre était la dernière » : allusion directe à la guerre de 14. Hector est un poilu qui a la chance de rentrer et qui dit que c’était la dernière.

· « C’était la dernière. La suivante l’attend » : c’était veut dire que ce n’est plus la dernière.

· v. 13 : Cassandre évacue tout l’aspect religieux (elle le reçoit d’Apollon). Elle fait seulement appel à la raison et est pragmatique.

· V.15 : Andromaque est très ancrée dans la vie et très terre à terre. Elle veut se rassurer.

· V.20 : première touche d’humour de Giraudoux de la part de Cassandre

· V.21 : Andromaque joue la fausse idiote afin d’être sure des explications de Cassandre.

· V.22 : Cela joue sur l’autorité des intellectuels (parfois on dit des choses avec un tel aplomb que les autres se sentent obligés d’acquiescer). Destin = forme accélérée du temps (renvoi à la tragédie).

· V.24 : Andromaque intervient au nom des spectateurs pour avoir des précisions. Cela permet de tisser des liens entre les spectateurs et Andromaque.

· V.25 : argument par l’exemple avec les métaphores. Expression familière « tu la comprends celle-là ? ».

· V.27 : Andromaque sent arriver les problèmes et coupe court avec une expression familière : « laisse-le dormir ».

· « métaphore pour jeune fille » : c’est ironique car Cassandre estune jeune fille. Il y a donc une inversion des rôles.

· V.28 : sorte de superstition. Plus on est sûr de quelque chose, plus on provoque le destin.

· V.29 : Troie est pleine de certitudes donc les dieux sont contrariés.

· V.35 : Andromaque est heureuse de retrouver son mari, avant de voir le militaire et le soldat.

· V.39 : A. perçoit ce que veut dire Cassandre mais refuse de l’admettre puisqu’elle est en train de lui dire qu’elle n’est pas sûre que son mari ne rentre ni qu’elle ait un enfant.

· V.41 : Cassandre a un petit côté méprisant.

· V.42 : métonymie terriblement méprisante de Cassandre.

· V.43 : exclamations naïves d’Andromaque.

· V.46 : on ne saurait être plus sarcastique que Cassandre.

· V. 47 : Andromaque part des hommes en général pour finir par parler d’Hector. Il y a beaucoup de lyrisme dans cette réplique.

· V.48 : Ironie et sarcasme de Cassandre qui dit que lorsqu’il fait beau, tout le monde est content.

· V.52 : Andromaque est touchante de naïveté. De plus, le cavalier de l’avant-garde est un tueur professionnel au vu du nombre de gens qu’il a tué.

· V.56 : Andromaque envoie une pique à Cassandre sur le fait qu’elle soit vieille fille.

· V.57 : Métaphore filée du destin toujours avec le tigre. Andromaque est persuadée que Cassandre parle du tigre… mais en fait c’est Hector qui rentre. La double énonciation fonctionne parfaitement et nous fait comprendre qu’Hector est le tigre et donc le destin.

Axes

· Deux personnages aux caractères opposés

· Cette scène d’exposition remplit-elle sa fonction ?

· Une double lecture (inclure la métaphore du Tigre)

· Le rôle du destin

Axe : deux personnages aux caractères opposés

1. Andromaque, épouse optimiste

a. Hector est perçu comme étant la paix (c’est lui qui entre et non le tigre, rejoint sa femme enceinte…)

b. Envolées lyriques dues à sa volonté de ne rien voir

c. Refuse de voir et de comprendre les propos de Cassandre

2. Cassandre, devineresse fataliste

a. Hector suit la métaphore du tigre

b. L’omniprésence du sarcasme, voire du mépris

c. Voit la fatalité partout (dit le contraire d’Andromaque en permanence)

3. Une double lecture

a. Les références à la guerre (destin = 2GM avec métaphore tigre)

b. Langage contemporain et courant

c. La double énonciation

Correction des axes

PREMIER AXE : Une scène d’exposition

1. De l’action et du sujet de la pièce

Action :début in media resdans la 1èreréplique, curiosité et étonnement du spectateur, déstabilisation, prolepse dans la scène d’exposition

Sujet :retour d’He ctor, négations avec les Grecs

2. Le cadre spatio-temporel

Spatial : didascalie donnant un contexte antique

Temporel : allusions au XXèmesiècle mais noms de personnages antiques, intrigant pour le spectateur

3. Les registres

Poétique : rythmes (ternaire surtout), sonorités (allitérations) images (plein partout).

Humoristique : antiphrases, ironie, sarcasme, cynisme, attitude d’Andromaque (faire sourire par son optimisme naïf, anachronismes)

Tragique : destin, fatalité, raison d’Etat, thème de l’amour et de la mort. Allusion à la tragédie grecque.

DEUXIEME AXE : La double lecture

1. Du mythe antique à la réalité à des années 30

a.Optimistes et pessimistes (titre/parallélismes)

b. Similitude des situations (grecs/troyens, français/allemands, Hélène = prétexte, deux guerres successives)

Opposition de deux figures féminines :

Ø Femme mariée / Jeune femme

Ø Optimisme (phrases affirmatives) / Pessimisme (négatives, interro-négatives)

Ø Conception humaniste (veut croire que l’homme est bon) / Conception déterministe (fataliste) Parallèle avec Machiavel et Montesquieu

Ø Naïveté / Cynisme (voire mépris de classe avec métonymie du lavoir)

TROISIEME AXE : La question du destin

I. Le destin implacable

1. Idée d’une force supérieure (personnification du destin)

a. Personnification du destin

b. Affirmations au futur de l’indicatif

c. Polyptote du « dominant » dans les didascalies

d. Syntaxe de Cassandre

2. Fatalité

a. Vocabulaire pessimiste

b. Elle a le dessus au niveau des répliques

c. Champs lexicaux de la guerre, de la mort et de la peur

d. Cadre de la tragédie grecque

e. Raison d’Etat

II. Le refus du destin

1. L’optimisme d’Andromaque

a. Ironie tragique (lyrisme et innocence qui confine à la niaiserie)

b. Opposition des champs lexicaux (bonheur, bien-être)

2. Le déni

a. Interrogations, incompréhensions

b. Protestations

III. Le destin veut la guerre

1. La métaphore du tigre

Comparés : Hector, le destin, Hitler

Comparant : le tigre

Hector / Tigre, points communs : dirigeants, noblesse, puissance, droit de vie et de mort, suscite l’admiration et le respect

, divergences : la raison, l’humanité, la conscience, solitaire et solidaire

Destin / Tigre, points communs : puissance, droit de vie et de mort, danger, camouflage, rapidité, imprévisibilité

, divergences :

2. Une double lecture

a. Rapport avec les GM

b. Guerre de Troie à2GM

Penser à la mise en scène de Francis Uster, dans laquelle le personnage d’Hitler est sur scène et s’étire en même temps que Tigrou.

Lecture analytique : Texte 7


Jean GIRAUDOUX, la Guerre de Troie n’aura pas lieu, 1935


Acte I, scène 3

Contexte :

· Retrouvailles d’Hector et Andromaque, scène qui devait être tendre mais sera assez grave. C’est un couple qui présente une certaine complicité intellectuelle.

Didascalies :

Lecture analytique :

· V.1 : cela bouleverse les codes de la virilité et de l’honneur masculin. Il est rare de souhaiter être lâche, ce mot étant très péjoratif. Hector dit ici que la lâcheté, c’est juste un instinct de survie. Giraudoux joue sur l’héroïsme des soldats et demande que les mœurs ne valorisent pas le sacrifice pour son pays. Dans toutes les communes, on donne à construire des monuments aux morts glorifiant les soldats.

· V.2 : C’est une femme qui dit que son fils ne sera pas lâche. Il y a une inversion du rôle des deux parents. Brutalité extrême d’Andromaque qui était lyrique il y a peu de temps. C’est une référence à l’automutilation des soldats pendant la guerre de 14, qui était un acte désespéré (un des principaux anachronismes de la pièce).

· V.3-4-5-6 : Idée fondamentale, à savoir que la violence est inscrite dans l’Homme et est constitutive de l’être humain. Le défaut de l’aine est l’artère fémorale. Si on coupe cette artère, l’individu meurt en quelques minutes.

· V.7 : Phrase excessive assez touchante dans la mesure où elle est prononcée par une phrase. Elle ne va évidemment pas tuer son fils.

· V.8 : Evidemment humoristique.

· V.9 : Andromaque dit que si faire des enfants ne sert qu’à les envoyer au front, autant ne pas en faire.

· V.12 : Hector dit que la guerre permet d’éviter le « sale espoir » dans la mesure où il n’y a rien à espérer… Elle délivre également du bonheur dans la mesure où il n’y a plus de bonheur dans la guerre. Et des êtres les plus chers, dont on sait qu’on va les perdre. Cette phrase est-elle de l’ironie ? Le porte-parole de Giraudoux dans cette pièce est plutôt Hector, tandis que Cassandre est la voix du bon sens.

· V.14 : délégation : donner du pouvoir à des gens qui n’ont pas de pouvoir en temps normal. Il est ici question du droit de vie et de mort.

· V.19 : une tendresse sur le champ de bataille, c’est assez inattendu.

· V.20 : joli paradoxe entre la tendresse et l’impitoyabilité.

· V.22 : c’est curieux et paradoxal. Cela signifie que, lorsque l’on a le droit de vie et de mort sur autrui, on apprécie d’autant plus la vie d’autrui. Le scarabée qu’on évite d’écraser renvoie au chat sur le rempart de I1.

· V.25 : fonctionnaire humain : soldat.

· Hector explique qu’être un soldat est inhumain mais que c’est nécessaire car c’est un devoir.

· Hector explique ici qu’il a aimé la guerre car l’hybris n’y est pas puni et qu’on peut se dépasser.

· V.40 : La haine et l’amour sont sœurs (c’est un poncif).

· V.47 : Paradoxe effroyable

· V.48 : champ lexical du son et de la musique.

· V.52 : poursuite du champ lexical.

Axes :

· Une réflexion paradoxale sur la guerre

· Une remise en question des valeurs héroïques

· Un théâtre littéraire

· Un discours intemporel

· Une scène de couple originale

Travail sur un axe : une réflexion paradoxale sur la guerre

1. La guerre ne déplaît pas à l’homme

a. Paradoxe « jamais l’homme n’a plus respecté la vie sur son passage » (paradoxe, polysyndète qui permet le parallélisme). Paradoxe de la tendresse et de l’impitoyabilité (antithèse)

b. Elle sait séduire l’homme (rythme ternaire du son, autocorrection)

c. L’adversaire est perçu comme un être humain avant tout (rythme ternaire famille olives paix avec métonymie + palilogie « du pauvre »)

c. sensations fortes + hybris

Transition : antilogie « on l’aime… alors on le tue »

2. Elle n’en reste pas moins un massacre

a. Insistance sur le fait qu’on tue des hommes (palilogie + polyptote)

b. Elle prive les hommes de bonheur (paradoxe entre délivrer et espoir, bonheur (rythme ternaire) mieux

en 1repartie

c. Elle charme les hommes mais son vrai visage est terrifiant (personnification)

3. Elle est une forme de fatalité

a. Les soins d’une mère ne peuvent l’empêcher (rythme ternaire + parallélisme)

Eléments de correction :

2. La guerre reste une horreur

a. Insistance sur le meurtre d’hommes

changement de pronom (« on »)

répétition de « du pauvre »

b. On tue son semblable

Paradoxe : on fait la guerre pour la paix, ce qui entretient la guerre

c. La guerre déshumanise

on se sent « moins qu’un homme »

champ lexical de la souffrance

déshumanisation de l’adversaire

Personnification de la guerre

d. Elle pervertit le genre humain

Andromaque va à l’encontre de son instinct maternel

L’homme est soumis à la guerre

CORRECTION DU DEUXIEME AXE : l’évocation de l’hybris

1. La démesure, l’orgueil

a. L’outrance

Répétitions

Modalisateurs d’intensité

Hypotypose du soldat assimilé à un monstre

Hyperboles

b. La folie

Paradoxes (qui heurtent la raison)

Perversion des instincts maternels

Champ lexical de la barbarie surprenant

c. La violence, la souffrance

CORRECTION DU TROISIEME AXE : un texte poétique

1. Les figures de style et autres procédés

a. Les questions rhétoriques

Servent à enchaîner les répliques en avançant par questions et permettent la double énonciation.

b. Les répétitions

Insistance sur « tendresse », « guerre », « armée », fixe le thème du propos

c. Les hyperboles

Accentuent les émotions des personnages

d. Les antithèses

e. Les métonymies

f. Les litotes

2. La prose poétique

a. Les images surprenantes

Métaphore filée de la musique àguerre associée à un art

Comparaison avec un dieu : « tu te sens un dieu ? »

Hypotypose rendant l’adversaire monstrueux

Métaphore soldat-ébéniste et donc guerre-artisanat

CORRECTION DU QUATRIEME AXE : un couple exceptionnel

Choix de quelques mots pour décrire le couple dans cette scène : intimité, fusionnel, complice (intellectuellement), complémentaire, touchant, solide, investi (passionné), dévotion, anachronique, ultra-moderne, pas de honte (ni de pudeur intellectuelle), scène d’aveu, tolérant, honnête

1. Inversion des rôles

a. La tendresse inattendue d’Hector

b. La dureté non moins inattendue d’Andromaque

2. Un couple moderne

a. Anachronismes induisant une modernité (dans l’Antiquité et dans les années 30)

b. Liberté d’expression et tolérance

c. Egalité entre les deux

3. Une scène intime

a. Un couple fusionnel (A. et H. se finissent les phrases mutuellement et ils reprennent les termes de l’autre, pronom indéfini « on »)

b. Un couple complémentaire (complicité intellectuelle avec échange de propos contraires sereinement)

c. Une scène d’aveu


Lecture analytique : Texte 8


Jean GIRAUDOUX, la Guerre de Troie n’aura pas lieu, 1935


Acte II, scène 5

Contexte :

· Scène absolument essentielle du discours aux morts

· Scène inventée par Giraudoux, ce genre de discours n’existant pas chez les Grecs. C’est donc un anachronisme faisant référence aux monuments aux morts après l’armistice de 18.

· Hector refusait de faire ce discours aux morts à la base mais Priam le lui contraint.

Lecture analytique :

· V.3-4 : Structure binaire en parallélisme classique dans les discours oratoires. Paradoxe monstrueux qui explique pourquoi Hector refusait d’y aller : c’est très ironique et donne à réfléchir.

· V.3 : Le ô de l’apostrophe est caractéristique du discours.

· V.4 : Question rhétorique et cynisme terrible car plus rien n’importe aux morts.

· V.6 : Hector parle de lui à la première personne, ce qui est inhabituel dans un discours aux morts.

· V.7 : Hector se demande s’il est bien nécessaire de distinguer les morts des deux camps (il dénigre le chauvinisme et veut rendre honneur à tous les morts, quel que soit leur nom).

· V.8 : La cocarde des vivants, c’est les yeux.

· V.10 : c’est terrible mais c’est la triste réalité.

· V.12 : réplique ironique d’Hector, dont le discours est un hommage à leur bravoure, sans distinguer le pays de ces morts.

· V.15 : l’« achève » n’est pas anodin car achever signifie mettre à mort. Priam demande donc de tuer le discours aux morts.

· V.16 : références complètes aux cinq sens dans ce texte. Les sens nous permettent de nous sentir vivant.

· V.18 : c’est tout à fait scandaleux car en France à la même époque tous les morts étaient célébrés de la même manière.

· V.20 : c’est exactement la référence aux cérémonies du 11 novembre en France.

· V.21 : la guerre remet tous les hommes sur un pied d’égalité. La 1GM a vu autant de morts dans chaque classe sociale et chaque famille avait des deuils à faire. Cela « égalise » donc les hommes de façon assez sordide…

· V.27 : il parle de la chaleur en tant que bien-être physique et moral notamment et le ciel en tant qu’espace. Il s’agit de métonymies.

· RV.31 : Polyxène sous-entend que les morts comprennent et soutiennent Hector et son discours.

Axes :

· Un texte particulièrement littéraire (épidictique)

· Un discours pacifiste -CORRIGE-

· Un texte polémique, l’ambiguïté du discours d’Hector (hypocrisie) -CORRIGE-

· Une parodie d’hommage -CORRIGE-

· Discours aux morts, hymne à la vie (5 sens)

PREMIER AXE : Un texte polémique/cynique

1. Un discours ironique et absurde

a. Paradoxes

b. Absurdité de l’égalité des morts, braves et lâches

c. Critique de la guerre par un guerrier

d. Ironie et cynisme « Vraiment, tu crois »

e. Parodie de l’apostrophe : « Ô »

f. Dérision

g. Usage de l’impératif

2. Un discours provocateur

a. Jeu de mots « j’achève »

b. « Vainqueurs vivants », distinction cynique

c. Sujet tabou (le sexe à la ligne 10)

d. Irrespect des valeurs et traditions (hommage torpillé aux morts, valeurs guerrières)

e. Contrepied de l’oraison / Ode à la vie

SECOND AXE : Un discours pacifique, un hymne à la vie et à la paix

1. Les marques du discours

a. Un public

b. un lieu (les portes)

c. un ton pathétique (thème de la privation avec lexique et type de phrase) et solennel

d. « Ô » débutant traditionnellement un discours

e. Phrases travaillées avec figures de style attendues àparallélismes, hyperboles

2. Un discours pacifique et un hymne à la vie

a. Haine de la guerre (champ lexical dépréciatif « sordide », « hypocrite », absurdité de la guerre)

b. Hymne à la vie (champ sémantique de la vie opposé à celui de la mort)

c. Anachronisme de la cocarde


Lecture analytique : Texte 10


MOLIERE, le Bourgeois Gentilhomme, 1670


Acte II, scène 4

Contexte :

· La motivation principale de Monsieur Jourdain est qu’il est amoureux d’une marquise alors qu’il est marié.

· La philosophie correspond aujourd’hui aux humanités.

Lecture analytique :

· Faire déplacer un maître de philo pour de l’orthographe…

· Le maître de philo acquiesce volontiers puisqu’il est payé quoi qu’il arrive.

· Almanach : sorte d’agenda jour par jour qui indique les heures de lever et de coucher du soleil. On ne peut pas apprendre l’almanach ! C’est donc du comique de situation.

· Le maitre de philo ne se laisse pas démonter et construit une phrase pompeuse pour que Jourdain se sente flatté. Il invente des difficultés qui n’existent pas. Il a bien compris qu’il va pouvoir s’amuser un peu avec Jourdain et lui fait apprendre des choses inutiles. Ce qu’il raconte n’a rien de scientifique. D’autre part, les voyelles ne s’articulent pas !

· Monsieur Jourdain explique qu’il entend (comprend) tout cela, alors qu’il n’y a rien à comprendre…

· Les didascalies internes indiquent le comique de gestes.

· La scène de prononciation est un comique de situation.

· Le maitre de philo raconte n’importe quoi… quels que soient les sons, on rapproche les deux mâchoires !

· Jourdain est si idiot qu’il en deviendrait presque sympathique.

· Hyperbole avec les oreilles.

· Jourdain prend ca pour de la science (penser à scio) alors que c’est purement idiot.

· I, O, I, O se rapproche du cri de l’âne, ce qui veut tout dire.

· Ayant réussi à prononcer toutes les voyelles, Jourdain se sent flatté. De plus, le maitre de philo complique les explications pour rendre Jourdain encore plus fier de sa personne.

· Il a un savoir qui n’en est pas un et dont il se vante.

· Le maitre de philo prévoit pour la séance du lendemain la prononciation des consonnes.

Finalement : comique de gestes (grimaces répétées), comique de situation (homme adulte qui veut qu’on lui enseigne les lettres de l’alphabet), comique de mots (hi han, hyperboles), comique de mœurs (importance de l’argent du maitre de philo rémunéré et donc flatté, bourgeoisie considérée comme voulant imiter la noblesse), comique de caractère (naïveté de Jourdain et rouerie du maitre de philo).

Axes :

· Les différents comiques dans cette scène

· Une critique sociale

Conclure en disant que cette scène gagne à être représentée (gestes, interprétation)

AXE : les différents comiques de la scène

1. Un comique de caractère omniprésent

a. Autour de M. Jourdain, caractère niais qui confine à l’idiotie, ch. Lex de la science pour parler des lettres, en extase devant le maître de philosophie avec ch. Lex mélioratif (que cela est beau, cela est admirable…) Jourdain considère les voyelles comme des choses. Enthousiasme ridicule car sans objet. Parallèle entre Jourdain et trois animaux : l’âne, le singe et le perroquet.

b. Autour de la ruse du maître de philosophie, qui se moque de Jourdain ; vocabulaire scientifique pour parler des lettres, décortication des sons erronée avec hyperbole. Maître de philosophie qui complique tout alors que son métier consiste en une simplification des choses.

2. Des comiques de mots et de situation qui renforcent l’idée suggérée

a. Comique de mots avec « I, O, I, O » qui souligne le cri de l’âne, répétition de « chose » dans « la belle chose que de savoir quelque chose »sachant que les scientifiques n’emploient pas le mot chose, puisqu’ils savent. Ridicule des sons répétés, évocation du cri de l’âne. Pauvreté du vocabulaire de Jourdain, antithèse entre le mot « chose » et le « savant » qui suppose des connaissances précises.

b. Comique de situation avec l’almanach // Homme adulte qui apprend le bA.ba - qu’il est inutile d’apprendre. Maître de philosophie qui est censé enseigner l’orthographe mais qui apprend la prononciation. Duplicité du maître et Jourdain = dindon.

3. Un comique de gestes : la pièce gagne à être représentée

a. Mimiques à la fois dans les didascalies (internes surtout dans la bouche du maître de philosophie)des deux côtés accentuées par le comique de répétition. Gestes simiesques.

Ne pas oublier le comique de mœurs : critique de la classe bourgeoise et de ses membres, dans l’imitation naïve et béate d’une classe sociale. Règne de l’apparence et de l’argent, Jourdain pouvant tout s’offrir et le maître vendant son âme. Critique des faux-savants et de la course au savoir -creux.

AXE : une critique sociale

1. Les bourgeois enrichis

a. Un manque d’éducation : ignore l’orthographe (comique de situation), veut qu’on lui apprenne l’almanach, champ lexical des études ; I, O, I, O qui évoque l’âne.

b. Imbu de sa personne : vocabulaire de la science pour s’auto-complimenter de ses récentes découvertes (« entend tout cela » alors qu’il n’y a rien à entendre).

2. Le maître rusé

a. Flatte son élève avec vocabulaire scientifique et techniques ponctué d’hyperboles et totalement faux.

b. Cupide car obéit (« très volontiers », « soit ») pour de l’argent.

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