"Voyage au bout de la nuit" de Céline


INTRODUCTION 


Louis Ferdinand Destouches (dit Céline) était médecin, c’est pourquoi il accorde une attention toute particulière aux corps dans son écriture et notamment dans ses descriptions. 

Voyage au bout de la nuit, est le premier roman de Céline publié en 1932. Le roman, même s’il a manqué le Goncourt, obtint le prix Renaudot. Le texte extrait étudié, extrait du chapitre 2 du roman, retrace une scène de guerre infernale, pourtant esthétiser, vécu par un antihéros. 

Comment Céline parvient-il à esthétiser l’horreur d’une situation de guerre où tout héroïsme est absent? 

Car si Céline nous livre ici une description sans complaisance du chaos pendant la guerre, semble cependant le motif traditionnel d’une danse macabre hallucinée. De fait, Céline esthétise ici l’horreur sans l’atténuer. 


PLAN I - Du chaos de la situation de guerre 


1 - L’absurdité des rapports humains en temps de guerre 2 - La confusion dévastatrice de l’explosion II - N’émerge rien sinon une danse macabre 

1 - Le nihilisme de l’extrait interdit toute grandeur tragique ou épique 2 - Mais emprunte à la tradition médiévale le topos des danses macabres III - Qui permet à Céline d’esthétiser l’horreur sans l’atténuer 

1 - Un style mimétique qui suggère l’absence de sens 2 - Sans compromis avec la sincérité du narrateur 


I - 


1 - => aporie du dialogue = dialogue de sourd -> ridicule du colonel qui se comporte comme un automate + répétitions et phrases courtes du cavalier à pied => indifférence quant au sort du prochain = ridicule du motif de condamnation du cavalier + « j’en connaissais bien encore trois ou quatre » -> pronoms numéraux = neutralité affective des chiffres + conjonction de coordination « ou » = les vies sont interchangeables, elles ont peu de prix 


2 - => la monstrueuse indifférenciation = tournures impersonnelles + passifs + références multiples à l’univers alimentaire/culinaire (celui des mélanges) => la dislocation des corps dans un enterrement prématuré = effet d’attente et jeux sur les pronoms avec l’apparition de « mes membres » + synesthésie par métonymie + comparaison aux punaises + désordre syntaxique dans les phrases 


II - 


1 - => la terreur sans compassion = « tant pis pour lui « + désignation du « messager » => la dérision de l’épique = ironie dans les hyperboles + grotesque dans l’indistinction des formes et de la « grimace » 

2 - => la scénographie du ballet = dévoilement progressif des corps enlacés dans un semblant d’étreinte fraternel + « cavalier » + « scène » => l’effacement des distinctions hiérarchiques = parallélisme -> « pour le moment et pour toujours » (parodie du mariage) 


III - 


1 - => éclatement et figures de répétitions n’aboutissent qu’a une vision infernale = nombre d’occurence de feu et bruit + allitération en p -> harmonie initiative + points de suspension + effet d’attente « ils...mes membres » -> doute sur son intégrité physique + figure dérivative « bras », « embrassaient », »ouverture », « ouvert » => retranscription dans une oralité travaillée pour ne rien laisser à l’idéalisation = niveau de langue = onomatopée « glouglous » -> change de nature et devient un nom ce qui renforce le caractère grotesque de cette mort (le grotesque étant une esthétique fondée sur l’hybridation, le mélange des formes animales et humaines par exemple) et renforcer l’effet de réel 

2 - => monologue intérieur au discours direct = injures + absence de pitié + fonction émotive du langage -> sincérité sur les bas instincts de vengeances sans souci de réécriture + focalisation interne durant tout le roman -> vision subjective individualisée à valeur de témoignage => sauver sa peau, seule valeur positive = « chacun sa guerre » + « s’il était parti » + style unique -> Céline n’écrit que comme lui-même 


CONCLUSION 

Ainsi, cet extrait du Voyage au bout de la nuit nous dépeint un spectacle des plus horrible, vécu par un homme totalement dépourvu d’héroïsme, qu’il soit tragique ou épique. Céline dénonce l’absurdité des rapports humains en tant de guerre et l’horreur de celle-ci, en général, sans l’atténuer. Enfin, le chaos de cette situation de guerre n’émerge rien sinon une danse macabre, rappelant ainsi la peinture La Danse des morts d’Otto Dix, qui reprend le thème des danses macabres. 



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