Lecture analytique : Le Roi se meurt, Eugène Ionesco (1962)Extrait : « L’annonce de la mort du Roi



Plan possible :

I/Un extrait mettant en avant l’inspiration tragique de l’oeuvre a.Un roi qui perd son pouvoir b.Plus largement, un homme qui se meurt c.Des spectateurs impuissants qui ne peuvent que s’opposer au destin II/Une scène contraire à l’usage de la bienséance.

a.Une vision grotesque de la mort b.Un univers idéalisé qui s’effondre c.Une farce tragique

Plan détaillé

I/Un extrait mettant en avant l’inspiration tragique de l’œuvre a. Un roi qui perd son pouvoir -Le Roi sent bien qu’il faiblit et il ne veut pas l’accepter. Il est dans le déni -Pour faire comprendre cela il utilise de nombreux impératifs comme “arrête-les” ou “fais-le”. Selon lui, la volonté peut le guérir “j’y pense et je guéris” -Il utilise également le futur pour montrer un certain optimiste “je mourrai quand je voudrai”. Dans le mêmeobjectif il utilise des phrases simples avec des répétitions “je prouve que je veux, je prouve que je veux” -Mais il préfère se sortir de la maladie afin de garder sa dignité, ce qu’il fait comprendre aux autres personnagesavec la répétition de “tout seul” -Mais ces ordres sont démentis par les personnages. Les ordres donnés aux gardes n’agissent pas “ce sont ses propres ordres qui le paralysent” -Le Roi perd de l’emprise sur l’ensemble de son royaume et de ses sujets -Il finit par affirmer son impuissance “vous avez perdu le pouvoir”, “tu ne peux même plus”, “tu ne peux plus”, “tu n’as plus de pouvoir”, “tu n’as plus de pouvoir” -Les autres personnages lui volent son pouvoir. Marie lui demande d’ordonner, de se tenir debout -Le Roi se met cependant à douter et essaie de cacher ces doutes avec la répétition de “cela peut arriver”. En disant cela, il admet pourtant qu’il est soumis à des règles communes” -Il continue à avoir un mauvais pressentiment, ce qu’il exprime avec “c’est mauvais signe”. Il ne s’exprime plus à la première personne du singulier, cela montre qu’il est en train de disparaître b. Plus largement, un homme qui se meurt -Ionesco ne cesse de faire des références à la maladie du Roi dans l’ensemble de la scène, passant dans unpremier temps par le déni du Roi “je me porte bien” -La maladie est toujours là malgré le déni avec “douleurs”, “aie”, “péniblement” -Le Roi n’est pas le seul touché par la maladie, l’état du garde représente celui de l’armée du royaume. En effet ilest pris de “goutte et de rhumatismes”, il est “pétrifié” et victime de “symptômes caractéristiques” -Le diagnostic finit pas tomber “tu vas mourir”. On a aussi ces exclamations presque comiques “le roi se meurt!”, “le roi est mort!”. -Le tragique est ici mis en valeur grâce au registre pathétique. Le Roi est pris de court par la réalité de sa condition et ne peut pas y échapper. Ses efforts inutiles accentuent le pathétique. c. Des spectateurs impuissants qui ne peuvent que s’opposer au destin -Dans le déni, le Roi essaie d’expliquer sa déchéance par d’autres facteurs. Il sépare les autres personnages endeux camps : ceux qui veulent sa survie et ceux qui annoncent sa mort. -Du côté des alliés on compte principalement Marie qui le soutient dans son déni. Elle veut préserver le Roi de toutes les mauvaises nouvelles. Celle-ci cherche à le rassurer en lui assurant son amour “tu auras toujours pouvoir sur moi” ou en lui donnant l’énergie d’ordonner. -Mais Marie se substitue tout de même au Roi en donnant des ordres au garde, puis au Roi lui-même -Marie croit en la vie et nie la maladie. Elle devient pathétique à vouloir tout contrôler en ramassant les attributsroyaux qui tombent, montrant le pouvoir en chute. Le Roi est presque un enfant qu’il faut protéger -Juliette fait aussi partie des alliés alors qu’elle exprime sa compassion pour Marie et le Roi avec ses encouragements “vive le roi!” -Le garde aussi constitue un allié dans la mesure où celui-ci continue à obéir au Roi -Dans le camp de ceux qui annoncent la mort, on retrouve Marguerite et le médecin. Ils sont complices et lucides -Marguerite est par conséquent accusée par le Roi de vouloir sa mort et de tout avoir manigancé contre lui.Cependant son rôle est d’enseigner au Roi la mort. Elle juge tout le cinéma du Roi absurde avec “quelle comédie”. -Le Roi soutient son hypothèse et dit que tout cela n’est qu’un complot organisé par des traitres, mais le médecinvient confirmer le diagnostic

II/Une scène contraire à l’usage de la bienséance a. Une vision grotesque de la mort -La mort est ici rabaissée à quelque chose commun, de banal. On en conclut tout d’abord ses conséquences élémentaires comme l’incapacité de se nourrir. Le Roi y voit l’anéantissement des sens et la déchéance parconséquent -Le Roi pense également qu’il suffit de se laisser croire qu’on va bien pour ne pas mourir. Ses répliques emplies d’illusions peuvent prêter à sourire “c’est parce que je ne me suis pas mis dans la tête de ne pas avoir mal” ou encore “cela peut arriver. Cela arrive”. b. Un univers idéalisé qui s’effondre -Le monde du Roi tombe en ruine, les ministres se noient et one ne peut pas les “repêcher” -Le déni du Roi se fait également ressentir alors qu’il cherche un endroit ou retenir les prisonniers. Mais il n’y aplus aucune infrastructure dans son royaume. Il va tomber en même temps que le Roi. -Les objets royaux tombent en même temps que le pouvoir et le royaume. Cette chute s’accompagne de la perte de ses capacités physiques. A l’image de son royaume, Berenger n’arrive plus à se tenir debout -De plus, le sceptre finit par lui servir de canne, on a une démythification des attributs royaux et donc du rôle du Roi c. Une farce tragique -Ionesco utilise l’humour pour inscrire son œuvre dans le registre burlesque et plus largement dans l’absurde. On note le décalage entre les actions et les paroles, mettant en valeur le déni du Roi “fait un grand effort” puis “tu vois comme c’est simple”. -On remarque aussi le comique de répétition notamment avec “vive le roi!” -Cette facette de la scène est explicitement mise en valeur par l’auteur avec “guignol tragique” dans la didascalie. On note le mot “guignol” qui désigne une marionnette et met en avant le côté mécanique de la scène.On y voit une double thématique tragique. -Mise en abîme, Marguerite parle de “fin du spectacle”. La fin du Roi=fin du spectacle.

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