"Ma Bohème", Arthur Rimbaud

Fiche de Charlotte, en Terminale S à Franklin


Ma Bohème

Écrit en 1870 par un ado de 16 ans, évoque joie et émerveillement des voyages, en réalité des fugues d’Arthur Rimbaud. Correspondent à un désir de fuite de l’univers étouffant, de la famille et de la province. Désir de découvrir des horizons nouveaux et surtout Paris. Forme fixe du sonnet entièrement tendu vers pointe, énigme que ce dernier vers recèle. Sonnet marotique (ABBA CDDC EEF GGF) construit rigoureusement.

< Comment l’image de l’errance vagabonde éclaire-t-elle l’image de la poésie ?

  1. L’appel de la route, l’élan

  1. Le titre

  • Significatif – bohème évoque vie fantaisiste, libre, vie d’artiste. Chère à de nombreux artistes du XIXe – non conventionnelle, non réglée, pas d’occupation fixe, on ne sait pas tjrs où on dormira le soir, manque les moyens de vie.

  • Marginale, sans souci du lendemain, au jour le jour, en marge conformisme social

  • Déterminée par possessif 1PS « ma » - appropriation de ce genre de vie, revendique, lui plaît, en est fier.

  1. Voyage

  • Expression du déplacement sans but précis, errance

  • Vocab marche, verbes mouvements, « allais » répété vers 1 et 3. Très décidé, imparfait d’habitude, répétition.

  • Voyage à pieds, sans direction citée si ce n’est sous le ciel. Imprécision des lieux, indications vagues.

  • Nuit

  1. Voyageur sans bagages

  • Pâture de la pauvreté, bohème. Vagabondage insouciant, absence de contraintes : pas d’horaire, à la conduite des étoiles.

  • Indifférent aux conditions matérielles : délabrement insouciant des vêtements. Indifférent aux codes sociaux, « poings dans les poches ». Attitude d’indépendance derrière le « petit-poucet ».

  • Vagabondage heureux, communion délicieuse avec la nature simple et féminine, « frou frou » comme la robe d’une femme, assonance en [ou]. Etoiles féminines, rosée. Jusqu’aux « ombres fantastiques » qui ne lui font aucunement peur.

  1. La vocation poétique

  1. Un voyage poétique

  • Association voyage et poésie : voyage associé à travail, à condition de poète – dans le titre.

  • Voyageur est un poète « Petit poucet… des rimes » avec rejet qui met en valeur « rimes », repris par « rimant » - principale activité du voyageur

  • Allusion petit poucet par analogie échappée de l’univers du conte – métamorphose de manière poétique le fugueur en poète.

  • « Comme des lyres » instrument symbole de la poésie, attribut Apollon et Orphée.

  • « Vin » renvoie à ivresse poétique

  • Soumission du poète à la muse – apostrophe lyrique, forme d’exaltation. Muse = divinité inspiratrice, amène contexte de chevalerie courtoise avec « féal »

  1. La symbolique du voyage

  • Tout y est soumis à la transformation du voyageur : devient petit poucet, féal, jusqu’à son vêtement qui est transformé puisqu’il ne devient plus qu’une idée de manteau

  • Métamorphose des lieux, confusion monde céleste et monde terrestre.

  • Métamorphose des objets ordinaires en instruments poétiques : élastiques, forme de trivialité, deviennent lyre, instrument noble de la poésie. Rosée devient vin de vigueur, ivresse poétique, inspiration. Lieux concrets deviennent lieux magiques.

  • Fugueur devient poète inspiré mais âge du petit poucet, 16 ans, jeunesse de celui qui parle. Métamorphose possible parce que les ressources poétiques sont convoquées.

  • Ces visions sont les siennes, adjectifs possessifs.

  • Etoiles, guident les hommes.

  1. Les raisons de cette fusion

  1. Accession à mondes nouveaux

  • Promenades, fugues, voyages ouvrent sur l’ailleurs, le ciel et sa grande Ourse, et des mondes « fantastiques »

  • Laissent libre court à imagination, rêve – allusion contes enfantins, littérature médiévale. Vision naïve, ingénue et enfantine du monde. Le voyageur lui-même est jeune.

  • Nombreux verbes de perception, poète est sensible et perçoit – auditives et visuelles qui traduisent distanciation entre monde et lui-même.

  1. Le voyage ou la liberté de créer

  • Voyage sans but, fugue insouciante avec refus de conformisme, absence de contraintes matérielles. S’associe à la liberté de création poétique : absence de limites, absence de précision lieux – lieux fantasmés, va vers refus contraintes poétiques. Sonnet, rimes, grand art de la poésie traditionnelles, mais prend libertés à l’égard poétique classique.

  • Humour, recul. Mélange registres lexicaux, familier et poétique coexistent – irrévérence. Images triviales

  • Effet de rupture, enjambements hardis, rejet, phrases pas terminées à la fin de strophes, tercet commencé par « où » créant rupture avec longues appositions – si bien que « rimant » est mis en valeur avec consonne et voyelle nasales, or rimer = faire de la poésie.

  • Si voyage est liberté de mouvement, poésie est liberté de création ? Dépaysement lexical et dépaysement spatial sont associés dans une même démarche de fuite du conventionnel et de recherche de l’insolite.

  • Insolite final – consetto, pointe du sonnet : parodie de l’image traditionnel du poète main sur le cœur pour attester sincérité (Musset dans la Nuit de Mai « Ah frappe toi le cœur, c’est là qu’est le génie » - inspiration vient de la douleur). Jeu de mot avec les deux sens de « pied »

  • 1P S proliférante, même dans le titre : laisse penser que ‘expérience est rapportée par le poète lui-même.

  • Annonce orientations à venir du jeune poète, destin au dessus du commun des mortels, la « météore de la poésie française »

Autre plan

  1. La peinture souriante de la pauvreté

1) titre

2) description vêtements

3)voyage, figue, promenade

  1. Un rêve plein d’humour et d’émotion

  2. Les rêves

  3. Transformation de la réalité

  4. Une ombre de tristesse – déception derrière « que d’amour splendides j’ai rêvées » imparfait « j’étais ton féal » renvoie dans passé heureux, « blessé » affecté aux souliers, blessure d’amour

  1. Conception de la poésie

  2. Vision humoristique

  3. Vision divine

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